La gestion d'une activité de vélorail touristique

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Haute-Loire

A la suite de l'achat par le Sivom, en 1996, d'une infrastructure ferroviaire aménagée en vélorail, la communauté de communes Cayres et Pradelles (Haute-Loire) a repris la gestion et le développement de cette activité économique importante pour ce territoire rural. Plus de 14.000 personnes ont déjà fréquenté les divers circuits proposés. Un projet d'acquisition de la gare, transformée en billetterie et lieu de restauration, est à l'étude.

Au départ...

En 1996, une infrastructure ferroviaire (voie ferrée, tunnels, bâtiments, etc.) traversant cinq communes du Pays de Pradelles est mise en vente par Réseau ferré de France. A l'époque, le Sivom en place la perçoit comme un outil idéal de mise en valeur du territoire. Il le rachète en 1998 pour 100.000 euros, avec une aide à hauteur de 50% du conseil général, et organise une activité estivale de tourisme : le vélorail. Pendant trois ans, un système de gestion en régie est mis en place, avec du personnel saisonnier recruté quatre mois par an par le Sivom.
En 2001, la communauté de communes du Pays de Cayres et de Pradelles hérite du dossier. Elle décide de professionnaliser l'activité : les mesures de sécurité demandent une attention grandissante (des contrôles fréquents sont effectués par un organisme extérieur) et l'augmentation régulière de la fréquentation incite à allonger la période d'accueil au-delà de quatre mois.

En cours de route...

Deux emplois jeunes sont créés en avril 2002 : un régisseur principal pour encadrer le personnel saisonnier, assurer la partie administrative et la promotion de l'activité, et un responsable technique pour s'occuper du matériel et entretenir la voie. Leur emploi du temps est adapté aux saisons : 22 heures 30 hebdomadaires en basse saison, 39 heures en moyenne saison et 44 heures en haute saison. Des saisonniers sont également employés pour répondre aux besoins.
Cinq ans après l'acquisition du foncier, l'activité vélorail emploie deux permanents sur l'année et cinq saisonniers (quatre employés techniques pour entretenir le matériel et une personne assurant l'accueil des visiteurs, répartis en deux équipes, le matin et l'après-midi). L'activité est montée en puissance avec cinq mois d'ouverture en 2002, puis six mois en 2003, du 1er mai au 31 octobre. Les onze vélos sont utilisés à plein temps sur le créneau 9 heures-19 heures.
Deux circuits sont proposés sous forme d'un aller-retour Pradelles-Landos (15 kilomètres l'aller-retour, 3 heures en montée à l'aller puis en descente au retour) ou Pradelles-Langogne (5 kilomètres l'aller-retour, 1 heure en descente à l'aller puis en montée au retour).  Pour un public troisième âge, la descente seule du parcours Pradelles-Langogne est proposée et les vélorails sont tractés jusqu'au point de départ par une machine spéciale, la motolorry.
La location est proposée de 1 heure à 4 heures, selon la condition physique et la disponibilité des personnes, pour un prix de 12,50 euros, 21,50 euros, 30,50 euros ou 39,50 euros. Des tarifs de groupe sont également proposés, à partir de cinq vélorails, pour 10,50, euros, 20 euros, 27,50 euros ou 33,50 euros, chacun pouvant accueillir au minimum deux adultes pour pédaler et deux adultes ou trois enfants comme passagers.

Avec une fréquentation de 11.000 personnes en 2002 pour cinq mois d'ouverture, et près de 13.000 en 2003 après quatre mois seulement, le pari du développement touristique du territoire est gagné. Le budget de l'activité est intégré à la comptabilité de l'intercommunalité, à partir d'un prévisionnel dépenses/recettes annuelles. Les coûts d'investissements de base ont concerné le foncier, supporté à 50% par le conseil général, les vélos, financés pour huit sur les onze existants par le syndicat mixte pour l'aménagement touristique du Haut-Allier et la machine d'intervention sur la voie. Les coûts d'entretien et d'investissement légers (tables de pique-nique...) s'élèvent à 10.000 euros par an. Le chiffre d'affaires permet à l'activité de s'autofinancer ; celle-ci assure des retombées économiques directes pour la commune où a lieu le départ du circuit (restauration...).

Les moyens mobilisés et les partenaires...

L'opération a été pilotée, au sein du Sivom puis de la communauté de communes, par une commission Tourisme, Loisirs et Culture, composée de neuf délégués (maires et adjoints) et des deux agents de développement (emplois jeunes) depuis 2002, se réunissant quatre fois par an.
Le coût d'investissement se répartit entre l'acquisition du foncier par l'ex-Sivom et le conseil général (45.735 euros) et l'acquisition des vélos, financée à 50% par le syndicat mixte pour l'aménagement touristique du Haut-Allier (huit vélos : 16.312 euros).

Pour quels résultats...

Jean-Louis Reynaud, responsable de la commission, estime que le succès de l'opération tient avant tout à la diversité des paysages traversés et aux panoramas offerts, mais aussi à une association locale de bénévoles qui, en 1993 et 1997, a empêché l'enlèvement des voies ferrées.
Si l'activité a beaucoup de succès auprès des touristes et de la population locale, les conditions d'accueil du public s'avèrent pour le moment insuffisantes. L'espace autour de l'installation ferroviaire est trop limité et il manque à la communauté de communes un lieu permanent pour organiser la billetterie et offrir un accès aux sanitaires (l'accueil se fait actuellement dans un petit chalet en bois). Un plus grand espace permettrait également de mettre en place une vente de produits locaux, une information sur le territoire...
Même si seules les communes de départ et d'arrivée bénéficient des retombées économiques, la communauté de communes est dans l'ensemble favorable à ce projet qui est la seule action touristique développée. Pour quelques élus toutefois, le projet peut apparaître d'importance mineure par rapport à d'autres dossiers qui impliquent de mobiliser la majorité des ressources humaines de la structure. Le maire de Landos estime que, de ce fait, le tourisme économique n'est pas toujours unanimement soutenu.

Et aujourd'hui ?

En 2004, la communauté de communes projetait d'acquérir une ancienne gare pour y installer la billetterie, offrir une restauration légère et servir de vitrine du territoire par la vente de produits locaux, la proposition d'une information sur le territoire...
La promotion de cette activité va s'étendre aux clubs des aînés qui peuvent faire la balade dans le sens de la descente uniquement, les vélos étant remontés mécaniquement. D'autre part, l'activité est désormais référencée au niveau national par le Service technique des temontées mécaniques et des transports guidés (ministère des Transports). Des rencontres avec d'autres vélorails de France (18 en tout) permettent d'améliorer l'existant et de développer de nouvelles idées.
Un projet à plus long terme serait de prolonger le circuit afin de relier l'intercommunalité au Puy-en-Velay. L'ancienne voie ferrée a certes disparu au-delà de la portion exploitée, mais un bitume permettrait de poursuivre la découverte du territoire autrement qu'en vélorail. C'est ici un public en fauteuil roulant, en rollers, en calèche ou des randonneurs qui pourraient profiter de l'aménagement. Une évolution favorable du projet pourrait également permettre la pérennisation des deux postes emplois jeunes. La gestion de l'activité par un prestataire privé n'est parallèlement pas exclue si la communauté de communes souhaite s'en détacher à terme.

Willy Guieau, chargé de mission Centre permanent d'initiatives pour l'environnement du Velay

Communauté de communes des Pays de Cayres et de Pradelles

Nombre d'habitants :

5202

Nombre de communes :

19
Le Bourg
43490 Costaros
cccayres.pradelles@wanadoo.fr

Jean-Louis Reynaud

Maire de Landos
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