Impacts de la crise : les "effets locaux" l’emportent sur la spécialisation des territoires

Les effets locaux sont plus importants que les effets de spécialisation pour appréhender les trajectoires des territoires face à la crise, selon une note publiée par Régions de France, mercredi 26 mai.

Dans la France entière, la crise a provoqué la destruction de 310.660 emplois en 2020, soit une contraction de 1,65%, selon une note de Régions de France, publiée mercredi 26 mai, sur "L’impact économique de la crise sur les régions et leurs territoires". Le choc s’est surtout concentré sur le premier semestre avant une reprise de l’emploi assez marquée à l’été, puis une rechute de moindre importance en fin d’année. Selon la note, il faut remonter à la crise de 2008-2009 pour trouver une baisse de telle ampleur, et encore, dans des proportions trois fois moindres (0,54% par trimestre), mais sans doute plus durables.

Quatre secteurs concentrent à eux-seuls plus de la moitié des pertes : la restauration (22,74% de l’ensemble des baisses), l’hébergement (11,18%), l’intérim (10,89%) et les activités sportives, récréatives et de loisirs (5,75%). Vingt secteurs sur les 81 recensés ont au contraire connu une évolution positive, principalement les travaux de construction spécialisés, la santé, l’hébergement social et le médico-social…

Seules trois régions ont échappé à la violence du choc : La Réunion (+2,23%), la Guyane (+0,68%) et la Corse (+0,67%). Dans les autres régions, les pertes varient dans un rapport d’environ 4 pour 1 entre les Hauts-de-France (-0,61%) et Auvergne-Rhône-Alpes (-2,50%). Avec 118.680 emplois supprimés, l’Ile-de-France est la région la plus marquée, bien que dans des proportions légèrement moindres qu’Auvergne-Rhône-Alpes (-2,44%).

Zones de montagne

Les analystes de Régions de France ont cherché à avoir une vision plus fine, en se penchant sur les 321 zones d’emploi de France : 267 connaissent une évolution négative et 54 une évolution positive. Les zones qui s’en sortent le mieux sont La Réunion (+4,19%), le Blanc (+3,82%) et Versailles (+3,54%). En revanche, la Tarentaise (-31,97%), Briançon (-23,71%) et le Mont-Blanc (-19,32%) - toutes trois situées en zone de montagne -, connaissent les chutes les plus fortes.

Partant de ces constats, Régions de France a cherché à analyser les différentes trajectoires des territoires en fonction de leur spécialisation ou des "effets  locaux" aussi appelés "effets résiduels" (c’est-à-dire qui ne sont liés ni au choc macroéconomique ni à la spécialisation du territoire dans des secteurs exposés). A l’exception de trois régions jugées "très atypiques" (Corse, La Réunion, Guyane), toutes sont entrées en récession. "Dans la totalité des régions, les effets locaux dominent en valeur absolue les effets de spécialisation", constate la note. "Dans la majorité des cas, les effets locaux sont positifs, et compensent donc en partie, mais en partie seulement, la dynamique macroéconomique négative." La note avance une explication : la crise a touché prioritairement les activités présentielles. Certains territoires très spécialisés comme les régions aéronautiques ont au contraire bénéficié du dispositif de chômage partiel et n'ont de ce fait connu qu'un faible impact sur les effectifs. Trois régions cumulent toutefois effets locaux et effets de spécialisation négatifs : l'Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté.

Les auteurs promettent de fournir au mois de juin "des données complètes et beaucoup plus précises".

 

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