Jeunesse et égalité des chances : des "stratégies ruralité" en préparation

L'Agence nationale de la cohésion des territoires travaille à l'élaboration de "stratégies ruralité" pour rendre plus "visibles" les dispositifs gouvernementaux mis en œuvre en faveur des territoires ruraux, notamment à destination des jeunes. Dans les quartiers de la politique de la ville, l'enjeu est davantage de coordonner un grand nombre d'actions et de partenaires, par exemple via les cités de l'emploi. Le 1er avril 2021, deux représentants de l'ANCT ont répondu aux questions des sénateurs de la mission d'information sur l'égalité des chances et de l'émancipation de la jeunesse. 

Dans le cadre de la mission d'information sur la politique en faveur de l'égalité des chances et de l'émancipation de la jeunesse (voir notre article du 15 mars 2021), des sénateurs ont auditionné le 1er avril 2021 deux représentants de l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT).

Des "stratégies ruralité" présentées en mai ou juin

L'occasion d'apprendre que des "stratégies ruralité" seront présentées lors du prochain comité interministériel aux ruralités qui se tiendra en mai ou en juin après celui de novembre dernier (voir notre article du 16 novembre 2020). L'objectif de ces documents en cours d'élaboration : "donner de la visibilité" à l'ensemble des dispositifs portés par les différents ministères en faveur des territoires ruraux, dans le cadre de l'Agenda rural ou pas, a expliqué Simone Saillant, directrice des programmes "ruralités" et "montagne" à l'ANCT. Sur le volet "égalité des chances", cette dernière a notamment évoqué les territoires éducatifs ruraux expérimentés actuellement dans trois académies du nord de la France (voir notre article du 18 janvier 2021).

À destination de la jeunesse, d'autres dispositifs prévus dans l'agenda rural ont été énumérés : les Cordées de la réussite (touchant actuellement 24.000 jeunes en zone rurale), les Campus connectés (19 campus ouverts à la rentrée 2020 au bénéfice de 400 étudiants), la Boussole des jeunes sur l'accès aux droits (sept territoires couverts, 25 territoires bientôt dans la démarche et 29 autres territoires intéressés), le déploiement de "simulateurs de conduite" dans les missions locales ou encore les programmes d'engagement citoyen et de mobilité (service civique, Erasmus, service national universel). Nommés récemment par Joël Giraud, secrétaire d'État en charge de la ruralité, 67 "référents ruralités" dans les ministères et les préfectures de département ont pour mission de s'assurer de la bonne mise en œuvre, en lien avec les collectivités et autres partenaires, de l'agenda rural.      

Dans les QPV, s'y retrouver parmi les nombreux dispositifs, "ça devient extrêmement compliqué"

Si en zone rurale on cherche à rendre "visibles" des actions menées depuis quelques années, en zone urbaine il est plutôt question de coordonner un très grand nombre de dispositifs portés depuis de nombreuses années par beaucoup d'acteurs et de rentre l'ensemble "lisible" pour les jeunes. Rien qu'en Île-de-France, une cinquantaine de dispositifs auraient trait à l'emploi dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). "La préfecture de région a édité un calepin présentant l'ensemble de ces dispositifs parce que pour les connaître, ça devient extrêmement compliqué", a observé François-Antoine Mariani, directeur général délégué à la politique de la ville à l'ANCT.

Cette coordination, c'est l'objet des nouvelles cités de l'emploi. Ces dernières sont destinées à réunir environ une fois par mois l'ensemble des acteurs concernés, "pour passer le territoire et les jeunes au crible" et parvenir ainsi "à suivre un jeune sans rupture entre les différents âges et passages", a précisé François-Antoine Mariani. "On en a labellisé 24, on va monter jusqu'à 60, dont 6 en Île-de-France", a-t-il ajouté, indiquant que des plans régionaux d'insertion pour la jeunesse pourront être labellisés. Pour animer ce dispositif, notamment via des recrutements spécifiques, les préfectures bénéficieront d'un financement pouvant aller jusqu'à 100.000 euros. Parallèlement, à l'ANCT, une mission "grande équipe de la réussite républicaine (Gerr)", voulue par Julien Denormandie quand il était ministre de la Ville et du Logement, travaille à "animer et organiser le travail des acteurs sur le terrain de façon transversale".

 

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