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Haute fonction publique : Amélie de Montchalin dévoile son plan pour la diversité sociale

La ministre souhaite que des places soient "réservées" aux candidats issus des milieux modestes et ce, dans tous les concours de la haute fonction publique.  

Les concours d’entrée aux écoles qui forment les cadres supérieurs de la fonction publique pourraient connaître dès 2021 une petite révolution. Des voies d’accès spécifiques pourraient être ouvertes pour les candidats de condition modeste. La ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a annoncé vouloir engager cette réforme. Pour "tous les concours de la haute fonction publique", ces voies d'accès seraient créées à partir de l'an prochain, "au moins à titre expérimental" et des "places" seraient "réservées", a détaillé Amélie de Montchalin dans une interview au quotidien Le Monde, publiée ce 6 octobre. La ministre assure que "ce ne seront certainement pas des concours au rabais" et qu'"ils seront sélectifs".
Parmi les écoles qui devraient être concernées, elle cite l'ENA, l'École des hautes études en santé publique, l'École nationale de la magistrature, l'Inet (qui accueille les élèves administrateurs territoriaux), mais aussi les écoles qui forment "les attachés d'administration".
La ministre compte s'appuyer sur le réseau des 27 classes préparatoires aux concours des écoles de service public. "Nous devons le rendre plus attractif, en harmonisant les prépas, en leur donnant un label, en les associant aux universités ou aux IEP [instituts d'études politiques] en région, en faisant en sorte que cela débouche sur un diplôme", précise-t-elle. Ces classes préparatoires accueilleraient "au moins" 2.000 élèves - au lieu de 700 actuellement. Ces jeunes seraient de condition modeste et issus des quartiers de la politique de la ville ou des zones rurales. Mais il y aurait aussi une place pour des élèves "qui n’entrent pas dans ces critères, mais dont le mérite, le parcours de vie justifient qu’ils puissent passer ces concours", déclare la ministre. "Il faut remettre en route l’ascenseur social. Pendant des décennies, la fonction publique en a été le moteur. Elle doit le redevenir", explique-t-elle.
Dans le cadre de la réforme de la haute fonction publique engagée par le gouvernement, Amélie de Montchalin se dit "favorable" à la création d'"un tronc commun entre les administrateurs de l’État et les administrateurs territoriaux, les magistrats, les directeurs d’hôpital, les commissaires, etc.". Sur cette idée, qui figurait dans le rapport remis en février dernier par Frédéric Thiriez, elle indique qu'il peut être mis en place sans créer une école qui accueillerait les élèves, mais "via le numérique".
La ministre affirme aussi vouloir que l'État aille "chercher des cadres de talent dans toutes les fonctions publiques". Et donc qu'"un administrateur territorial, par exemple, puisse beaucoup plus facilement qu’aujourd’hui devenir un haut cadre de l’État".

 

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