Valérie Liquet à Marseille

Congrès HLM 2018 - Jean-Louis Dumont : "Le gouvernement peut compter sur nous"

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En ce premier jour de congrès HLM, à Marseille, l'Union sociale pour l'habitat entend avant tout montrer qu'elle n'a pas renoncé à sauver le modèle HLM. Encore groggy après un an de mise en place à marche forcée d'une réforme non voulue, elle assume son nouveau mode opératoire auprès du gouvernement et du Parlement : la persuasion plutôt que la contestation.

"Jusqu'où aller sans dénaturer notre vocation et notre identité liée à une mission d'intérêt général ?"  C'est avec cette question que le président de l'Union sociale pour l'habitat (USH) a ouvert, mardi 9 octobre, le congrès HLM 2018. Une question que Jean-Louis Dumont juge "incontournable" pour envisager collectivement ce que sera "Demain les HLM", le thème du congrès de Marseille et le programme de travail des quelque 4.000 congressistes attendus durant trois jours.
Et même si le gouvernement a "mis le doigt dans un engrenage qui peut se révéler funeste" avec sa réforme du secteur HLM, Jean-Louis Dumont l'assure : "Il peut compter sur nous, nous ne serons ni des témoins impuissants, ni des victimes faciles. Nous voulons être les acteurs de notre avenir."

Une démarche constructive pour sauver le modèle HLM

"Jusqu'où aller ?" Pour les associations de locataires, mécontentes d'avoir été lâchées par l'USH dans son combat contre la réforme HLM, l'USH serait déjà allée trop loin dans son dialogue avec le gouvernement (Jean-Yves Mano, président de la CLCV, a même parlé de "soumission"). En tribune, les représentants des familles HLM qui composent l'USH ont tenté de les convaincre, ainsi que l'ensemble des congressistes, de l'intérêt de retrouver un front uni, non pas dans une posture d'opposition (comme à Strasbourg l'année dernière) mais dans une démarche constructive de propositions visant à sauver le "modèle HLM".
Avoir signé des protocoles d'accord avec le gouvernement (Action Logement en novembre 2017, l'USH en avril 2018, mais pas la fédération des OPH) aurait permis d'être "plus performant dans notre lobbying collectif", a expliqué Valérie Fournier, présidente de la fédération des ESH, la première à avoir signé.
"Au gouvernement, des gens commencent à se rendre compte que le choc de la réforme est important", ajoute-t-elle. Quand on lit le premier texte Elan et celui qui est sorti de la CMP, "on se dit qu'on a servi à quelque chose", observe Denis Rambaud, président de la Fnar (Fédération nationale des associations régionales d'organismes HLM). Il ne faudrait pas donner l'impression d'être "une fédération professionnelle composée de vieux croûtons qui ne veulent pas bouger", a déclaré Marie-Noëlle Lienemann, présidente de la Fédération des coopératives d'HLM, qui appelle à "l'unité du mouvement" pour "ne pas lâcher le modèle républicain du logement social". 

"Respectons tous ensemble la loi de finances, appliquons-là, constatons les conséquences..."

C'est aussi l'avis de Jean-Louis Dumont, qui semble avoir bon espoir de persuader le gouvernement et le Parlement, par des démonstrations chiffrées et argumentées, que la réforme est intenable. Et pour cela, "Respectons tous ensemble la loi de finances, appliquons-là, constatons les conséquences funestes et alors…". Alors il se pourrait qu'une clause de revoyure à l'application de la RLS (Réduction du loyer de solidarité) soit introduite par amendement gouvernemental dans le projet de loi de finances pour 2019. Cela signifierait revenir sur les conditions posées dans la LFI  2018 visant à faire porter aux organismes HLM la réduction des dépenses APL de l'Etat de 800 millions d'euros en 2018 et en 2019, puis d'1,5 milliard en 2020.
Alors il se dit aussi, dans les couloirs du congrès HLM de Marseille, que le ministre du Logement, quel qu'il soit, serait bien inspiré de formuler une belle annonce en ce sens, qui permettrait de poursuivre la réforme dans un climat plus apaisé. Le terrain est prêt.

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