La communauté d'agglomération du Douaisis met le holà aux inondations

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Améliorer la gestion des eaux pluviales, endiguer les inondations : la communauté d'agglomération du Douaisis (Nord) a opté pour le développement de techniques innovantes tels les tranchées drainantes, les puits d'infiltration, les noues (1), les enrobés poreux... Autant d'alternatives aux classiques tuyaux d'évacuation et à la logique du tout-à-l'égout. Avec près de 500 ouvrages réalisés depuis la fin des années 90, 20% du territoire intercommunal est aujourd'hui équipé.

Faute de trouver des solutions efficaces aux inondations récurrentes, la communauté d'agglomération du Douaisis (CAD, 157.000 habitants) a décidé de changer totalement son approche en matière de gestion des eaux pluviales. "Après cinq années successives d'inondations et d'efforts financiers importants (deux millions d'euros), la CAD a opté pour les techniques alternatives afin d'améliorer son réseau d'assainissement", explique Jean-Jacques Herin, directeur Aménagement, Réseaux et Constructions à  la communauté d'agglomération du Douaisis et président de l'Adopta (Association douaisienne pour la promotion des techniques alternatives). "Les outils ne sont pas foncièrement nouveaux, mais c'est l'état d'esprit qui change : éviter la logique du tout-à-l'égout pour favoriser la gestion des eaux pluviales par l'infiltration ou par rejet au milieu naturel superficiel préexistant. Le grand principe consiste à respecter le cycle long et naturel de l'eau, existant avant que l'homme envisage une opération d'urbanisme. En cas d'orage violent, avec l'urbanisation supplémentaire sans gestion alternative, le réseau arrive rapidement à saturation et provoque inondations et débordements des stations d'épuration." En plus d'une nouvelle réglementation et du ciblage des zones urbaines sensibles, la CAD s'implique systématiquement en amont des projets d'aménagement afin d'intégrer les techniques alternatives à l'élaboration des ouvrages. Par ailleurs, les services d'assainissement de l'agglomération ont été renforcés : "Deux à trois personnes travaillent à temps plein en comptant les démarches administratives (permis de construire, déclaration d'intention de commencement de travaux...), les relations avec les professionnels et les contrôles", conclut Jean-Jacques Herin. Enfin, le volet animation est assuré par l'Adopta : depuis 1997, l'association s'occupe de la diffusion de ces outils auprès des professionnels (fiches techniques, formations et entretiens...) et des autres acteurs intéressés (circuits de visites de sites, conférences...).

 

Les 500 ouvrages réalisés couvrent 20% de l'agglomération

Ces techniques permettent de penser différemment l'urbanisation en aménageant des espaces à double fonction et de réduire ainsi le nombre d'infrastructures dédiées uniquement à la gestion des eaux pluviales. "Les différents ouvrages s'appuient sur le stockage temporaire des eaux de pluie et leur infiltration dans le sol quand celui-ci est perméable ou par un rejet au milieu naturel superficiel composé des zones de ruissellement préexistantes, explique Jean-Jacques Herin. On intègre ces outils aux projets d'espaces verts (noues), à la construction de nouveaux lotissements ou à la rénovation de voieries (chaussées réservoirs et puits d'infiltration)." Bien que les investissements en matière d'assainissement restent conséquents, cette méthode ne génère pas de surcoût : en dehors de l'étude d'ingénierie de départ, le double ouvrage (l'objectif est de faire deux choses en même temps : la chaussée gère aussi les eaux de pluie, tout comme l'espace vert qui intègre une noue) utilise les matériaux et les compétences classiques du BTP. "Les retombées financières restent difficiles à évaluer, mais en termes d'efficacité, les résultats sont visibles : l'orage centennal de 2005 n'a provoqué aucune inondation dans les secteurs équipés", se réjouit Jean-Jacques Herin. Autre exemple convaincant : alors que la CAD prévoyait de construire sur la  station d'épuration un bassin de stockage des eaux de temps de pluie de 18.000 mètres cubes initialement, celui qui a été  récemment inauguré a une capacité de 5.500 mètres cubes. Pour l'entretien, la CAD a mis en place un système d'information géographique répertoriant l'ensemble des ouvrages intégrant ces techniques et avertit les équipes d'entretien et les entreprises avant intervention sur le domaine public.

 

 

Laura Henimann / PCA, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

 

(1) Fossé plat paysagé servant à la rétention et l'écoulement des eaux.

Douaisis agglo

Nombre d'habitants :

158000

Nombre de communes :

35
746, rue Jean-Perrin, parc d'activités de Dorignies- BP 300
59351 Douai Cedex

Jean-Jacques Herin

Directeur du service de l'assainissement
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