Élisabeth Borne précise le mode d’emploi du "contrat d’engagement jeune"

Auditionnée par la commission des Affaires sociales du Sénat le 23 novembre, Elisabeth Borne a précisé ses attentes autour du contenu du futur "contrat d’engagement jeune". Pour leur proposer des parcours fluides et complets, la ministre du Travail en appelle à une "gouvernance locale".

Annoncé début novembre, le lancement du contrat d’engagement jeune (CEJ) - nouvelle version de la garantie jeunes (lire notre article du 2 novembre) - est attendu pour le début de l’année prochaine. Un dispositif encore flou, sur lequel les sénateurs de la commission des Affaires sociales ont manifesté leurs interrogations, à l’occasion de l’audition de la ministre du Travail, le mardi 23 novembre.

Entendue dans le contexte de l’examen du PLF 2022, Elisabeth Borne a rappelé le changement de posture attendu des missions locales dans le cadre de ce nouvel accompagnement. "Il est très important que les conseillers des missions locales soient incités à utiliser les autres dispositifs qui existent. Il faut sortir d’une politique du chiffre qui peut avoir comme effet pervers que chacun garde ses jeunes", a-t-elle rappelé.

Mobiliser l’ensemble des dispositifs

Et d’insister sur la logique de "parcours". "Ce qu’on souhaite, c’est qu’on ait un conseiller référent unique" présent "tout au long de son parcours", a-t-elle insisté. Objectif : "permettre au jeune de démarrer un accompagnement en mission locale ; de basculer dans une étape de découverte des métiers ; de recourir à une prépa compétence proposée par l’Afpa* ; puis une fois qu’il a pu bénéficier de cette prépa, de pouvoir entrer dans une formation qualifiante ; (et) en sortie de sa formation revenir dans sa mission locale pour avoir l’accompagnement de préparation aux entretiens d’embauche", a-t-elle détaillé.

Une feuille de route ambitieuse qui exige la participation active des collectivités locales, ne serait-ce que pour toucher les jeunes sans emploi éloignés des institutions. Reconnaissant qu’il n’y a "pas de queues devant les missions locales", Elisabeth Borne dit travailler "très étroitement" avec les associations de collectivités autour de la mise en œuvre du CEJ. "Les collectivités, les communes avec leurs CCAS, leurs maisons de quartier, peuvent être en contact avec ces jeunes. Ce sont souvent les EPCI qui vont par exemple avoir des réponses en termes de logement ou de mobilité", a-t-elle précisé.

"Mettre tous les acteurs autour de la table"

Selon Elisabeth Borne, "il faut vraiment une gouvernance locale et non pas régionale (…), plutôt à la maille départementale ou infradépartementale". Reconnaissant le "rôle important des intercommunalités", elle a associé l’Assemblée des communautés de France (AdCF) à cette réflexion, "pour qu’on arrive, territoire par territoire, à mettre tous les acteurs autour de la table qui puissent apporter le meilleur accompagnement".

Une démarche confirmée et saluée par la fédération des élus de l’intercommunalité. Dans le cadre des discussions sur le CEJ, l’AdCF a été reçue par le ministère du Travail, aux côtés des autres associations de collectivités. Cette dernière revendique l’intercommunalité comme échelon de coordination possible car étant "la plus proche de l’échelle du bassin de vie et du bassin d’emploi", explique à Localtis l’AdCF. Reste à l’État d’arrêter les modalités d’une telle gouvernance, à quelques mois de l’élection présidentielle…  

*Prépa compétences est un dispositif proposé par l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes. Il propose aux publics éloignés de l’emploi "de renforcer leurs compétences et de se réassurer avant d’envisager un accès à la qualification".

 

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