Efficacité énergétique du bâtiment : quelles solutions pour réduire l’empreinte énergétique ?

Efficacité énergétique des bâtiments publics

Comment réduire sa consommation énergétique et faire des économies ? Quelles sont les solutions proposées pour financer la rénovation thermique des bâtiments publics des collectivités ? La Banque des Territoires a organisé dans ses locaux, la 6e journée d’échanges sur l’efficacité énergétique du bâtiment. Le groupe de travail, composé de collectivités, partenaires et d’experts de la question, a permis de poursuivre la réflexion collective et d’apporter des réponses utiles.

Il n’y a pas de réponse unique, c’est un kaléidoscope de réponses. L’idée est que nous puissions vous aider.

Emmanuel Legrand, directeur du département transition énergétique et écologique

Comment identifier les blocages rencontrés par les collectivités et quelles sont les solutions possibles ? La sixième édition a été introduite par Emmanuel Legrand, directeur du département transition énergétique et écologique de la Banque des Territoires. Au cours de son allocution, Emmanuel Legrand est revenu sur les enjeux de la rénovation énergétique des bâtiments des collectivités pour optimiser les dépenses, promouvoir un meilleur modèle écologique et énergétique.

Puis, Jérôme Gatier, directeur du Plan Bâtiment Durable, a pris la parole pour rappeler l’obligation prochaine pour les propriétaires publics ou privés d’améliorer la performance énergétique de leurs parcs immobiliers tertiaires. Ils auront l’obligation de diminuer les consommations énergétiques avec des objectifs ambitieux allant de -40% en 2030 à -60% en 2050, sous peine de sanctions administratives.

Les offres de la Banque des Territoires en faveur de la rénovation énergétique des bâtiments

Emmanuel Legrand s’est prêté au jeu des questions en salle sur les offres de la Banque des Territoires, le prêt AmbRE, l’Intracting, le dispositif de management de l’énergie SOBRE… Il est revenu sur une présentation de la Banque des Territoires et de sa participation au Grand Plan d’Investissement. Quant au dispositif SOBRE, il a précisé : « Des centaines de bâtiments de La Poste ont pu réaliser des économies. C’est plus parlant de montrer que cela fonctionne par des opérations »      

Retour sur l’AMI et le programme GPI-EEB par l’ADEME et la Banque des Territoires

Hubert Briand, responsable du pôle Efficacité Energétique des Bâtiments et Gilles Aymoz, chef du service bâtiment de l’ADEME sont revenus sur l’Appel à Manifestation d’Intérêt rénovation énergétique des bâtiments publics et le programme GPI-EEB. Ce point d’étape a permis de restituer l’état des lieux. Sur 50 candidatures, 28 lauréats ont été retenus, totalisant 5 millions de m² avec 5000 bâtiments en étiquettes énergétiques D à H. Les chiffres témoignent d’un intérêt des collectivités territoriales. Dans la mise en place des actions à la convention, nos intervenants précisent l’importance du facteur temps et de son impact : « l’inaction est le maître-mot. Plus on attend, plus on perd de l’argent. Il faut accompagner l’accélération du temps d’action des collectivités. »

Une réflexion co-constructive appuyée par une participation collective.

Face aux problématiques de rénovation énergétique des bâtiments, plusieurs formats propices aux échanges ont contribué à faire émerger des réponses collectives. Deux ateliers de travail organisés dans une démarche de co-construction ont donné lieu à des rencontres entre collectivités et spécialistes de la rénovation énergétique. Lors des ateliers « Quel accompagnement en matière d’ingénierie de projet ? » et « Quel montage financier le plus adapté à votre projet ? » les différents groupes se sont challengés sur ces questions pour trouver des solutions viables. Emmanuel Legrand commente : « Le choix de ces formats est de prendre différemment les sujets, l’idée est de savoir si vous partagez notamment les mêmes opinions sur les freins ? Et comment trouver des réponses en ingénierie, conseil, financement… »

Tout au long de la journée, les participants ont pu débattre et poser des questions aux intervenants mais aussi échanger entre eux. Ce moment privilégié a donné lieu à des rencontres, des comparaisons entre communes et des échanges de conseils et de bonnes pratiques.

Témoignage d’une collectivité : Saint-Louis un choix d’exemplarité pour la transition écologique et énergétique

La collectivité de Saint-Louis est résolument engagée dans une démarche de transition, et ses bâtiments publics en sont un axe. Andrée Giolai, directrice du pôle administration, finance et domanialité, témoigne de cette efficacité à travers une volonté politique forte « Notre slogan est Saint-Louis en 2050 : ville neutre en carbone ».

Les objectifs de la ville sont clairs : améliorer la qualité de l’air, développer le photovoltaïque et l’autoconsommation, réduire les consommations, notamment de l’éclairage public, développer les pistes cyclables, les espaces verts de la ville…
Andrée Giolai explique son accompagnement par la Banque des Territoires « C’est grâce aux 500 000 euros d’enveloppe amortissables en moins de dix ans sur les bâtiments les plus énergivores ». Contrairement aux réticences des collectivités sur le dispositif de l’Intracting, Andrée Giolai ne doute pas « Nous allons nous engager dans l’Intracting car cela permet le remboursement par les économies d’énergie, une démarche vertueuse. Ça agit sur les dépenses de chauffage, d’électricité et d’eau ».

Son témoignage suscite beaucoup de questions et réactions en salle. On lui demande comment la ville fait face à l’augmentation des taxes pour éviter que l’enveloppe budgétaire n’explose. Sa réponse est pragmatique « Nous nous sommes organisés. Chaque élu, chaque service, est responsable de ses consommations. Il défend son budget sur ses équipements ».

Mutualiser pour changer d’échelle : intervention de la FNCCR et du SIEL-Territoire d’énergie

En termes de propositions, que penser d’une expérience de mutualisation avec des syndicats d’énergie ? Est-ce que cela peut être une solution et si oui, sous quelles modalités ?

La FNCCR (Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies) et le syndicat d’énergie de la Loire, SIEL Territoire d’énergie, reviennent sur les outils mis en place permettant une mutualisation favorable aux collectivités. La mise à disposition par exemple d’un expert technique aux collectivités est intéressant, Guillaume Perrin chef du service des réseaux de chaleur et de froid de la FNCCR explique « il faut retenir la mutualisation d’expertise car on la garantit. On ne s’invente pas spécialiste de l’éclairage public ».
Sébastien Illouz de la Banque des Territoires résume « on permet ainsi aux grandes et petites communes de pouvoir réaliser des consommations d’énergie ».

En conclusion de la journée, Hubert Briand a salué l’implication des participants, la qualité des échanges et encourage l’ensemble des acteurs à passer à l’action.

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