Fonds Chaleur de l'Ademe : un record d'engagements en 2020 malgré la crise sanitaire

Le fonds Chaleur de l'Ademe a engagé la totalité de ses 350 millions d'euros de budget en 2020 dans plus de 600 installations d'énergies renouvelables et de récupération. Un record depuis sa création en 2009. Avec un budget équivalent en 2021, il vise le même niveau d'engagements que l'an passé.

La crise sanitaire n'a pas freiné le déploiement du fonds Chaleur de l'Ademe en 2020, bien au contraire. L'Agence a annoncé ce 18 mai que la totalité du budget annuel du fonds, soit 350 millions d'euros, avait été engagée, soit un niveau jamais atteint jusqu’à présent – ce budget était en hausse de 50 millions d'euros par rapport à 2019 et de 150 millions d'euros depuis 2017. Le nombre d’installations aidées - plus de 600 - a également progressé en lien avec l’essor des contrats de développement des énergies renouvelables, qui permettent d’accompagner des grappes de projets de petite taille permettant une diffusion large sur le territoire, a précisé l'Ademe.

Les réseaux de chaleur en tête

Concernant les aides, les réseaux de chaleur représentent le premier poste du budget avec 125 millions d'euros, en hausse de 25% par rapport à 2019, et une année record avec le financement de 374 km de réseaux. Les chaufferies biomasse ont représenté 91 millions d'euros d’aides - dont 50 millions d'euros pour des chaufferies de grande taille dans le cadre de l’appel à projets Biomasse Chaleur Industrie Agriculture Tertiaire (BCIAT) -, les équipements de valorisation du biogaz par injection au réseau 52 millions d'euros, et la géothermie 30 millions d'euros. Le solaire thermique et les opérations de récupération de chaleur fatale (hors réseaux liés) représentent respectivement 4,2 millions d'euros et 1,2 million d'euros engagés. Les projets ayant bénéficié des aides à l’investissement du fonds Chaleur permettront de produire 4 TWh/an de chaleur renouvelable additionnelle. C’est le bois énergie qui contribue le plus à cette production de chaleur à base d'énergies renouvelables et de récupération (EnR&R), suivie par la méthanisation (28%) et la chaleur fatale (5%), puis par la géothermie (9%). Le montant d’aide publique ainsi octroyé représente 4,4 euros par MWh produit sur 20 ans.

Projets phares dans les territoires

Parmi les projets phares financés en 2020, l'Ademe cite la création ex-nihilo d’un réseau de chaleur de 4,4 km alimenté par une chaufferie biomasse de 2,4 MW à Ambilly et Ville-la-Grand, en Haute-Savoie. Le projet, porté par le syndicat d’énergie Syane, permettra la production de 12 GWh/an de chaleur, avec une part d’EnR de 87%. Coût de l’opération, dont la mise en service est prévue fin 2021 : 7,32 millions d'euros avec une aide Ademe fonds Chaleur de 3,29 millions d'euros. Autre exemple d'opération menée à bien en 2020 : le contrat de développement territorial des énergies renouvelables à Lorient et Quimperlé qui vise à faire émerger des projets de chaleur renouvelable en mobilisant l'ensemble des acteurs du territoire, avec une gestion déléguée par l’Ademe à une société publique locale (SPL) assurant l’accompagnement technique des porteurs de projet et une animation territoriale. Ce contrat, qui mobilise 16,2 millions d'euros, avec une aide Ademe fonds Chaleur de 7,1 millions d'euros, devrait permettre en 3 ans la réalisation d’une vingtaine de projets pour 22,5 GWh/an.

Une production à doubler pour atteindre les objectifs de la PPE

Cependant, pour atteindre les objectifs fixés par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) publiée en avril 2020, la production annuelle de chaleur renouvelable additionnelle devrait être doublée par rapport à la tendance observée ces dernières années, souligne l'Ademe. La chaleur représente en effet près de la moitié de la consommation d’énergie en France, et moins d’un quart est actuellement produite à partir d’énergies renouvelables alors que d'’ici 2030, la part de la chaleur renouvelable devra atteindre 38%.
"L’année 2021 a pour objectif de maintenir les efforts réalisés l’année dernière afin de poursuivre le développement de projets de production de chaleur renouvelable et de récupération", souligne l'Ademe qui assure avoir déjà identifié un grand nombre de projets. L'Agence estime qu'elle devrait pouvoir engager, comme en 2020, l’ensemble du budget de 350 millions d’euros alloué au fonds Chaleur. Pour 2021, le portefeuille de projets identifiés atteindrait un montant total de demandes d’aides de 550 millions d'euros. En 2021, sont par ailleurs devenues éligibles deux nouvelles technologies solaires thermiques : les systèmes de chauffage solaire et la production d’eau chaude par couplage entre capteurs solaires et pompes à chaleur. "Le contexte reste cependant marqué par un prix du gaz faible qui, avec le gel de la fiscalité carbone, pénalise la compétitivité relative des projets d’énergies renouvelables par rapport aux solutions alternatives fossiles", reconnaît l'Ademe.

Chaleur bas carbone dans l'industrie

Pour compenser cette moindre compétitivité, l’Ademe entend se mobiliser fortement sur le déploiement du plan de relance sur tout le territoire, notamment sur le volet de la décarbonation de l’industrie, avec la mise en place d’aides au fonctionnement permettant de compléter les aides à l’investissement du fonds Chaleur et ainsi d’accélérer le développement de la chaleur bas carbone dans le secteur de l’industrie. Ce dispositif d’aide au fonctionnement est actuellement en cours d’approbation par la Commission européenne. 
Pour faire connaître les aides mises en place grâce au fonds Chaleur, l'Agence a aussi lancé une large campagne de communication sur 3 ans, principalement à destination des collectivités et des entreprises, ainsi que des formations destinées aux relais sur le territoire.
 

 

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