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La région Alsace soutien la construction bois

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Le conseil régional d'Alsace a mis en place en 2001 un dispositif d'aides au bois-construction qui concerne les ouvrages neufs et s'adresse aux collectivités locales, aux associations et aux opérateurs sociaux. En favorisant l'utilisation du bois-construction, l'objectif est à la fois de soutenir la filière bois et de participer à la lutte contre le réchauffement climatique.

Avec 312.000 hectares de forêts, l'Alsace est la troisième région la plus boisée de France. "Pour vivre et bien se conserver, une forêt doit être exploitée et entretenue, rappelle Robert Iltis, chef de projet au conseil régional d'Alsace. En plus des bois de papeterie et de chauffage, les bois pour le bâtiment font partie de l'équilibre général." Cet argument, est l'un des éléments qui a conduit le conseil régional d'Alsace à mettre en place une politique de soutien à la construction bois. Ce matériau redevient d'actualité sur tout le territoire français, notamment grâce à ses qualités vis-à-vis de la protection de l'environnement. Pendant leur croissance, les arbres absorbent de grandes quantités de dioxyde de carbone (CO2) qui est stocké une fois le bois ouvragé : on considère qu'un mètre cube de bois mis en oeuvre permet de stocker une tonne de CO2. Par ailleurs, le bois en construction possède d'autres atouts : la légèreté, la faible consommation d'énergie à la fabrication des produits et, à l'inverse des idées reçues, une capacité à résister mécaniquement en cas d'incendie... Enfin, le dispositif régional d'aide au bois construction vise à dynamiser une filière bois qui compte dans l'économie alsacienne : la première transformation (scieries et industrie lourde) et la deuxième transformation (charpentiers, menuisiers...) représentent environ 25.000 emplois directs et indirects.

 

Des opérations hors logement aidés

Le dispositif, voté en 2001, s'adresse aux collectivités locales et associations et concerne avant tout les ouvrages neufs. Le taux d'aide calculé sur le montant plafonné des lots bois utilisés pour les structures, les bardages, les menuiseries extérieures et intérieures, est en cours de révision. Deux conditions sont imposées : les bois doivent être d'origine européenne et le projet doit faire l'objet d'une étude de structures. Cette étude peut également être aidée, à hauteur de 3% du montant des lots bois, plafonnés. "Cette aide sur la partie étude est très importante, souligne Sacha Young, délégué général de l'association interprofessionnelle Fibois, car la conception globale d'un bâtiment en bois demande un sérieux travail de conception et de réflexion en amont avec des bureaux d'études et d'architectes." La prise en compte d'un dossier par la collectivité territoriale n'exige pas du "tout bois". Des solutions mixtes (bois-béton ou bois-métal) répondent souvent mieux à certaines configurations, à tout point de vue.
Depuis 2001, près de cent cinquante chantiers ont bénéficié de ce système de soutien, pour un volume de bois mis en oeuvre de presque 10.000 m3 (on considère que 70 m3 de bois extrait en plus de la forêt correspond à un emploi direct). Le rythme actuel est de soixante nouveaux dossiers par an environ. Les types de construction revenant le plus souvent sont les écoles, les maisons pour la petite enfance, les sièges des collectivités.

 

Depuis le début 2007, un logement social sur deux est construit en ossature bois

A noter, depuis deux ans, une très forte progression dans le domaine du logement social neuf. "Depuis le début de l'année 2007, une opération sur deux dans le logement social utilise l'ossature bois, précise Edouard Kieffer, responsable du service Habitat au conseil régional. Ce type de chantier est très efficace en ville : avec les bois préfabriqués, il n'y a pas besoin de grues et les chantiers sont plus rapides." "Il y a encore quelques années, l'a priori vis-à-vis de la construction bois était négatif, souligne le délégué général de Fibois. Le dispositif régional a le mérite d'inciter à envisager l'utilisation du bois. Par ailleurs, le soutien aux bâtiments publics est une bonne option car ils servent de vitrine et cela agit indirectement sur les maisons individuelles. Le pourcentage de maisons individuelles en bois est de 8% en Alsace, contre 4% en moyenne nationale."

 

Améliorer la formation des architectes et techniciens

Un des obstacles au développement du bois construction est la formation des professionnels : dans la formation initiale des architectes et des techniciens, l'enseignement des disciplines du bois construction occupe une place encore faible. Cette lacune est en partie compensée par des cycles de formation continue. Le conseil régional d'Alsace et Fibois, avec l'aide du ministère de l'Agriculture, ont ainsi formé, sur 2001-2003, cent trente architectes et techniciens en sessions de six jours. Par ailleurs, se pose la question de l'emploi des produits bois industrialisés par rapport au bois massif. "Dans l'objectif de redonner au bois construction la place qui lui revient culturellement et naturellement, il serait dommageable que le bois massif soit perdant, d'autant plus que la forêt alsacienne est de qualité et très largement éco-certifiée, rappelle Robert Iltis. Toutefois, les dispositifs de soutien n'ont pas vocation à être pérennisés : il faudra à terme que les techniques constructives pour le bois soient suffisamment assises, techniquement et économiquement, pour se maintenir et se développer sans aides publiques, si ce n'est au profit d'opérations de démonstration."

 

Maryline Trassard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Contact(s)

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Nombre de communes : 903

Robert Iltis

Chef de projet
robert.iltis@region-alsace.eu

Edmond Kieffer

Chef de projet
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