Environnement - L'Afsset recommande la mise en place d'une réglementation pour les baignades artificielles publiques

Dans un rapport publié le 30 juillet 2009, l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) recommande qu'une réglementation stricte soit mise en place pour la protection des baigneurs dans les baignades artificielles ouvertes au public. L'expertise effectuée à la demande du ministère de la Santé et du ministère de l'Ecologie s'est attachée à réaliser une typologie des différentes baignades existantes et à évaluer les risques relatifs aux baignades identifiées comme "artificielles".

Selon la définition proposée par le rapport d'expertise, il s'agit des "baignades en eau captée et captive, traitée ou non, mais de nature non-désinfectée et non-désinfectante". Or, à ce jour, il n'existe aucune réglementation sanitaire concernant les baignades en eau captive, lesquelles connaissent pourtant un fort développement. Cette troisième catégorie de baignade (à l'interface entre les deux catégories réglementées définies par le Code de la santé publique que sont les baignades en eau libre et les piscines) embrasse des types très hétérogènes de baignades, comme des plans d'eau, bassins d'eau de mer, étangs artificiels, trous d'eau, dérivations de rivières, gravières, etc. Le cas particulier des installations publiques commercialisées sous l'appellation "piscines biologiques ou écologiques", dont l'eau est traitée par filtration biologique a fait l'objet d'une étude spécifique. Dans ce cadre, la baignade publique de la commune de Combloux en Haute-Savoie a fait l'objet d'une expertise approfondie.

Les travaux de l'Afsset se sont d'une façon générale concentrés sur les baignades ouvertes au public, susceptibles d'accueillir un grand nombre de baigneurs et particulièrement des populations sensibles (enfants, personnes âgées) et des professionnels. Les baignades créées artificiellement où l'eau est ainsi captée et maintenue captive peuvent présenter, en raison de leur conception, de leurs caractéristiques techniques et de leur fréquentation, des risques sanitaires et/ou environnementaux plus élevés que les autres catégories de baignades : l'eau ne court pas (ou peu) naturellement et n'est pas désinfectée comme dans les piscines. Les dangers sanitaires à traiter y sont pourtant les mêmes : germes apportés par les baigneurs, microalgues toxiques susceptibles de s'y développer, ou encore pathogènes issus de l'environnement (eau de remplissage, ruissellements d'eaux souillées, intrusion d'animaux, etc.).

Au terme de l'expertise menée, l'Afsset souligne la nécessité d'encadrer et d'accompagner leur développement par la mise en place d'un dispositif de gestion des risques sanitaires spécifique à cette catégorie particulière de baignades. Les dispositifs de gestion sanitaire actuellement appliqués aux baignades artificielles apparaissant insuffisants, plusieurs recommandations sont proposées. Tout d'abord un recensement de ces baignades et la mise en place d'analyses microbiologiques. A cette fin, l'Afsset fournit un guide de classement et une liste de 6 paramètres microbiologiques à surveiller. Sans attendre les résultats de ces analyses, l'Afsset préconise la rédaction d'un profil de vulnérabilité de la baignade (sources de pollution comme la présence d'élevages en amont, ou les situations à risques comme les périodes d'orage) ; des exigences strictes en matière d'installations d'hygiène offertes aux baigneurs (douches avant d'entrer dans la baignade, toilettes, panneaux d'information, limitation du nombre de baigneurs) ; un délai maximal pour le renouvellement de l'eau, fixé à 12h (par filtration ou par apport d'eau neuve) ; la surveillance de la qualité chimique et microbiologique de l'eau de remplissage, un suivi de la qualité de l'eau de baignade bâti par analogie au dispositif réglementaire des baignades ; une température maximale de l'eau des baignades en système fermé.

S'agissant en particulier des "piscines biologiques" ouvertes au public, l'Afsset recommande de ne pas autoriser leur libre développement pour une fréquentation publique, compte tenu de l'insuffisance du niveau de maîtrise des risques sanitaires proposé par les constructeurs. Ces derniers sont ainsi invités à faire un effort de recherche et développement pour améliorer la conception des installations. L'Afsset demande également de faire rentrer les baignades à traitement biologique dans un programme expérimental avec la mise en place sans délai d'un suivi hebdomadaire de la qualité des eaux, la limitation du nombre de baigneurs et l'amélioration des mesures d'hygiène.

Philie Marcangelo-Leos / Victoires Editions

 

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