Bas-Rhin

La communauté urbaine de Strasbourg abandonne les désherbants

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Depuis 2008, tous les services de la ville et de la communauté urbaine de Strasbourg qui ont en charge des espaces publics abandonnent progressivement l’usage des produits phytosanitaires. Une démarche accompagnée par l’agence de l’eau Rhin-Meuse et appuyée par un plan de communication en direction des habitants.

Dès 2007 de sa propre initiative, le service Propreté urbaine de la communauté urbaine de Strasbourg avait arrêté tout désherbant. Car la pression réglementaire était de plus en plus contraignante. En parallèle, le service des espaces verts finalisait sa gestion différenciée des espaces, pratiquait une utilisation raisonnée des produits phytosanitaires et testait des méthodes de lutte biologique intégrée dans ses serres. Convaincus du bien-fondé d’une démarche de réduction des pollutions par les pesticides en zone urbaine, les élus ont décidé d’étendre progressivement ces mesures aux services de l’éducation, du sport, de la culture et des cimetières, qui gèrent eux aussi des surfaces végétales avec l’objectif, réduire à zéro l’utilisation des produits phytosanitaires en trois ans.

Des nouveaux réflexes et une nouvelle culture

Fin 2007, une convention fut signée avec l’agence de l’eau Rhin-Meuse, qui apporte des conseils sur les méthodes alternatives de désherbage, et un soutien financier en prenant en charge 50% des dépenses d’acquisition de matériels nouveaux. Les produits phytosanitaires ont été beaucoup utilisés à cause de leur excellent rapport coût/efficacité, et s’en passer ne va pas de soi. Dans la mesure où ce projet s’est mis en œuvre à moyen constant, au niveau du fonctionnement, il a fallu revoir les critères sur le niveau d’acceptabilité de la flore spontanée en ville puisque l’objectif n’était pas d’avoir le même résultat qu’en utilisant les désherbants mais au contraire d’accepter cette nouvelle présence végétale, là où elle n’était pas tolérée précédemment. Le service de la propreté urbaine, par exemple, a dû équiper ses engins de brosses métalliques plus efficaces, de renforcer le binage manuel, le fauchage débroussailleuse et la tonte. Les espaces vert ont acquis des herses de désherbage, des brûleurs, et généralisé l’emploi de paillage et plantes couvre-sol. Cette décision radicale oblige surtout à une gestion différenciée des espaces verts, et à un nouveau regard de tous sur le paysage urbain et sur la présence de la nature en ville quand elle est d’origine spontanée. Il faut accepter que des espaces soient désherbés mécaniquement, et que d’autres soient seulement tondus ou d’autres encore laissés en l’état. Le service des cimetières a rénové certaines allées sablées avec un mélange de sable concassé et liant pouzzolanique perméable à la pluie et qui empêche la pousse des végétaux, et en a engazonnées d’autres.

Communication en appui et formation interne

Pour que la population accepte ces changements et comprenne que "les herbes sur les trottoirs ne sont pas nécessairement mauvaises”, la communauté urbaine a bâti un plan de communication spécifique : campagne d’affichage, mallettes pédagogiques sur la nature en ville. Une stagiaire en animation, passionnée de nature, a imaginé un parcours ludique “Découverte de la flore des trottoirs”, et y a guidé des habitants des quartiers, leur désignant les herbes autochtones, les invasives, les pâquerettes ordinaires et les exotiques dont personne ne soupçonne l’existence.
En plus de la communication externe il a fallu aussi accompagner les agents de la collectivité par la biais de formations internes pour leur expliquer les nouvelles méthodes de travail et les nouvelles exigences liées à l’absence de produits phytosanitaires. Pour certains d’entre eux ce changement fut une véritable révolution culturelle dans la mesure où pendant des années on leur avait demandé que toute présence végétale devait être proscrite

Le paysage urbain doit changer

Quatre ans après la décision, les six services concernés vont tirer le bilan de l’opération. Il est certain que le “zéro phyto” a été atteint à plus de 90%. En revanche, le coût global serait très difficile à calculer, les éléments étant très nombreux et très dispersés dans la comptabilité communautaire. Dans la mesure où cette opération s’est réalisée à moyens constants il y a eu un ré-équilibrage des activités en particulier chez les jardiniers qui tondent moins certaines pelouses mais désherbent un peu plus et gèrent différemment de nouvelles surfaces tels certains sablés qui se retrouvent végétalisés.
Le plus important, pour Romuald Sutter, chef du service Propreté urbaine, est de faire accepter avec les élus, aux agents et à la population que pour le bien de l’environnement, de la protection de notre ressource en eau et de la biodiversité, que le paysage urbain doit changer. La communauté urbaine inscrit désormais cette exigence dans les cahiers des charges des aménageurs.

Jean-Luc Varin / Agence Traverse, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Contact(s)

Communauté urbaine de Strasbourg

Centre administratif - 1, parc de l'Etoile -
67076 Strasbourg cedex
03 88 60 90 90
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Nombre de communes : 28
Nom de la commune la plus peuplée : Strasbourg (276401 hab.)

Françoise Buffet

adjointe au maire de Strasbourg, chargée du développement durable

Andrée Buchmann

vice-présidente de la communauté urbaine, en charge de l'écologie, du développement durable et des espaces verts

Romuald Sutter

chef du service Propreté urbaine
romuald.sutter@strasbourg.eu

Louis Tissier

chef du service Espaces verts et nature
louis.tissier@strasbourg.eu
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