Numérique éducatif - Lancement de la Grande Ecole du numérique : un modèle de formation en réseau

Le président de la République a donné le 17 septembre le coup d'envoi de la Grande Ecole du numérique, un projet ambitieux pour permettre aux jeunes sortis du système scolaire de bénéficier d'une formation diplômante, et potentiellement d'un emploi puisqu'il s'agit aussi de pallier la pénurie de développeurs informatiques. Les collectivités ne sont pas directement sollicitées mais elles pourront s'insérer ou favoriser le développement d'initiatives localement.

Une école d'un genre nouveau

De Grande Ecole du numérique, elle en portera surtout le nom… et les ambitions d'excellence. Ici, pas d'installation dans un lieu emblématique, mais plutôt une présence répartie dans un ensemble de lieux sur le territoire, pas de formation univoque mais l'inscription dans un écosystème de formations, reconnu à travers un système de labellisation. Les promoteurs ont voulu éviter un caractère sélectif, élitiste, pour lui préférer une vocation ouverte "à tous", "aux jeunes et aux moins jeunes" moins sélectionnés sur leurs diplômes que sur leur motivation. Quant aux programmes qui prévoient des cursus allant de 3 mois à deux ans, les choix pédagogiques, la durée des sessions ou la recherche des intervenants seront laissés à la libre appréciation des porteurs de projets. Seul objectif recherché, "une exigence de qualité" et en bout de chaîne des perspectives d'emploi.

Identifier et certifier les initiatives

Le label sera obtenu après mise en conformité avec le cahier des charges de la Grande Ecole. Il doit constituer l'élément de crédibilité des formations auprès des entreprises et des employeurs, notamment en permettant une inscription au Répertoire national des certifications professionnelles afin que les formations puissent être valorisées dans les conventions collectives.
Les acteurs du numérique n'ont pas attendu l'Etat pour se lancer dans l'aventure, avec des initiatives aussi diverses que Simplon, Colombus, l'Ecole 42 ou encore 4.0 rattaché à l'université de Haute-Alsace. Pour tenir compte de cet existant, le label ne vise pas une "fusion" des initiatives mais bien une logique de rassemblement, tout en protégeant la spécificité de chaque projet. La structure nationale qui va prendre la forme d'un groupement d'intérêt public (GIP) s'entend comme un lieu de coordination et d'appui pour l'ensemble des formations issues des initiatives locales. Le label "Grande Ecole du numérique" donnera accès à des financements d'amorçage fixés à 50% du budget de fonctionnement d'une session de formation (pour une durée supérieure à 6 mois) ou de deux sessions (pour une durée inférieure à 6 mois) dans un plafond de 70.000 euros. Elles pourront être initiées par des entreprises, des associations, des administrations publiques ou des universités, sachant que la date limite de dépôt de la première vague des dossiers de l'appel à labellisation est fixée au 19 octobre prochain.

Former pour l'emploi : une volonté de travailler localement

Le plan numérique pour l'éducation avait ajouté au triptyque scolaire "lire, écrire, compter" le terme de "coder". La Grande Ecole du numérique procède d'une ambition similaire : former des acteurs et des entrepreneurs du numérique. Les formations s'inscriront dans des réseaux d'entreprises et des écosystèmes locaux afin de proposer des enseignements au plus près des attentes et des besoins réels de l'économie numérique. Ces formations sont vues comme des solutions alternatives pour les jeunes sortis du système scolaire dont l'avenir pourrait passer par le numérique. Le cahier des charges fixe par exemple, au niveau national, la formation de 30% de femmes et de 50% de jeunes peu ou pas qualifiés, issus prioritairement des quartiers relevant de la politique de la ville ou des zones de revitalisation rurale. Un système de bourse sera mis en place dans cette perspective. Un objectif qui nécessitera, selon le Président, un engagement des régions, des agglomérations et des métropoles afin de faire une école pour tous, pour "tous les territoires, pour tous les Français". Concrètement, 50 "fabriques" devraient être labellisées d'ici fin la fin 2015 en vue d'accueillir 2500 élèves afin de les former aux métiers du numérique (codeur, graphiste web, développeur, intégrateur logiciel …) avec l'ambition de passer à 200 "fabriques" labellisées et 10.000 personnes formées à l'horizon 2018. De quoi redonner au pays une capacité et des compétences sur le numérique tout en formant des jeunes qui souvent n'ont plus de véritables perspectives. En somme un cercle vertueux qui fait toutefois un peu regretter le fait de devoir contourner le système éducatif officiel pour aller de l'avant.

 

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