L'activité physique en France a baissé durant le confinement

Une étude de l'Injep et du ministère des Sports met en lumière la baisse des activités physiques et sportives dans la population française durant le confinement du printemps 2020. Toutefois, le taux de pratique sur l'année demeure quasi stable par rapport à 2018.

L'image était trompeuse. Ces athlètes qui ont subitement envahi nos rues du 17 mars au 11 mai 2020, lors du premier confinement, ne trahissaient pas un bond en avant de la pratique sportive parmi la population française. Leur visibilité soudaine ne faisait que traduire les contraintes imposées par la fermeture des équipements sportifs et des parcs et par l'interdiction de s'éloigner de plus d'un kilomètre de son domicile. Si les rues se sont naturellement transformées en stades, les activités physiques des Français ont en réalité nettement baissé durant ce confinement du printemps, tant en termes de fréquence que d’intensité. C'est ce que révèle l’édition 2020 du Baromètre national des pratiques sportives, publié le 1er mars par l’Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) et le ministère des Sports et réalisé par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc),.
Le constat est en effet sans appel : "Les Français sont deux fois plus nombreux à avoir réduit leur pratique physique qu’à l’avoir augmentée : 42% des Français de quinze ans et plus déclarent n’avoir rien changé à leurs habitudes sportives pendant le confinement, et 38 % ont fait moins de sport pendant le confinement, tandis que 20%, au contraire, en ont fait plus." Plus marquant encore sont les deux faits suivants : d'une part, 46% des pratiquants ont diminué leur activité sportive ; d'autre part, quasiment aucun non-pratiquant ne s’est mis au sport, nous apprend l'Injep.

La natation prend l'eau

Au total, 53% des Français ont pratiqué au moins une activité physique et sportive pendant le confinement. Un taux à comparer aux 65% des Français qui ont pratiqué au moins une activité dans l’année écoulée. Si la baisse est donc nette pour les cinquante cinq jours de confinement, elle n'a pas entraîné un effondrement du niveau d'activité physique sur les douze derniers mois. Celui-ci n'a perdu qu'un seul point par rapport à 2018, année du premier baromètre de l'Injep. Ce qui permet au ministère des Sports de parler de "bonne surprise".
En termes de disciplines, tous les sports ont été touchés par le confinement. Si la marche et la randonnée demeurent en tête, leur taux de pratique cumulé est passé de 25% à 17%, tandis que la course à pied a baissé de 16% à 13%. La natation a subi les fermetures de piscines de plein fouet, passant d'un taux de pratique de 13% à seulement 3%. Autres victimes, de la restriction des déplacements longs cette fois : les activités de cycle, qui ont chuté de 16% à 9%. On soulignera également que le doublement de la pratique à domicile durant le confinement (47% contre 24% pour la période hors confinement) a permis aux activités de la forme et à la gymnastique de se maintenir à un niveau de pratique élevé (24% pendant le confinement contre 27% en dehors).

Centre-Val de Loire et Bretagne, régions les plus sportives

Un aspect intéressant et original de l'étude de l'Injep est son approche territoriale. Où l'on apprend que si la pratique sportive diffère selon la taille des agglomérations, ces différences ne sont toutefois pas très accentuées. Partant d'un taux de pratique moyen de 65% parmi la population française lors des douze derniers mois, on constate que l'activité physique et sportive est plus répandue chez les habitants des agglomérations de plus de 200.000 habitants (69%), mais hors agglomération parisienne, où le taux de pratique est de 66%. Les habitants des communes rurales et des agglomérations de 2.000 à 19.999 habitants ont le taux moyen de pratique le plus bas (61%). Il est à noter que durant le confinement du printemps 2020, c'est l'agglomération parisienne qui était en tête en termes de pratiquants : 56% de ses habitants ont fait du sport, contre 51% dans les agglomérations les plus petites.
Les écarts sont plus prononcés si l'on se penche sur les taux d'activité sportive au cours des douze derniers mois région par région. Le Centre-Val de Loire et la Bretagne sont en tête, avec 69% de pratiquants parmi leur population, devant Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse (68%). À l'opposé, deux régions décrochent : les Hauts-de-France et le Grand-Est (57%). On note encore que durant le confinement, la pratique sportive s'est écroulée en Normandie, avec 44% de pratiquants seulement, tandis qu'elle se maintenait à 58% en Bretagne.
En termes d'évolution par rapport à 2018, si la baisse nationale est de 1%, la Nouvelle-Aquitaine, la Bourgogne-Franche-Comté, le Centre-Val de Loire, la Bretagne et la Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse connaissent un taux de pratique sportive en hausse.

 

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