En Direct - Juillet 2002

Territoires Conseils publie mensuellement la lettre « En Direct », une publication papier de quatre pages, envoyée par la poste à nos abonnés, qui présente nos travaux les plus récents. Nous proposons de découvrir le format digital de ce mois. 

Réinventer les politiques de gestion de l’eau

Sous l’effet du changement climatique, la ressource en eau se confronte à une problématique double : un phénomène de raréfaction et une détérioration en termes de qualité. Pouvant générer de nouveaux conflits d’usage, elle est également à l’origine de nouveaux risques et phénomènes extrêmes, allant des sècheresses aux inondations. Cette nouvelle donne hydro-climatique ne trouvera pas de réponse unique dans des solutions purement techniques : elle interroge notre modèle de consommation et invite à réinventer le mode de gestion de la ressource.

La raréfaction des ressources en eau invite en premier lieu à inventer un modèle fondé sur une plus grande sobriété, nécessitant de répertorier, mais aussi réduire, les besoins de tous les secteurs d’activité. Les acteurs locaux en ont bien conscience, cet effort est avant tout à comprendre comme un projet territorial. La gestion de l’eau peut être le vecteur de coopérations entre collectivités locales et acteurs économiques pour devenir le moteur de la structuration de projets d’envergure, elle peut aussi être le lieu où exercer des mécanismes de solidarité via des péréquations pour conforter un développement harmonieux du territoire.

La diminution des polluants pouvant contaminer les ressources en eau est, elle, essentielle pour en préserver la qualité. Seulement 44% des masses d’eau en France sont en bon état chimique et biologique en 2019 alors que la directive Eau de 2000 a fixé à 2027 l’atteinte du bon état pour l’ensemble des masses d’eau en Europe. La réduction des prélèvements comme celle des pollutions à la source sont identifiées comme les principaux leviers pour y parvenir. Des gains très concrets sont à portée de main des collectivités locales qui s’impliqueront dans ces dynamiques. Outre l’aspect environnemental, la bonne qualité des eaux revêt des enjeux sociétaux et de qualité de vie : la demande des habitants et des estivants de disposer d’un lieu de baignade se fait plus insistante, en particulier lors d’épisodes de fortes chaleurs qui seront de plus en plus fréquents.

Par ailleurs, les futurs aléas liés à l’eau (sécheresse, rétractation des sols, inondations, submersions marines) doivent être anticipés, pour prévenir au mieux la survenue de risques naturels inédits. Sobriété, efficience et prévention des risques seront au cœur d’une nouvelle politique de gestion de l’eau à même de garantir la résilience de la ressource mais aussi des territoires, face aux conséquences du changement climatique

 

  • Type : Publication
clin doeil juillet
© Antoine Chéreau