En Languedoc-Roussillon, les risques naturels ont leur site internet

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En Languedoc-Roussillon, neuf communes sur dix sont menacées par un risque naturel au moins et quatre sur dix par deux risques au moins. Ce taux d'exposition a conduit  le conseil régional à créer, en 2005, un observatoire régional des risques naturels. Depuis 2008, un site internet mutualise les informations des différents partenaires et sensibilise les décideurs, techniciens et habitants, en créant une "culture du risque".

Région particulièrement exposée aux risques naturels, et plus particulièrement aux inondations, le Languedoc-Roussillon s'est engagé à accroître ses connaissances dans ce domaine et à aménager son territoire afin de protéger sa population et ses activités économiques (100 millions d'euros consacrés au risque inondation pour la période 2007-2013). "Plus de 600.000 personnes - soit 24% de la population - habitent en zone inondable et n'en ont pas forcément conscience. D'après un récent sondage commandité par le conseil régional, 80% des personnes concernées ignorent habiter dans une zone vulnérable", souligne Fabrice Verdier, vice-président de la commission ruralité, agriculture, viticulture, productions méditerranéennes et prévention des risques naturels du conseil régional et maire de Fons-sur-Lussan. La nécessité d'informer les habitants reste constante, surtout à l'égard des nouveaux arrivants. Dans le cadre de la politique régionale de prévention des inondations et de l'aménagement durable du territoire, la région a donc créé l'Observatoire régional des risques naturels, afin de mutualiser et de diffuser les informations à une large échelle.

Un état des lieux des aléas et de la vulnérabilité du territoire

Inscrit au contrat de projet Etat-région 2007-2013, l'observatoire s'appuie sur un comité de pilotage composé de sept interlocuteurs : l'Etat (direction régionale de l'environnement Languedoc-Roussillon), le conseil régional et les cinq conseils généraux. Ensuite, quatre groupes de travail spécialisés dans un type de risque (Inondation, Incendie, Erosion du littoral et submersion marine, Mouvement de terrain, séisme et avalanche) associent plusieurs interlocuteurs : syndicats intercommunaux de travaux, organismes de recherches, experts techniques... "Le conseil régional a un rôle d'animation. Il souhaite favoriser les échanges d'expériences et les réflexions méthodologiques, afin de collecter les informations nécessaires pour dresser un état des lieux des aléas et de la vulnérabilité de notre territoire", explique Michel Poiret, directeur de l'environnement au conseil régional. Le développement d'un partenariat varié (décideurs, techniciens, scientifiques) permet de faire le lien entre les différents acteurs, d'adopter une démarche multirisque et de devenir ainsi plus efficace en matière de prévention. "Même si notre territoire a subi plusieurs aléas ces dernières années (2002, 2003 et 2005), le degré 'd'inculture du risque' est élevé : les gens s'habituent aux intempéries et oublient les dangers potentiels", indique Fabrice Verdier. Ainsi, chaque échelon administratif participe à l'effort de communication au gré de ses réalisations : la région communique régulièrement sur les mesures prises contre les inondations, les départements mettent en avant les travaux d'aménagement effectués, les communes intègrent ces aléas dans les scénarios des plans de prévention des risques inondations (PPRI) et les syndicats dans les travaux communautaires. "Les procédés peuvent être tout simples : par exemple, on a marqué les niveaux de crue d'une pastille rouge, afin de rappeler l'incident aux habitants, indique Fabrice Verdier. "Par ailleurs, la région a cofinancé un DVD sur les inondations avec des images d'archives, il a été distribué aux lycées et aux communes pour les nouveaux arrivants."

Le site internet : une vitrine dédiée à la culture du risque

En parallèle à ce travail d'identification des risques et d'élaboration d'outils d'aide à la décision, le conseil régional a mis en ligne en 2008 un nouveau site internet : un portail régional multirisque pour faire connaître l'Observatoire et mettre à disposition un état des lieux actualisé des risques en Languedoc-Roussillon. "Le portail internet est à la fois une extension du partenariat entre les acteurs de l'Observatoire et un outil d'information grand public", souligne Michel Poiret. Il propose un grand nombre de fonctionnalités : connaître l'Observatoire, les risques de la région, les acteurs de la prévention et leurs coordonnées, la réglementation en vigueur, des conseils et mesures de sécurité... L'usager peut également connaître en temps réel les risques sur sa commune et déterminer ainsi le degré d'exposition de son habitat. "Cette prise de conscience est indispensable à toute action de prévention : il faut attirer en continu l'attention des usagers, mais aussi celle des décideurs et des techniciens, souligne Michel Poiret. Ce travail de sensibilisation est également nécessaire pour trouver des solutions plus durables. Aujourd'hui, on peut par exemple opter pour des aménagements doux et ne pas recourir systématiquement au béton !"
Actuellement, un seul ingénieur du conseil régional s'occupe de la gestion du site internet. En plus d'effectuer un travail d'animation du réseau, il collecte, met en forme les données et les tient à jour. Devant l'ampleur de la tâche, renforcer les moyens humains permettrait une meilleure gestion du dispositif : une personne dévolue à l'animation et une deuxième exclusivement chargée de la base de données et du centre de ressources. "Ce site a coûté un peu moins de 100.000 euros, mais l'investissement se compte surtout en nombre d'heures : un observatoire, c'est avant tout un gros travail d'animation", indique Michel Poiret. Le site n'a pas seulement vocation à informer le grand public et les acteurs impliqués dans la prévention et les décisions publiques. Il vise aussi à rassembler les données et à les synthétiser afin de produire une série d'indicateurs des risques. "Ce projet entraîne une réflexion collective ambitieuse, estime Michel Poiret car, sur le bassin méditerranéen, les aléas climatiques varient beaucoup en fonction de la géographie du territoire et il reste difficile de déterminer des indicateurs synthétiques."

Laura Henimann / PCA, pour la rubrique Expériences du site Mairie-conseils

Conseil régional du Languedoc-Roussillon

201 avenue Pompignane
34000 Montpellier
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Michel Poiret

Directeur de l'environnement

Fabrice Verdier

Conseiller régional et vice-président de la commission ruralité, agriculture, viticulture, productions Méditerranéennes, prévention des risques naturels et maire de Fons-sur-Lussan
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