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Dunes et plages de Méditerranée gravement menacées en France, selon l'UICN

Un quart des côtes françaises en Méditerranée sont en mauvaise santé à cause de l'urbanisation et du tourisme, alors qu'elles accueillent une faune et une flore spécifique et jouent un rôle contre l'érosion, prévient le comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) dans une étude publiée le 6 mai.

"Sept des neuf écosystèmes constituant les cordons dunaires et rivages sableux méditerranéens, représentant environ 26% du linéaire méditerranéen en France, dont la Corse, sont évalués 'en danger' ou 'vulnérable'", a indiqué le comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) en publiant ce 6 mai les résultats d'une étude menée avec l'Office français de la biodiversité (OFB) et le Muséum national d'Histoire naturelle (MNHN). "Le bassin méditerranéen constitue l'un des 36 points chauds de la biodiversité dans le monde, où la biodiversité est particulièrement riche, mais aussi particulièrement menacée", a-t-il rappelé dans un communiqué, et la France ne fait donc pas exception.

Un rôle de rempart contre l'érosion

Ces dunes et plages sableuses "limitent l'érosion et le recul du trait de côte" en France, tout en accueillant de nombreuses espèces, notamment des oiseaux migrateurs : la Camargue et les étangs palavasiens, à côté de Sète "rassemblent près de 190.000 oiseaux". Cette région accueille aussi "l'unique zone de nidification en France du flamand rose et plus de 80% de la population française de la sterne naine".
"Cette première évaluation de l'état de dégradation des littoraux sableux méditerranéens en France révèle combien ces écosystèmes ont été profondément affectés et fragmentés par l'artificialisation du littoral depuis les années 1960", souligne l'UICN, qui pointe aussi du doigt "les impacts actuels de la sur-fréquentation touristique et de la modification de la dynamique sédimentaire littorale à l'échelle de la façade méditerranéenne, qui aggravent les phénomènes d'érosion des côtes".

Les dunes blanches classées "en danger"

Les écosystèmes les plus menacés sont les dunes blanches, "en danger" selon la classification de l'UICN. Elles ont souvent disparu "au profit d'une urbanisation implantée directement en haut de plage, en particulier sur le littoral du golfe du Lion". En outre, celles qui n'ont pas été artificialisées sont adossées à des routes, des parkings ou des zones urbaines "qui bloquent totalement leur mobilité". Le piétinement par les touristes l'été déstabilise les espèces animales et végétales et "accélère l'évacuation du sable par le vent".
Six autres écosystèmes sont évalués "vulnérables" sur le pourtour méditerranéen français : les plages sableuses, les laisses de mer végétalisées, les dunes grises, les junipéraies dunaires, les dunes embryonnaires et les dunes boisées. Deux autres milieux, les fruticées dunaires et les dépressions dunaires, doivent être étudiées de manière plus approfondie.

 

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