Élections municipales : le vélo, petite reine de la campagne

Le vélo a rayonné sur le premier tour des municipales. C’est l’un des enseignements de l’étude du think tank des transports TDIE. Publié le 10 juin, ce tour d’horizon des propositions d’une centaine de listes candidates lors des municipales va se poursuivre à l’approche du second tour.

Comme il le fait lors de chaque grande consultation électorale, le think tank TDIE, qui rassemble des acteurs du monde des transports de voyageurs et de marchandises, a cherché à connaître le positionnement des candidats sur les grands enjeux de mobilité (voir notre article du 13 février dernier). Un questionnaire balayant huit grandes thématiques allant des questions d'aménagement du territoire à la logistique urbaine en passant par les transports public et services de mobilité, les usages de la voirie, la politique piétonne, le stationnement, les mobilités interurbaines et longue distance et les infrastructures a été adressé "à tous les candidats qui ont bien voulu y répondre", avant que ne s’opère "dans un deuxième temps la définition de l’échantillon des communes observées, visant à une représentativité de la diversité des territoires et à une faisabilité du recueil des données".

Cette enquête a permis de récolter les propositions et prises de positions de 166 listes candidates dans 26 communes représentatives : six d’Île-de-France dont Paris, treize métropoles, deux villes-centre de communautés urbaines (Limoges, Perpignan) et cinq villes-centre de communes de communautés d’agglomération dont Châteauroux et Cherbourg. "La crise de la Covid-19 a interrompu le processus électoral mais notre conseil scientifique va poursuivre cette démarche d’analyse des propositions qui seront défendues par les candidats se présentant au second tour dans près de 5.000 communes", explique le think tank.

Fin dun marqueur politique

De sa note d'analyse sur les sujets qui ont émergé dans le cadre des municipales, il ressort que c’est le vélo qui a le plus rayonné sur cette campagne. La petite reine s’est imposée comme une évidence, loin du clivage gauche-droite et pas seulement chez les écologistes : "Après une éclipse de plusieurs décennies, il est redevenu un mode de transport à part entière pour la mobilité urbaine. Peu de communes étudiées n’en traitent pas, le vélo n’est plus un marqueur politique", confirme Michel Savy, l’économiste des transports qui préside le conseil scientifique de TDIE. L’échantillon de communes observées permet de préciser les nuances qui différencient les propositions favorables au vélo. Très présente dans les grandes villes, cette thématique l’est aussi dans celles de taille moins importante, où "ce sont surtout les candidats des listes EELV et LREM qui l’ont portée". Plus de la moitié des listes passées en revue proposent de développer des itinéraires cyclables, un tiers du stationnement vélo, quelques-unes des infrastructures nouvelles, un plan ve?lo ou un sche?ma directeur. 

Améliorer lexistant

Pour Philippe Duron, co-président de TDIE, c’est d’ailleurs l’une des leçons à tirer de l’enquête, à savoir que "la question des infrastructures n’est plus prioritaire, les fortes contraintes budgétaires que la crise sanitaire va renforcer imposent aux élus de limiter les propositions les plus ambitieuses et de se concentrer sur des propositions d’amélioration de services existants". Le constat se vérifie dans les propositions avancées ici et là pour développer les transports collectifs. TDIE constate que "les grands projets d’infrastructures lourdes sont minoritaires" et que "ce sont en définitive les services qui importent".

Autre thème fort de la campagne, la place de la voiture dans la ville. Selon TDIE, la lutte contre la pollution automobile est "acceptée, considérée comme un enjeu majeur pour de nombreux citoyens et leurs élus, elle n’est plus contestée par aucun parti politique mais l’ambition et les moyens qui y sont mis sont inégaux selon les candidats". Dans l’échantillon étudié, nombreux sont ceux qui se positionnent clairement en faveur de la mise en place d’une zone à faibles émissions (ZFE), surtout dans les grandes villes.

Points saillants et grands absents

Plus étonnant, le soutien au développement du véhicule électrique ne figure guère dans les propositions des candidats. TDIE rappelle qu’il ne relève pas des compétence des communes. "En revanche, l’installation de bornes de recharge sur l’espace public et chez les particuliers et dans les copropriétés fait l’objet d’une vingtaine de propositions et fera nécessairement partie des politiques municipales des années à venir". Autre absente, la logistique urbaine, avec très peu de projets proposés et un enjeu abordé sous l’angle des nuisances (sonores, pollution).

La gestion du stationnement, compétence des maires, tend à devenir un élément clef dans la politique locale de mobilité, en agissant sur le nombre de places, l’augmentation ou la modulation des tarifs, etc. Le think tank pointe une différence entre petites et grandes communes, "les unes cherchent à dynamiser leur centre-ville, les autres plutôt à l’apaiser en réduisant les nuisances liées au trafic". Enfin, une tendance se dégage en faveur des projets de parcs-relais, "l’une des rares infrastructures faisant l’objet de nombreuses propositions", sans que cela ne soit lié à la taille de la ville ni aux capacités et à l’importance du réseau de transport en commun.

 

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