La French Tech met le cap sur la réindustrialisation

Le président de la République veut faire de la French Tech le bras armé de la réindustrialisation. La French Tech compte d’ores et déjà 18 usines implantées dans les territoires, chiffre qu’Emmanuel Macron veut porter à 100 d’ici 2025.

Devant les représentants de l'écosystème tricolore (investisseurs, associations, représentants de capitales French Tech…), Emmanuel Macron, a révélé le 20 février les lauréats 2022 de la French Tech Next40/FT120. Pour mémoire, l’entrée dans ce prestigieux palmarès ouvre aux lauréats le bénéfice d’un accompagnement d’un an par la mission French Tech pour les aider à devenir des leaders mondiaux dans leur domaine. Il est établi selon des critères de performance économique : levée de fonds, forte croissance et origine de l’entreprise. Le palmarès compte ainsi au moins deux entreprises de chaque région hexagonale et au moins deux entreprises issues des régions et territoires d'outre-mer.

Montée des greentech et deeptech

Au total, 27 entreprises nouvelles (contre 30 en 2022) font leur entrée dans le palmarès, dont 11 dans le top Next40. La sélection compte :
- 10 start-up dans la transition écologique, dont 7 nouvelles, EcoVadis, Electra, Flying Whales, Innovafeed, NW Storm, Verkor, ZePlug qui rejoignent Back Market, BlaBlaCar et Ynsect ;
- 7 start-up industrielles, dont 3 nouvelles, Flying Whales, Innovafeed, Verkor, qui rejoignent DNA Script, Exotec, Ledger et Ynsect ;
- 8 start-up deeptech (terme qui désigne les technologies de rupture mettant plusieurs années à émerger), dont 3 nouvelles, Flying Whales, Innovafeed, Verkor, qui rejoignent DNA Script, Exotec, Ledger, Loft Orbital et Ynsect.
La promotion compte par ailleurs 26 "licornes", terme qui désigne les sociétés ayant levé plus de 100 millions d’euros. Côté féminisation, la marge de progression reste importante avec seulement 15 femmes CEO sur 120, un chiffre toutefois trois fois plus important qu’en 2020.

18 usines en région

Une sélection "à l’image du projet de transformation que porte le gouvernement avec France 2030" : "Une part croissante des start-up retenues participent au renforcement de son excellence technologique et à sa réindustrialisation. Avec leurs innovations de rupture et leur ambition, elles contribuent très concrètement à l’atteinte des objectifs de France 2030 fixés par le président de la République", souligne le communiqué de la French Tech. Au total, ce sont notamment 18 usines qui ont vu le jour dans les territoires. On citera ainsi Verkor, le champion des batteries basé à Dunkerque ; Innovafeed, spécialisée dans l’exploitation des protéines d'insectes sis à Nesle (80) et Gouzeaucourt (59) ; Flying Whales, concepteur d’aérostats bas carbone établi à Laruscade (33) ; Iten, un fabricant de batteries qui vient d'ouvrir un nouveau site à Chalon-sur-Saône (71) ou encore Aledia, fabricant de MicroLED dont l’usine ouvrira bientôt à Champagnier (38).

Un objectif de 100 sites industriels

Une dynamique territoriale que le président de la République entend poursuivre. Emmanuel Macron vise désormais la création de 100 sites industriels issus de la French Tech d'ici deux ans. Invitant l’écosystème français à "accélérer", il a annoncé que d’ici à cet été, la mission French Tech identifierait et accompagnerait 100 entreprises françaises et technologiques positionnées sur les objectifs de France 2030. Il souhaite aussi la création de 500 start-up deeptech par an d'ici à 2030 et a rappelé l’objectif de 25 licornes greentech parmi les 100 espérées pours 2025. Côté financements, il a invité les institutionnels à ne "pas attendre que ça aille mieux pour investir" et a souhaité que les Français puissent investir dans les jeunes pousses françaises.