L'accueil des gens du voyage à Chinon

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Indre-et-Loire

En 2000, la commune de Chinon (Indre-et -Loire) applique le schéma départemental de création d'aires d'accueil pour les gens du voyage. Trois zones devront être créées pour accueillir chacune huit emplacements. La communauté de communes Rivière Chinon Saint-Benoît-la-Forêt, qui a vu le jour en 2002, reprend la compétence en 2003 et souhaite mener à son tour une politique d'accompagnement éducatif et social afin d'intégrer le mieux possible les populations vivant dans ces aires d'accueil.

Au départ...

Très fréquenté par les gens du voyage, le Chinonais n'avait aucune structure d'accueil destinée à les accueillir en raison de l'opposition des populations locales. En 2000, les lois Voynet et Besson imposent aux collectivités d'appliquer le schéma départemental de création d'aires d'accueil pour les gens du voyage. La commune de Chinon décide de s'engager dans un projet de ce type et, en 2002, la communauté de communes nouvellement créée reprend la compétence d'accueil des gens du voyage. Elle propose la mise en place d'un dispositif d'accompagnement éducatif et social des gens du voyage conformément à la loi et au schéma territorial.

En cours de route...

La commune de Chinon embauche et salarie une personne responsable du projet. Pendant plus d'un an, celle-ci prend de nombreux contacts avec des communes ayant déjà mis en place de telles aires d'accueil (pour analyser leurs expériences et comprendre leurs réussites et échecs) ; avec des associations en relation avec les gens du voyage (pour cerner les besoins et les attentes de ces populations) ; avec les populations riveraines et les gens du voyage (pour un travail de médiation). Dans le même temps, cette personne recense les terrains habituellement fréquentés par les gens du voyage. Trois zones, situées sur le territoire de la commune de Chinon, sont finalement choisies. La commune souhaite disposer de trois terrains pour limiter les éventuels conflits entre gens du voyage d'origines différentes. Les espaces choisis représentent au total une capacité d'accueil de vingt-quatre emplacements. Les modalités techniques d'aménagement sont définies en tenant compte des contraintes réglementaires : les trois aires comprennent chacune huit emplacements individualisés, chacun accompagnés d'un bloc sanitaire.
La communauté de commune met rapidement en place un comité de pilotage intégrant les partenaires du projet. L'objectif est de recenser les différents besoins et problèmes rencontrés par les gens du voyage afin de mettre en place une politique d'accompagnement social appropriée. La première aire devait être livrée dans le courant du deuxième semestre 2004. Les deux autres le seront fin 2005.

Les moyens mobilisés et les partenaires...

Le projet a un coût d'investissement de 261.500 euros HT pour la première aire. Le coût de fonctionnement est encore inconnu. Le financement du projet a pu être réalisé grâce à la mobilisation de plusieurs partenaires :
- l'Etat (ministère de l'Urbanisme et du Logement) ;
- le conseil général d'Indre-et-Loire ;
- la caisse d'allocations familiales d'Indre-et-Loire ;
- l'agence de l'eau Loire-Bretagne ;
- les gens du voyage, puisque les services, dont le montant n'est pas encore défini, leur seront facturés (pour l'emplacement et la consommation d'eau et d'électricité).
Le conseil régional de la région Centre est aussi sollicité.
Un comité de pilotage a été créé pour définir et mettre en place une politique d'accompagnement du projet. Il réunit les services sociaux intercommunaux et départementaux, l'Education nationale, les représentants des forces de l'ordre (police municipale, gendarmerie), des élus de la commune de Chinon et de la communauté de communes et des associations (Tziganes et Voyageurs de Touraine, Tziganes Habitat).
La population a été associée au projet (dans le cadre d'une médiation pour améliorer la cohabitation entre riverains et gens du voyage), ainsi que plusieurs organismes : le centre permanent d'initiatives pour l'environnement (CPIE) de Touraine Val-de-Loire, le conservatoire du patrimoine naturel de la région Centre et le parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine. La connaissance que les associations Tziganes et Voyageurs de Touraine et Tziganes Habitat ont des gens du voyage a permis de pas oublier les aspects sociaux et humains du projet. Un prestataire privé, nommé par le comité de pilotage, s'occupe du fonctionnement des trois sites (gestion, perception des droits d'entrée, petit entretien).

Pour quels résultats...

Le projet a bénéficié, d'une part, de la volonté des élus d'apporter aux gens du voyage plus qu'un simple lieu d'installation, d'autre part, de la création du comité de pilotage, qui représente toutes les parties concernées et associe les divers acteurs. L'implication de la communauté de communes dans ce projet le rend aussi plus cohérent. De même, la création d'un groupe de travail avec les communautés de communes voisines (Véron, Bourgueil, Azay-le-Rideau, Touraine Nord-Ouest, Richelieu) et la constitution d'un groupement de commandes pour choisir le gestionnaire devrait permettre d'harmoniser le fonctionnement de ces aires.
En revanche, quelques difficultés se présentent. Le schéma départemental n'apporte pas de solutions au problème de cohabitation qui reste délicat entre les différents groupes de gens du voyage (les sédentaires côtoient les voyageurs depuis des dizaines d'années) mais également entre les gens du voyage et les populations locales. Par ailleurs, le nombre d'emplacements est insuffisant par rapport à la population à accueillir : celle-ci risque de stationner sur les sites naturels voisins et d'altérer des zones à protéger.

Et aujourd'hui ?

Plusieurs perspectives peuvent être envisagées, notamment mener à bien le fonctionnement des aires d'accueil, diminuer les tensions avec les populations riveraines et favoriser une meilleure "intégration" des gens du voyage en leur faisant comprendre leurs droits autant que leurs obligations. Il est également important de développer un programme cohérent d'accompagnement social et humain.

Marie Lévêque, chargée de mission au Centre permanent d'initiatives pour l'environnement Touraine Val-de-Loire.

Le conseil des élus

Il importe de travailler en associant tous les partenaires et d'avoir des échanges d'expériences afin de s'inspirer des réussites et d'éviter le plus possible les échecs.

Communauté de communes Rivière Chinon Saint-Benoît-la-Forêt

Nombre d'habitants :

10107

Nombre de communes :

3
16 rue Paul Huet
37500 CHINON
communaute.R.C.SB@wanadoo.fr

Annick Delaunay

Responsable administrative et financière
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