Feux de forêts : l'UE cherche à muscler la réponse européenne

Après un été catastrophique pour la forêt du notre continent, les responsables européens sont décidés à redimensionner la capacité du mécanisme de protection civile de l'UE. La "flotte de transition" devrait doubler dès l'année en prochaine en attendant l'entrée en service d'une véritable flotte permanente entre 2026 et 2030.

L’été s’achève et le constat s’impose : il a été désastreux pour les forêts européennes, avec plus de 700.000 hectares brûlés. Le mécanisme de protection civile de l’UE a été mis à rude épreuve. Il a été activé une dizaine de fois par cinq pays, dont la France où 62.000 hectares sont partis en fumée. 33 avions et 8 hélicoptères ont ainsi pu être déployés dans toute l’Europe avec un appui de 350 soldats du feu au sol. Le 5 septembre, une réunion interministérielle à laquelle participait Caroline Cayeux, ministre déléguée chargées des collectivités territoriales, s’est tenue à Bruxelles, à l’initiative de la Commission européenne, dans le but de renforcer ce mécanisme créé il y a 20 ans pour faire appel à la solidarité européenne en cas de crise majeure dans un État. Depuis lors, il été activé plus de 500 fois. La France a ainsi pu bénéficier au mois d’août de l’appui de 8 avions, de 101 véhicules et 364 personnels, selon le ministère. Mais aujourd’hui, les responsables européens souhaitent passer à la vitesse supérieure car "aucun pays ne peut lutter seul contre les phénomènes météorologiques extrêmes et leurs forces destructrices", a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors de son "discours sur l’état de l’Union", le 15 septembre.

Le mécanisme de protection civile de l'UE regroupe quelque 34 pays : les 27 États membres et sept pays associés, Islande, Norvège, Serbie, Macédoine du Nord, Monténégro, Turquie et Royaume-Uni. Depuis 2019, il a été modernisé avec l’entrée en vigueur d’une nouvelle réserve européenne de capacités : le dispositif RescEU. Celui-ci comprend notamment une flotte d’avions et d’hélicoptères bombardiers d’eau, des avions d’évacuation médicale, une réserve de matériel médical… RescEU a ainsi été mis à contribution pendant la crise du Covid. Il s’agit aujourd’hui d’aller plus loin dans la lutte contre les incendies. "Il convient de redimensionner le mécanisme de protection civile à l’aune des défis de demain, notamment celui du changement climatique", a souligné Caroline Cayeux le 5 septembre, lors de la réunion avec ses collègues. Un constat s’impose en effet de plus en plus : aucun pays n’est à l’abri des feux de forêt. "Les incendies observés cet été en République tchèque, en Allemagne ou en Slovénie, confirment une tendance déjà observée ces dernières années en Suède ou en Autriche", souligne l’UE.

Un doublement de la capacité de RescEU en 2023 

Dans son discours, Ursula von der Leyen a ainsi annoncé un doublement de la capacité de RescEU "au cours de l’année prochaine". Ainsi, après partir de 2023, le dispositif européen comporterait 10 avions amphibies de type Canadair, 12 avions plus légers et 4 hélicoptères. L’UE disposera aussi de davantage d’équipes prépositionnées au sol. Cette flotte dite "de transition" doit permettre aux États membres de se familiariser avec ce type d’aéronefs en attendant la mise sur pied d’une véritable flotte permanente attendue, elle, entre 2026 et 2030. "La mise en place d’une telle flotte prendra du temps, étant donné que la production mondiale de certains types d’avions de lutte contre les incendies a été suspendue. Le marché a donc été limité en ce qui concerne l’offre de nouveaux avions de lutte contre les incendies", explique-t-on, à la représentation en France de la Commission européenne.

Les avions qui seront livrés à partir de 2026 seront "entièrement financés par l’UE". Il s’agira de Canadair positionnés en Grèce et en France qui "viendront s’ajouter à deux avions légers de lutte contre les incendies du type 'Fireboss', financés par la Commission depuis 2020 et installés en Suède", précise la même source. La Commission négocie par ailleurs avec un opérateur canadien la construction de 12 autres avions livrables en 2029 : 2 avions seront situés au Portugal, 2 en Espagne, 2 en France, 2 en Italie, 2 en Croatie et 2 en Grèce. Ils appartiendront à chaque pays hôte mais seront financés là encore à 100% par l’UE qui assurera la coordination des opérations. Les pilotes seront fournis par les États mais le personnel financé par l’UE. Autre précision importante : les avions pourront être utilisés par le pays hôte "aussi longtemps que nécessaire", tout en étant considérés comme une capacité extranationale.

Réuni en plénière la semaine dernière, le Parlement européen a adopté jeudi une résolution appelant à la mise en œuvre rapide de cette flotte permanente.

 

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