Meurthe-et-Moselle

La gestion des déchets verts en milieu rural par la mise en réseau de plates-formes de compostage

Environnement

Energie

Les sites BioLoQual initiés par l'Ademe sont des micro plates-formes de compostage pour la gestion de proximité de petites quantités de bio-déchets. Dans la communauté de communes de Colombey et du Sud Toulois (Meurthe-et-Moselle), ces plates-formes sont implantées sur des terrains mis à disposition par les communes volontaires. Elles fonctionnent sur la base de l'apport volontaire ; les équipes communales ou un agriculteur en assure l'exploitation. Ce dispositif souple s'adapte aux conditions locales et aux attentes des différents acteurs (agriculteurs, habitants, élus).

Au départ...

Comment traiter et valoriser les déchets verts dans 42 communes rurales dispersées sur 36 km2 et comptant 10.000 habitants ? Les élus de la communauté de communes recherchent une solution proche des habitants, peu coûteuse en infrastructures et en transport. Ils mettent en place un réseau de plates-formes de déchets verts, dans le cadre du dispositif expérimental national " BioLoQual ", initié par l'Agence de l'environnement de la maîtrise de l'énergie (Ademe), qui permet une gestion de proximité de petites quantités de bio-déchets à l'échelle d'un hameau, d'une commune ou d'un territoire intercommunal rural.

En cours de route...

La communauté de communes privilégie la démarche volontaire des communes : un appel à proposition est lancé auprès de chacune d'elles et conduit à la création de sept sites " BioLoQual " communaux plus un huitième pour deux communes, en partenariat avec une exploitation maraîchère puis un agriculteur.
Les sites BioLoQual sont des mini plates-formes de compostage implantées sur des terrains mis à disposition par les communes volontaires, dans le cadre d'une convention avec la structure intercommunale. Chaque mini plate-forme est composée de trois box de 2,5 mètres de côté : un pour les "tontes", un pour les "branches" et un pour les "autres déchets verts" (déchets de cuisine).

L'exploitation des sept sites communaux est assurée par la communauté de communes, qui mobilise son équipe d'insertion pour broyer les branches et le mélange à l'aide d'un broyeur mobile thermique à alimentation manuelle (le retournement manuel des bio-déchets se fait sous la forme d'andains : aération naturelle). Réalisé grâce à l'apport volontaire des habitants (les habitants des communes environnantes pouvant aussi déposer leurs déchets verts), la totalité du compost est mis à la disposition de la population locale.
Lié à l'exploitation maraîchère, le site BioLoQual est situé sur un terrain mis à disposition par une commune dans le cadre d'une convention avec la communauté. Son fonctionnement est similaire à celui des sept sites communaux, excepté pour le retournement et la valorisation du compost. A la création du site, le retournement mécanique a été assuré par l'exploitation maraîchère qui a récupéré le compost. La plate-forme a été ensuite reprise par un autre agriculteur : les déchets sont acheminés vers une plate-forme de compostage agricole gérée par une coopérative d'utilisation de matériel agricole (Cuma). Le succès de cette expérimentation encourage les élus à recenser les besoins des communes non couvertes et à mobiliser des agriculteurs locaux pour assurer l'exploitation de nouvelles mini plates-formes.

En 2003 et 2004, huit nouvelles plates-formes couvrant neuf communes sont créées. Elles sont exploitées par des agriculteurs et les terrains qui les accueillent sont mis à la disposition de la communauté par les communes par convention. L'exploitation de chaque site est assurée par un agriculteur qui signe une convention tripartite avec la communauté de communes et la commune concernée.
Le fonctionnement de ces plates-formes est adapté aux besoins des agriculteurs, de la commune et de la population ; c'est pourquoi chaque site fonctionne différemment : le nombre et la taille des box est variable, sachant que peu d'agriculteurs s'intéressent aux branchages ; l'intervention du broyeur intercommunal est adaptée aux besoins, le compost est mis à la disposition des agriculteurs et/ou de la population.
Le réseau des plates-formes de déchets verts couvre aujourd'hui l'ensemble des besoins des communes du territoire :
- sept communes disposent d'un site communal émanant du dispositif "BioLoQual" ;
- deux communes partagent un site BioLoQual géré aujourd'hui par un agriculteur ;
- neuf communes bénéficient d'une plate-forme exploitée par des agriculteurs ;
- les autres communes ont conventionné avec des déchetteries voisines ou ont accès à la déchetterie intercommunale.

Les moyens mobilisés et les partenaires...

Cette opération a été coordonnée par un groupe d'élus, de techniciens, de représentants de la chambre d'agriculture et de l'Ademe. Aujourd'hui, elle est suivie par le pôle "gestion des déchets" et animée par l'ambassadeur du tri de la communauté de communes.
Les terrains étant mis à disposition par les communes et le matériel fourni par les agriculteurs, cette opération a nécessité peu d'investissement. Pour l'achat du broyeur thermique, la communauté a reçu une aide de l'Ademe (70% du coût). Ayant bénéficié du soutien de celle-ci au lancement, la communauté assume aujourd'hui la totalité des coûts de fonctionnement : l'intervention de l'équipe d'insertion intercommunale et la rémunération des agriculteurs (environ 600 euros par an).

Pour quels résultats...

Le bilan est positif : aujourd'hui, la présence de déchets verts dans les ordures ménagères est résiduelle. De plus, la mobilisation des communes, des agriculteurs et de la population a globalement bien fonctionné. Cette réussite est due à la souplesse du dispositif, à sa capacité d'adaptation aux conditions locales, permettant de répondre aux attentes des différents acteurs.
Les principales difficultés rencontrées par les élus sont d'ordre technique : la qualité moyenne du compost (pas d'arrosage des andains, exploitation parfois irrégulière des plates-formes) et la gestion des branchages (enchevêtrement).

Et aujourd'hui ?

L'opération avec les agriculteurs est encore récente, une évaluation du partenariat sera réalisée à moyen terme. Pour résoudre le problème de l'enchevêtrement des branchages, l'achat d'un broyeur plus puissant est envisagé

Thomas Bailly, chargé de mission au centre permanent d'initiatives pour l'environnement de la Moyenne Montagne vosgienne

Le conseil des élus

"Cette action a un double intérêt :
- un intérêt écologique : les déchets sont valorisés au lieu de se retrouver dans les ordures ménagères ; le dispositif est conçu au plus près des habitants, cela participe à la prise de conscience des problèmes environnementaux ;
- un intérêt économique, puisque le dispositif est moins coûteux qu'une plate-forme industrielle.
Pour réussir un tel projet, il faut impliquer un maximum d'acteurs et rechercher le consensus le plus large. Cela exige du temps."

Contact(s)

Communauté de communes du Pays de Colombey et du Sud-Toulois

6 impasse de la Colombe - BP 12
54170 Colombey-les-Belles
03 83 52 08 16
03 83 52 85 25
contact@pays-colombey-sudtoulois.fr
Nombre d'habitants : 11500
Nombre de communes : 39
Nom de la commune la plus peuplée : Colombey-les-Belles (1200 hab.)

Morgan Besrechel

Chargé de mission communication
Communication@pays-colombey-sudtoulois.fr

Marcel Marlot

Conseiller communautaire et responsable du pôle Déchets

Rénovation thermique des bâtiments publics

Une priorité du Grand Plan d’Investissement pour favoriser les économies d’énergie, réduire les émissions de CO2 et encourager le développement des énergies propres.

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