Elections 2021 : huit conseillers départementaux sur dix souhaitent se représenter

Une large majorité des conseillers départementaux indiquent qu'ils seront candidats aux prochaines élections. Pour cause : la fonction leur donne satisfaction. C'est ce que révèle un sondage Ifop pour l'Assemblée des départements de France. L'enquête fait également ressortir une opinion assez positive des élus départementaux à l'égard du binôme homme-femme installé en 2015.  

81% des conseillers départementaux ont l'intention d'être candidats aux prochaines élections départementales, qui devraient être reportées de mars à juin 2021, du fait de la crise sanitaire. 58% d'entre eux indiquent même qu'ils sont certains de vouloir briguer un nouveau mandat, selon un sondage Ifop pour l'Assemblée des départements de France (ADF).
Il n'est pas difficile de trouver les ressorts de leur motivation : la très grande majorité des 658 élus départementaux (93%) ayant répondu à l'enquête entre fin septembre et mi-octobre affirment être satisfaits de la fonction qu'ils exercent. Ils mettent en avant leur "capacité à agir concrètement sur le terrain", les "rencontres et la relation avec les administrés", ou encore "la réalisation des projets pour leur canton". En outre, ils sont 7 sur 10 à juger que la population et les maires et présidents d'intercommunalité les considèrent comme "un interlocuteur privilégié". En sachant que les élus des cantons ruraux sont encore plus nombreux (autour de 8 sur 10) à avoir ce sentiment.

Le binôme jugé favorablement

Les conseillers départementaux se disent satisfaits de la manière dont sont exercées les compétences départementales en matière de sécurité-incendie (95%), de sécurité sur les routes départementales (86%), ou encore d'aide sociale (79%). L'exercice des compétences dans les domaines de l’emploi et de l'insertion professionnelle (64%), de la santé (61%) et surtout des aides aux entreprises et aux commerces (56%) recueillent moins de bonnes notes.
Les élus qui, à l'inverse, pensent qu'ils ne solliciteront pas un nouveau mandat, expliquent leur décision principalement par "une raison personnelle", "une certaine fatigue et usure physique", le fait qu'ils ne trouvent "pas ou plus d’intérêt dans leur mandat", mais aussi par "le manque de moyens pour agir".
Cinq ans après la mise en place du binôme homme-femme dans les institutions départementales, 65% des conseillers ayant exercé deux mandats ou plus trouvent que la réforme "est une bonne chose". Alors que l'idée de faire équipe avec un élu de l'autre sexe avait été décriée par une partie de la classe politique avant sa mise en œuvre, celle-ci semble être largement admise aujourd'hui. En tout cas, dans la majorité des cas, les deux membres du tandem ne se sont pas brouillés. Au contraire : 89% des conseillers affirment avoir "de bonnes relations" avec l'autre élu composant leur binôme (dont 69% indiquant même que leurs relations sont "très bonnes"). En outre, parmi les élus souhaitant se présenter aux prochaines élections départementales, 70% ont l'intention de le faire avec le même binôme.

Décentralisation : carton rouge

Si la réforme de 2015 a ouvert en grand les portes des assemblées départementales aux femmes, un certain nombre de commissions thématiques demeurent l'apanage des hommes (finances, mobilité et infrastructures routières). Une répartition sexuée des compétences semble même persister, les femmes s'investissant davantage dans les affaires sociales, la jeunesse et la culture.
Enfin, on notera que seulement 27% des conseillers départementaux jugent positive "la façon dont est menée la décentralisation en France en général". A l'heure où la ministre de la Cohésion des territoires prépare son projet de loi "4D" visant notamment à plus de décentralisation, le désenchantement est donc très largement répandu sur le sujet.

 

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