Emploi, production, fiscalité : y a-t-il deux familles de métropoles en France ?

Évolution de l'emploi, poids de la sphère productive, potentiel fiscal… les vingt-deux métropoles françaises n'évoluent pas de la même façon, les plus peuplées ayant une trajectoire plus favorable. C'est ce qu'indique une étude du Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) publiée fin décembre 2019.

Faut-il atteindre un certain seuil démographique pour "être pleinement métropole" ? C'est la question que pose le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) dans une étude sur les métropoles de plus et de moins de 500.000 habitants, publiée fin décembre 2019. L'analyse approfondie de l'évolution de l'emploi dans les vingt-deux métropoles françaises, mais aussi du poids de la sphère productive sur leur territoire et de leur richesse, montre ainsi des différences marquées entre les métropoles de plus de 500.000 habitants, au nombre de huit (1), et celles de moins de 500.000 habitants, au nombre de quatorze (2). Face à ces deux "familles" de métropoles, le CGET se demande s'il faut considérer que les métropoles de moins de 500.000 habitants n'ont pas su ou pu intégrer, du moins pas au même rythme que les métropoles les plus peuplés, les grandes mutations économiques à l'œuvre à l'échelle mondiale.
Dans le détail, l'étude constate que les grandes métropoles ont un nombre d'emplois en 2015 en augmentation de 3,36% en moyenne par rapport à 2008 (soit 235.835 emplois en plus). Certaines d'entre elles, comme Bordeaux, Lyon, Nantes et Toulouse, affichent même des augmentations de plus de 13%. Dans les métropoles de moins de 500.000 habitants, sur la même période, ce nombre est soit stable, soit en diminution. En 2015, Dijon, Metz, Nancy, Orléans, Rouen et Toulon n'ont ainsi pas retrouvé leur niveau d'emploi de 2008. "Dans les métropoles les plus peuplées, la reprise de l'emploi constatée en 2015 par rapport à 2008 est systématiquement plus dynamique, alors que dans les métropoles de moins de 500.000 habitants, le redémarrage est globalement plus lent et moins marqué", résume le CGET sur cet aspect.

La part des emplois de la sphère productive

L'étude mesure également la part des emplois de la sphère productive dans les métropoles et là aussi, les choses sont claires : la part de ces emplois est supérieure à 30% dans les métropoles de plus de 500.000 habitants et est resté relativement stable entre 1999 et 2014 ; a contrario, cette part est généralement inférieure à 30% dans les autres métropoles et a connu une forte diminution durant cette même période (supérieure à -2 points pour 9 d'entre elles sur 14, jusqu'à -8,9 points pour la métropole de Rouen). Seule exception : la métropole de Montpellier, avec une augmentation de 2,3 points, la part de ces emplois restant cependant en 2014 encore inférieure à la valeur nationale.
Côté revenus, encore une fois, les chiffres montrent des différences notables entre les deux types de métropoles : entre 2013 et 2016, les métropoles les plus peuplées ont connu une augmentation plus forte et généralement supérieure à la moyenne nationale. C'est l'inverse pour les métropoles de moins de 500.000 habitants. L'étude note toutefois qu'en 2016, la médiane du revenu disponible des ménages par unité de consommation est supérieure à la valeur nationale de 20.809 euros pour onze métropoles et qu'elle est proche de cette valeur pour cinq métropoles. "Cette situation conforte l'idée que les métropoles tiennent un rôle clé dans la création de richesses et de revenus", indique le document.
Enfin, le CGET analyse le potentiel fiscal par habitant de ces métropoles, qui permet de mesurer la capacité des collectivités à mobiliser de la ressource fiscale. Globalement il est supérieur pour les 22 métropoles françaises à celui de leurs EPCI limitrophes (parfois plus du double pour les métropoles de Toulouse et Bordeaux par exemple). En moyenne, il atteint, hors métropole du Grand Paris, 532,59 euros en 2018. Mais il est supérieur à cette moyenne pour les métropoles les plus peuplées, sauf à Lille où le potentiel fiscal par habitant est proche de la moyenne nationale et la métropole de Nice où il est en dessous. "En miroir, le potentiel fiscal des métropoles moins peuplées est, pour dix métropoles sur quatorze, inférieur à la valeur moyenne nationale (hors MGP)", précise l'étude.

(1) Paris, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Nice.

(2) Brest, Rennes, Rouen, Orléans, Tours, Metz, Nancy, Strasbourg, Dijon, Grenoble, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand, Montpellier, Toulon.

 

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