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Impact de la crise sanitaire : "22% des associations parviennent à maintenir une petite activité"

Les premiers résultats d'une enquête sur les impacts de l'épidémie de Covid-19 sur l'activité des associations ont été publiés le 2 avril 2020. Le coup de frein ou coup d'arrêt est lié au secteur, plus de 40% des associations actives dans les champs social et humanitaire déclarant maintenir une activité, contre moins de 10% dans le sport. Au cœur des inquiétudes des dirigeants associatifs : la poursuite des partenariats financiers, avec les collectivités notamment.       

Quels sont les impacts de la crise sanitaire sur les associations ? Avec Recherches & Solidarités, le Mouvement associatif et le Réseau national des maisons des associations ont mené l'enquête dès le 20 mars, troisième jour de confinement. Alors que 13.000 dirigeants se seraient exprimés en une douzaine de jours, de premiers résultats portant sur un échantillon de 5.337 réponses ont été publiés le 2 avril. Il est toujours possible de répondre au questionnaire en ligne et des résultats plus complets seront prochainement communiqués, avec une attention portée sur la "montée en puissance de l’adaptation des associations" et des tendances régionales, précise Recherches & Solidarités.

Près d'un quart des répondants estiment avoir "trois mois devant eux, tout au plus"

"À peine 22% des associations parviennent à maintenir une petite activité, juste supérieure à 20% de leur action habituelle", peut-on lire dans cette première publication. Un maintien d'activité variable selon les secteurs : moins de 10% des associations sportives, plus de 40% concernant "le secteur humanitaire et le secteur social, en raison de leur mode d'action et des impératifs du moment, le développement local, dans une approche de proximité, et l'environnement". "Pour la moitié des associations, l’organisation des événements est au cœur de leur action, et elles ont été contraintes de les annuler ou de les reporter", 62% des associations culturelles étant confrontées à cette difficulté.

Si les impacts économiques de court terme sont encore difficiles à évaluer, les dirigeants associatifs sont d'abord préoccupés par "la perte de revenus, la baisse des aides publiques et les difficultés de trésorerie" – les inquiétudes étant plus répandues (45%) parmi les associations ayant un budget supérieur à 100.000 euros. 23% des dirigeants associatifs ayant répondu à l'enquête "affirment disposer de trois mois devant eux, tout au plus", une part plus importante dans les secteurs social et environnemental.

"13% seulement ont maintenu du travail en présentiel"

Parmi les employeurs associatifs interrogés, 68% avaient eu recours au chômage partiel au 26 mars et 54% avaient mis en place du télétravail. "13% seulement ont maintenu du travail en présentiel, avec la mise en place de mesures préventives."

Les mesures mises en place par le gouvernement et les collectivités sont encore mal connues : 27% des dirigeants de petites associations qui se sont exprimés ne les connaissent pas et tout de même 17% parmi les employeurs associatifs. Pour rappel, les mesures annoncées pour les entreprises s'appliquent également aux associations (voir notre article du 24 mars 2020). Dans un communiqué du 27 mars, le ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales met en avant le fait que l'ordonnance sur la continuité financière des collectivités permet à ces dernières de continuer à soutenir le secteur associatif.

Interrogés sur leurs besoins actuels, les dirigeants associatifs ont d'abord cité le maintien des partenariats financiers (28% d'entre eux, 49% pour les associations employeuses), les facilités de trésorerie (24% / 41%) et l'assistance juridique (20% / 41%). Parmi les autres sujets, les associations employeuses ont également évoqué la suspension des paiements courants, dont les charges fixes (35%), l'organisation des ressources humaines salariés, dont le télétravail (22%), l'organisation de la vie associative à distance, sa gouvernance et son management (22%).

"Malgré ce coup d’arrêt à leurs activités économiques, les associations continuent d’agir pour la cohésion sociale. Elles trouvent des solutions pour maintenir le lien social et ainsi pallier le risque d’isolement auquel tout individu peut actuellement être confronté", commente le Mouvement associatif dans un communiqué du 2 avril. Selon l'enquête, les associations sont notamment actives pour relayer les messages officiels, pour "rendre quelques services aux adhérents (courses, gardes d'enfants...)" (25% des répondants), pour proposer des activités de substitution à distance ou, tout simplement, pour "prendre des nouvelles" de leurs adhérents.

 

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