Eolien, les élus prennent la parole : l'exemple de Saint-Agrève en Ardèche

Publié le
dans

Environnement

Energie

Ardèche

En septembre 2008, quarante élus ont officialisé le lancement du réseau des collectivités locales éoliennes (Cleo). A travers ce réseau, les élus veulent partager leur expérience et contrecarrer le discours anti-éolien qui gagne du terrain.

Depuis plus de cinq ans, des élus réunis au sein de Amorce (Association des collectivités territoriales et des professionnels pour l'environnement) discutent des éoliennes. Certains en ont implanté sur leurs territoires ou veulent le faire. Pêle-mêle sont évoqués le réchauffement climatique, les dispositifs incitatifs mis en place par l'Etat, la taxe professionnelle générée par les aérogénérateurs... En 2003, le principe du réseau est adopté mais il peine à exister. Alain Cabanes, qui était à l'époque président de la communauté de communes des Hauts-Vivarais (Ardèche), se souvient de ces hésitations : "Les élus concernés n'étaient ni assez nombreux, ni assez motivés. A l'époque, il y avait très peu d'opposants. Aujourd'hui, presque tous les projets se heurtent à des oppositions dures. Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien président de la République, a même pris la tête de la fronde anti-éolienne au nom de la défense des paysages ! Du coup, nous avons besoin de nous serrer les coudes et de répondre aux fausses affirmations. Notre meilleur atout est notre expérience."

 

L'exemple de Saint-Agrève

Alain Cabanes veut partager une expérience déjà longue. Dès 2001, il s'est investi dans la création d'un parc de six aérogénérateurs de deux Mw chacun. Une installation importante susceptible d'alimenter en électricité 7.000 foyers. La municipalité de Saint-Agrève, porteuse du projet, décide alors de ne pas se lier tout de suite avec un opérateur et entreprend de mener une large concertation sur le choix du site. La concertation dura deux ans, tout fut soigneusement étudié : le vent, l'éloignement des habitations, les zones de passage des oiseaux... "Il ne faut pas aller trop vite, répète Alain Cabanes. Nous avons mis sept ans avant que notre parc éolien soit totalement opérationnelle mais la population a eu le temps de s'approprier le projet." Faire connaître cette expérience, comme des dizaines d'autres, est la première mission que s'est fixée Cleo. Ensuite, et c'est cela qui a rassemblé les élus, le réseau veut s'adresser aux parlementaires.

 

Agir sur la loi

Les élus craignent que les projets de loi Grenelle viennent freiner, voire bloquer, le développement de l'éolien. Grenelle 2 prévoit en effet d'intégrer les éoliennes dans le dispositif des installations classées "au titre de la protection de l'environnement", comme le sont les usines polluantes. Si cette mesure était adoptée, cela porterait à quatre ans les délais de recours contre un projet. Un obstacle que nombre d'élus juge incompréhensible et surtout incompatible avec les engagements de la France. Rappelons que 23% de l'énergie électrique consommée en 2020 devront être d'origine renouvelable.
Lors de la conférence de presse pour le lancement de Cleo, douze porte-paroles, dont Alain Cabanes, ont été désignés. Ils ont de nombreux projets, qui vont de la création d'un site internet à la préparation d'amendements pour les parlementaires.

 

Luc Blanchard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Haut de page