Seine-Maritime

Fabrice Bugnot

L'agglomération du Havre tisse sa toile alimentaire (76)

Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Dans le cadre de son projet alimentaire territorial, l’agglomération havraise a mis en place un outil pour recenser les acteurs de l’écosystème alimentaire sur son territoire et identifier les liens entre eux. Avec pour objectif de renforcer le flux des échanges locaux, notamment entre producteurs et consommateurs.

Sur le territoire de la communauté d’agglomération havraise (Codah), qui compte près de 240.000 habitants pour 17 communes, si la ville du Havre joue un rôle central, l’activité agricole y tient également une place importante. "L’agriculture occupe 42% de l’espace intercommunal, au cœur d’une région qui compte sept appellations d’origines contrôlés(AOC) pour l’élevage, une ceinture maraîchère, et nos sols sont réputés pour être parmi les meilleurs de l’hexagone", souligne le vice-président de la Codah en charge du développement agricole, Jean-Louis Rousselin. Pourtant, les circuits courts y sont très peu développés.

Faciliter l’accès des habitants aux productions locales, tout un programme !

Or l’un des projets du plan local pour l’agriculture lancé fin 2015 par la Codah avec ses partenaires (cf. encadré) est de faciliter l’accès des habitants aux productions locales. "Avant de définir les initiatives à accompagner, il fallait déjà avoir une bonne connaissance de l’activité existante sur le territoire", explique la chargée de mission agriculture à la Codah, Mélanie Briand. Le financement de 60.000 euros apporté par le programme national pour l’alimentation (PNA) a permis à la Codah de lancer un projet alimentaire territorial et de créer l’outil "Toile alimentaire".

Identifier les flux existants

Ce type d’outil est déjà utilisé par l’agence d’urbanisme de la région du Havre et de l’estuaire de la Seine (Aurh) pour recenser les activités industrielles sur le territoire. Il a été développé et adapté par l’Aurh – appuyée par un prestataire informatique – pour permettre de géolocaliser les acteurs de la chaîne alimentaire (lieux de production, de transformation, de distribution et de consommation) et identifier les flux existants entre eux.

Obtenir la liste des producteurs de tel légume

La Toile alimentaire est constituée d’une base de données qui peuvent être traitées et présentées sous différentes formes visuelles : schémas de flux, cartographie. En fonction des informations récoltées, principalement suite à des entretiens, elle permet d’identifier quels sont les fournisseurs de telle cantine centrale pour tel type d’aliment et quelles sont les quantités livrées (si toutes les données sont disponibles). Des requêtes peuvent aussi permettre d’obtenir des informations sur un sujet très pointu : obtenir la liste des producteurs d’un type de légume, par exemple.

Vers une démarche d’animation territoriale

Fin mars2018, à la suite d’un travail d’enquête sur le terrain qui s’est déroulé sur 6 mois, plus de 500 acteurs du système alimentaire et 900 relations étaient répertoriées. "L’objectif n’est pas d’obtenir une base de données exhaustive des flux alimentaires locaux, mais plutôt de mettre en commun des données jusque-là segmentées pour obtenir une vision territoriale globale de ces flux, prévient Mélanie Briand, chargée de mission. Cet outil sert à créer du lien dans une démarche d’animation territoriale, de montrer aux acteurs dans quel écosystème ils s’inscrivent, provoquer des échanges entre ceux qui n’ont pas l’habitude de se parler et repérer les faiblesses éventuelles dans la chaine alimentaire locale"

Des pistes de travail avec la logistique, la transformation

Pour l’instant, bien que la phase de diagnostic ne soit pas terminée, plusieurs problématiques ont déjà été identifiées comme, par exemple, la logisitique : "Les cantines sont très dispersées, ce qui représente un trop grand nombre de lieux de livraisons pour les producteurs qui voudraient s’engager", explique Mélanie Briand. Des besoins ont aussi été identifiés au niveau de la transformation. Sur ces sujets, la Codah va travailler avec des spécialistes pour avancer. "Il y a beaucoup de projets à développer pour relocaliser l’alimentation et créer de la valeur ajoutée sur le territoire. Mais il faudra travailler à la fois sur la demande et l’offre", conclut le vice-président.

Plan local pour l’agriculture : partenaires, objectifs et réalisations
Le plan local pour l’agriculture, engagé fin 2015 par la Codah, réuni 12 partenaires signataires. Quatre objectifs partagés ont été fixés par les élus : assurer le maintien d’une agriculture dynamique sur le territoire ; soutenir l’économie agricole par le développement de filières locales ; encourager des pratiques agricoles durables ; reconnecter le monde urbain et le monde agricole.
La Codah a publié un guide de la vente directe, met à disposition des parcelles pour le fauchage ou le pâturage et finance des projets liés à l’alimentation de proximité et les filières courtes, l’agro-écologie, la pédagogie ou le tourisme. L’agglomération a également créé un espace-test agricole en 2015 qui a déjà permis de faciliter l’installation de plusieurs paysans et la reprise d’exploitations.

Agriculture durable :
" Villes, agriculture et alimentation : expériences françaises",
une nouvelle publication de France urbaine, réalisée en partenariat avec le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Vivapolis et la Caisse des Dépôts.

 

Contact(s)

Communauté d'agglomération havraise

Hôtel d'agglomération, 19 rue Georges Braque - CS 70854
76085 Le Havre Cedex
02 35 22 25 25
https://www.codah.fr/agriculture
Nombre d'habitants : 236000
Nombre de communes : 17
Nom de la commune la plus peuplée : Le Havre (172000 hab.)

Jean-Louis Rousselin

Vice-président en charge du développement agricole
jlrousselin@octevillesurmer.fr

Mélanie Briand

Chargée de mission agriculture-alimentation
melanie.briand@codah.fr
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