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Fumées d'incendies : quelles conséquences sur la santé des pompiers ?

Publié le
par
M.T.
dans

Sécurité

Santé, médico-social, vieillissement

Fonction publique

Maladies cardiovasculaires, pneumopathies, cancers… Un rapport de la Caisse nationale des agents des collectivités locales (CNRACL) intitulé "Impact et préventions des risques relatifs aux fumées d'incendies pour les sapeurs-pompiers", publié le 21 septembre, fait état d'une surmortalité chez les pompiers par rapport au reste de la population. "L'association entre le risque cardio-vasculaire et le métier de pompier est désormais reconnue du fait de l'exposition à des substances cardio-toxiques" et "des niveaux cardiaques atteints lors de certaines interventions", constate le groupe de travail qui a conduit cette évaluation. Une étude menée aux Etats-Unis en 2010 a ainsi montré que 45% des décès de pompiers en service étaient dus à une insuffisance coronarienne, soit un taux bien supérieur à celui des policiers (22%) notamment.
Les pompiers sont également plus exposés au risque de cancer. A l'âge jeune, les pompiers ont une sous-mortalité par rapport au reste de la population, du fait de leur excellent état de santé initial et du mode de recrutement, constate le rapport. Mais cet avantage initial disparaît au fil du temps, du fait de l'exposition à des substances toxiques. Le rapport constate une surmortalité modérée pour certains types de cancers. Ainsi "sur 732 tumeurs malignes, le cancer broncho-pulmonaire était la localisation la plus fréquente (25%), suivi par les cancers de la lèvre-cavité buccale-pharynx (9 %), les cancers du foie et des voies biliaires intra-hépatiques (6%), du pancréas (6%) et des tissus lymphatiques et hématopoïétiques (6%)".
Au-delà de la chaleur, les fumées sont doublement toxiques, précise le rapport. Lors de l'attaque de l'incendie, elles sont "massives" et peuvent générer des asphyxies et de nombreuses atteintes respiratoires et neurologiques. Elles peuvent aussi être toxiques par les poussières, les particules et les gaz qui se déposent sur les tenues ou les équipements. "Les principaux composés à effets différés sont les HAP (hydrocarbures, aromatiques, polycycliques) dont certains ont une cancérogénicité avérée", est-il précisé. A cela s'ajoutent la silice cristalline, le formol, l'amiante, les dérivés chlorés et le plomb…
La connaissance des sapeurs-pompiers à ces risques "semble devoir être renforcée", juge le groupe de travail. Il fournit une série de recommandations pour agir "avant", "pendant" et "après" les interventions. Il conseille notamment de "développer la culture de la prévention", d'assurer la "traçabilité" des personnels exposés (avec des livrets individuels). Il recommande d' "intégrer les risques de contamination lors de la conception des centres d'incendie et de secours, des centres de formation, des engins, des matériels et des équipements". Pendant l'intervention, il s'agit en particulier de déterminer "une zone de l'intervention dans laquelle les personnels porteront une protection respiratoire adaptée".
Après l'intervention, le rapport conseille notamment de "laver, voire décontaminer les tenues de feu dès lors qu'elles sont considérées comme contaminées".
 

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