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Épisodes cévenols : une nouvelle campagne de prévention du risque inondation

Le gouvernement a lancé ce 29 août une nouvelle campagne de sensibilisation aux risques liés aux épisodes de pluies intenses dans l'arc méditerranéen, du Roussillon à la Provence, en passant par la vallée du Rhône. Face à ce phénomène, certaines collectivités particulièrement vulnérables mènent des actions volontaristesdans le cadre des programmes d'actions de prévention des inondations (Papi).

Lors d'un déplacement ce 29 août à Toulouse, Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, a lancé une nouvelle campagne de sensibilisation aux risques liés aux épisodes cévenols, ces phénomènes de très fortes précipitations - plus de 100 mm de pluies (100l/m2) peuvent s’abattre en une heure ou deux localement - pouvant occasionner des crues soudaines et dangereuses. "Les épisodes de pluies qui touchent l’arc méditerranéen et la vallée du Rhône sont chaque année de plus en plus intenses, a mis en garde la secrétaire d'Etat, dans un communiqué. C’est pourquoi les services de l’État sont mobilisés pour prévenir ces risques. Notre devoir est d’alerter les Français pour leur donner les bons gestes et reflexes afin de se protéger et sauver des vies."

15 départements concernés

La campagne se tiendra jusqu'au 28 octobre dans les 15 départements concernés par ce phénomène - les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, l’Ardèche, l’Aveyron, l’Aude, les Bouches-du-Rhône, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, la Drôme, le Gard, l’Hérault, la Lozère, les Pyrénées-Orientales, le Var et le Vaucluse. Elle met l'accent sur huit bons comportements à adopter en cas de pluies intenses : s'informer et rester à l'écoute des consignes des autorités dans les médias ; ne pas prendre sa voiture et reporter ses déplacements ; se soucier des personnes proches, voisins et personnes vulnérables ; s'éloigner des cours d'eau et ne pas stationner sur les berges ou sur les ponts ; se mettre à l'abri dans un bâtiment, et surtout pas sous un arbre, au risque d'être foudroyé ; ne pas descendre en sous-sol et se réfugier en hauteur ; ne pas s'engager, en voiture ou à pied, sur un pont, une chaussée, un gué ou un passage souterrain risquant d'être inondés ; ne pas aller chercher ses enfants à l'école, où ils sont en sécurité.

Deux services d'avertissement

Le ministère rappelle que l’organisation de la surveillance, de la prévision et de la transmission de l’information sur les crues est assurée par l’État sur le réseau "Vigicrues" . En outre, pour être averties des risques de crues soudaines, les autorités locales peuvent s'appuyer sur deux services spécifiques. Le service Apic - avertissements pour pluie intense à l’échelle des communes - de Météo-France, qui couvre aujourd'hui plus de 93% des communes en métropole, permet d’être alerté lorsque les précipitations observées revêtent un caractère intense sur le territoire communal ou sur celui des communes environnantes. Vigicrues Flash, géré par le ministère de la Transition écologique, est un service d’avertissement sur les crues soudaines qui permet de transmettre automatiquement des informations sur des têtes de bassin en cas de pluies intenses et soudaines. Ce service gratuit est ouvert aux maires et préfets depuis mars 2017 pour des cours d’eau qui ne sont pas couverts par la vigilance crues du fait de leur réactivité rapide. Aujourd’hui, près de 10% des communes éligibles y sont abonnées.

20 territoires à risque important d'inondation

Sur l'arc méditerranéen et dans les départements concernés, 20 territoires à risque important d’inondations ont été identifiés au titre de la directive européenne Inondation. Sur ces territoires, 30 stratégies locales de gestion des risques d'inondation, élaborées conjointement entre les services de l'État et les parties prenantes des territoires concernés, sont finalisées ou en cours de finalisation, indique le ministère. L’État est mobilisé, notamment à travers l’élaboration et la révision des plans de prévention des risques inondations. De plus, une mission interrégionale pour la coordination de la prévention des risques d'inondation sur l'arc méditerranéen a été créée en juin 2017 par le préfet de zone de défense et de sécurité Sud, et placée auprès de la Dreal de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

42 Papi labellisés

Les collectivités qui sont engagées dans des programmes d'actions de prévention des inondations (Papi) peuvent être accompagnées financièrement par le fonds de prévention des risques naturels majeurs. 42 Papi ou Papi d'intention sont labellisés à ce jour, et d'autres sont en préparation.
Dans le cadre des Papi, certaines collectivités à risque ont développé des actions volontaristes ces dernières années. La commune de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes), par exemple, frappée par les inondations catastrophiques d'octobre 2015 qui avaient fait 20 morts, dont 8 dans des parkings souterrains, a prévu que des diagnostics de vulnérabilité soient réalisés dans le cadre du Papi du Riou de l’Argentière pour chaque copropriété fortement touchée à l'époque, en particulier celles possédant des parkings souterrains. Ces diagnostics, réalisés en 2016 et 2017, ont concerné 25 copropriétés. 20 d'entre elles concernées par un aléa modéré à fort vont bénéficier d'aménagements (dispositifs pour éviter les entrées d’eau dans les sous-sols, mise en œuvre de pompes, clapets anti-retour sur les réseaux pluviaux, étanchéification de fourreaux et trappes, fermeture de locaux poubelles pour éviter les flottants, etc.).
A Nîmes, le dispositif Nîm’ALABRI prévu dans la convention du second Papi Nîmes Cadereaux, signée en 2015, entend offrir un accompagnement personnalisé pour prévenir un évènement torrentiel soudain. Le dispositif Nîm’ALABRI volet Habitat, lancé en mai 2015 pour 4 ans, propose ainsi aux propriétaires et gestionnaires de logements de bénéficier gratuitement d’un diagnostic et d’un accompagnement administratif, technique et financier pour réaliser des aménagements permettant de réduire la vulnérabilité. Ces missions sont financées à 50% par l’État, 20% par la ville, 20% par le conseil départemental du Gard et 10% par la communauté d’agglomération Nîmes Métropole. Selon la situation du bien et la nature des travaux, jusqu’à 80% du montant de chaque mesure peut être financé. Environ 2.000 logements ont été diagnostiqués à ce jour, près de 1.000 logements individuels et 317 immeubles visités avec 82 parkings souterrains, et plus de 100 demandes de subventions ont été déposées par les particuliers. Le volet entreprises du dispositif Nîm’ALABRI, lancé en juillet 2017 pour 4 ans, propose gratuitement aux entreprises de moins de 20 salariés une analyse ciblée de la résilience et un accompagnement administratif, technique et financier pour réaliser des mesures structurelles et organisationnelles, ainsi que l'établissement d’un plan d'organisation et de mise en sûreté d'un établissement personnalisé. Il prévoit aussi, pour les entreprises de plus de 20 salariés, une sensibilisation au contexte inondation sur la commune et aux abords de la société, ainsi que la fourniture d'outils pour mener un diagnostic et mettre en place des mesures.Ces missions sont financées à 50% par l’État, 20% par la ville, 20% par la région et 10% par la communauté d’agglomération Nîmes Métropole. Dernier exemple : le syndicat mixte de l’Argens, dans le cadre du Papi de l’Argens (Var) a expérimenté, en lien avec l’État, l’application d’effets spéciaux vidéos avec des séquences tournées en temps normal (hors crue) pour permettre à la population de prendre la mesure, de la manière la plus réaliste possible, de ce que représenterait une crue sur leur territoire.