Grâce à l’écoquartier rural, l’école de Faux-la-Montagne s’agrandit

À Faux-la-Montagne, la construction d’un "écoquartier rural" labellisé par l’État a permis de créer 12 lots pour des logements neufs. Cinq maisons sont déjà occupées par des familles, une est en construction, deux sont en projet et une troisième classe a ouvert à l’école du village.

À la fin du XXe siècle, les élus de cette région limousine en déprise démographique comprennent que l’avenir de leur territoire dépend de l’arrivée de nouveaux habitants. À Faux-la-Montagne (Creuse, 470 habitants), ils mènent alors une politique d’accueil volontariste, créant un centre de loisirs sans hébergement (CLSH) et une crèche, soutenant la vie associative, animant la vie culturelle, créant une maison médicale intercommunale. Résultat, des habitants originaires ou non du village ont de nouveau envie d’y (re)venir. Avec une difficulté cependant : où se loger, faute de bâti ancien disponible ? Pas de ferme abandonnée dans le Limousin ou très peu, et peu de possibilités de densifier l’habitat existant en centre-bourg.
À la fin des années 2000 le maire de Faux-la-Montagne se résout donc à envisager la construction d’un lotissement sur un terrain de 2 hectares idéalement situé tout près du centre-bourg. La municipalité en fait l’acquisition, et la communauté de communes du Plateau de Gentioux embauche un chargé de mission chargé d’animer un groupe de travail composé d’élus et d’habitants.
En 2009, l’État lance le premier appel à projet d’écoquartiers (voir encadré). Faux-la-Montagne candidate. À sa grande surprise, le projet est primé "premier écoquartier rural".

"Écoquartier" : un label exigeant

Le cahier des charges d’un écoquartier est exigeant : les futurs propriétaires doivent s’engager dans une recherche de haute qualité urbanistique, architecturale et environnementale, pour les logements comme pour les espaces publics. La typologie des logements doit être variée et "préserver une certaine diversité/mixité". La consommation de l’énergie doit être réduite et sa production privilégiée. 
Concerné au premier chef, le parc naturel régional Millevaches en Limousin, dans le périmètre duquel se trouve le village, aide au démarrage de la réflexion en dépêchant sur place un paysagiste, professeur à l’École nationale supérieure de paysage de Versailles. Le groupe de travail de la communauté de communes se transforme en comité de pilotage associatif, puis devient une Scic chargée de la fonction d’agence d’urbanisme rural. La commune y souscrit des parts (pour environ 5.000 euros), le parc naturel régional et le département de la Creuse également, ainsi que les candidats à la construction sur le terrain. Un urbaniste prend alors la direction de la Scic l’Arban, qui signifie en occitan "travail collectif". Plusieurs candidats à la construction suivent des formations à l’approche environnementale de l’urbanisme. Les services déconcentrés de l’État, eux, contrôlent la conformité du projet avec le cahier des charges.

La commune viabilise les terrains et les vend lot par lot

Jusque-là adjointe, Catherine Moulin est élue maire en 2008. La commune, qui est toujours propriétaire du terrain, décide, non pas de le vendre en bloc à la Scic, mais de le viabiliser et de le vendre par lots aux candidats à la construction. La Scic l’Arban organise des conférences, des ateliers d’architecture et de paysage, des architectes aident les candidats à dessiner leurs maisons…
Le projet avance ainsi, lentement mais sûrement, même si certains des premiers candidats abandonnent… D’autres prennent le relais pour construire. "Des familles, raconte l’élue, réalisant la difficulté de la démarche et son possible coût humain et financier, ont préféré rester en HLM ou agrandir leur vieille maison."

Centre-bourg redynamisé

Aujourd’hui sur les 12 lots proposés à la vente, un reste propriété de la commune pour de la construction locative, 8 ont trouvé acquéreur, 5 maisons sont terminée et occupées dont un logement passerelle, une autre est en construction, deux sont en projet. Les nouveaux habitants sont retraités, jeunes adultes ou en famille avec enfants.
Par ailleurs, suite à une étude financée par la Caisse des Dépôts sur les conditions de mobilisation du bâti ancien de centre-bourg pour l’accueil de nouveaux habitants, la Scic l’Arban a acheté dans le centre de Faux deux maisons dans le but de les réhabiliter. Au total, entre 2011 et 2016 la commune a accueilli 57 nouveaux habitants (15 %), et ouvert en 2017, une troisième classe à l’école du village.

Sur le plan financier, l’opération sera équilibrée pour la commune, le coût de l’achat du terrain et de la viabilisation étant compensé par celui de la revente des lots. Et ceci, même si la mairie a dû supporter des frais supplémentaires liés à la création de retenues d’eau, car le terrain est en pente.

Appel à projets ÉcoQuartiers

Ce premier appel à projets ÉcoQuartiers a été lancé en 2009 par le ministère de l'Écologie, du Développement durable, des transports et du logement. Il a récompensé 26 collectivités sur les 160 projets présentés.

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