"Laissez dormir la lune, baissez le volume" : une charte contre les nuisances nocturnes à Dijon

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En 2009, les Trophées de la Nuit ont récompensé la ville de Dijon pour "Harmonuits", une charte destinée à réduire les nuisances nocturnes. C’est la première fois que ce prix est remis à une collectivité locale. Au fil du temps, le dispositif s’est élargi à la question de la prévention des conduites à risques.

L’idée est née en 2005 de la volonté commune de la ville, de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) et des services de la police de sensibiliser les professionnels de la nuit et leur clientèle aux nuisances nocturnes. "A l’époque nous avions demandé à des étudiants en BTS communication du lycée de proposer une campagne incitant à respecter ses voisins", raconte Chantal Trouwborst, conseillère municipale déléguée aux temps urbains à la ville de Dijon (151.576 habitants). Les étudiants avaient trouvé un slogan original, "Laissez dormir la lune, baissez le volume", et la démarche avait reçu un bon accueil. Pourtant, il n’y a pas eu de suite, car il s’est révélé difficile de maintenir la sensibilisation. C’est seulement en 2008, avec la création de la délégation aux temps urbains que cette initiative a été réactivée.

Aide du Fisac et de nombreux partenaires mobilisés

En 2008, les services municipaux Temps urbains et Tranquillité publique et la CCI Côte-d'Or s’associent pour relancer cette initiative visant à réconcilier la ville qui dort, travaille et s’amuse. Une charte est créée en 2009 et la marque "Harmonuits" déposée. Afin de maintenir la mobilisation, le partenariat est élargi et les actions se diversifient. La CCI assure le relais auprès des entreprises et commerçants, l’Union des métiers et industries de l’hôtellerie (Umih) se charge de sensibiliser les gérants de discothèques, bars et restaurants. Pour la mise en route de sa charte, la ville et la CCI bénéficient de 11.000 euros du Fonds d’intervention pour les services, l’artisanat et le commerce (Fisac) qui permettent de financer la communication sur trois ans. D’autres partenaires sont mobilisés : l’office de tourisme de Dijon, Radio-Campus, le centre d’information régional des drogues et dépendances, la police nationale, la préfecture, les professionnels, la classe de BTS Communication qui avait participé à l’opération initiale en 2005. Les associations étudiantes organisatrices de soirées rejoignent le dispositif en 2011.

Deux comités, suivi et médiation, pour la bonne application du label

Concrètement, le label "Harmonuits" est décerné aux professionnels qui se sont engagés à interdire les boissons à volonté, à sensibiliser les clients aux nuisances de voisinage ou encore à informer sur les dangers de l’alcool et de la drogue. La municipalité leur fournit des outils de communication et fait la promotion des établissements labellisés qui, aujourd’hui, sont au nombre de 31, été 2011 et bientôt 35. Un plan et un système de recherche sur le site internet : www.harmonuits.fr localise les établissements Harmonuits, par activité et horaire d'ouverture. Afin de vérifier le respect des engagements de la charte, un comité de suivi de labellisation, dans lequel siègent les représentants de la préfecture, de la direction départementale de la sécurité publique, de la ville, de la CCI et de l'Umih, se réunit tous les trois mois. Un comité de médiation chargé de traiter préventivement les litiges concernant la tranquillité de la vie nocturne a aussi été créé.

Des actions de prévention pour élargir le dispositif Harmonuits

Le volet prévention des conduites à risque est développé grâce à un partenariat avec les associations et les mutuelles étudiantes. Des formations à la prévention et aux gestes de premiers secours sont dispensées aux membres actifs des associations signataires. L'antenne municipale et associative de lutte contre les discriminations (Amacod) s'associe aussi au dispositif Harmonuits afin d'accompagner les établissements et associations labellisés dans leurs actions de lutte contre toutes les formes de discriminations. Le réseau de transport urbain a créé une ligne nocturne "Pleine lune" reliant les établissements de nuit au campus étudiant tandis qu’une association a mis en place une équipe de médiateurs de nuit, avec l’aide de la ville. Un représentant étudiant, nommé par les associations signataires, suit les actions développées et l'évolution de la charte avec l'ensemble des acteurs. Les acteurs de la prévention sont ponctuellement associés au comité de suivi afin de faire évoluer le contenu de la charte et organiser des actions de sensibilisation-prévention.
"Cette opération, qui a un coût financier mesuré, exige en revanche une mobilisation importante des partenaires afin de sensibiliser en permanence les gens aux nuisances nocturnes", déclare Chantal Trouwborst. "Et se pose surtout le problème du bilan des actions qui s’avère nécessaire à partir du moment où on labellise des établissements. Par exemple, comment quantifier précisément et de manière objective la baisse de ces nuisances ? C’est encore un obstacle qui reste à lever."

Xavier Toutain, / Agence Traverse pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

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