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Lancement du BIL, un baromètre pour mesurer "objectivement" l'initiative locale

Publié le
par
Virginie Fauvel / Localtis
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Développement économique

Emploi

Cohésion des territoires

Organisation territoriale, élus et institutions

L'institut Aristoclès et ses partenaires ont lancé le "baromètre d'initiative locale" (BIL) qui porte l'ambition de mesurer "objectivement" l’initiative locale des différents territoires, pour l'heure à l'échelle métropolitaine. Les trois premières analyses ont été présentées mercredi 20 mars 2019 et concernent Metz, Rouen et Grenoble. D'ici 2020, les 22 métropoles françaises seront analysées par cet outil qui se veut "global et reproductible", selon ses concepteurs. Prochainement, l'indicateur sera décliné sur des échelles plus réduites, telles que les villes moyennes du programme Coeur de ville. 

Avec le BIL - pour baromètre d’initiative locale - "chaque territoire disposera d’une note évoluant, année après année, qui permettra de rendre compte objectivement à leurs administrés respectifs de la qualité du chemin emprunté pour le dynamiser", a annoncé l’institut Aristoclès, qui a élaboré l’outil en partenariat  avec le Centre de recherches en économie et droit (Cred) (1) et le cabinet d’études Colbor et le soutien de la Banque des Territoires. Pour l'heure, le BIL est réalisé à l’échelle métropolitaine puis sera décliné sur des échelles plus réduites. D'ici 2020, la totalité des 22 métropoles françaises seront analysées par cet outil. 

119/200 (Metz), 120/200 (Rouen) et 135/200 (Grenoble)

Mercredi 20 mars, les trois premières analyses "sans surprise" ont été présentées  :  119/200 pour Metz, 120/200 pour Rouen et 135/200 pour Grenoble. Les analyses des trois sites pilotes présentent des similarités : des scores faibles en "développement durable" et "tourisme d’entreprise". En revanche, les indicateurs "emploi",  "sport",  "culture" et "enseignement" obtiennent tous des scores supérieurs à 14 (sauf "culture" à Rouen et "sport" à Metz avec 12 chacun). Plus en détails pour le territoire métropolitain rouennais, son BIL fait apparaître que "le niveau de participation des acteurs économiques peut être encore développé, notamment avec les acteurs publics, dans une perspective de gouvernance précisée". Celui de la métropole de Metz, lui, se révèle peu homogène avec une forte implication des entreprises au sein des chaires et fondations de l'enseignement supérieur, une forte présence parmi les actifs d'habitants du territoire, une belle dynamique privée en faveur de la culture mais un tourisme d'entreprise et un développement durable, comme partout, très faibles. Le BIL de Grenoble révèle également de forts contrastes et "un indéniable potentiel en termes de dynamiques économiques", sur fond de "contexte favorable à l'initiative locale". 

Implication réelle des entreprises

Bruno Deffains, directeur du Cred, décrit le BIL comme "un indicateur qui se veut objectif, global, reproductible". "C’est un outil d'accompagnement des projets des territoires et non l’inverse", a souligné Jean-Luc Rigaut, président de l’Assemblée des communautés de France (ADCF), qui exprime l’envie "d’aller vers cette France des bassins de vie, portés par une intercommunalité". Avec le baromètre, "il s'agit de réfléchir à la possibilité de faire émerger des solutions qui contribuent à remédier à la fracture des territoires", précise l’institut. Le délégué général de l'ADCF, Nicolas Portier, a quant à lui considéré que "chaque indicateur méritait d'être interrogé", se questionnant par exemple sur la pertinence de l'indicateur basé sur le nombre d'entreprises sur le territoire. Il a souligné en revanche l'importance des conseils de développement. Le délégué général de l'ADCF estime que c'est au travers des conseils de développement qu'on "mesure l'implication réelle des entreprises sur un territoire". "La coopération entre les entreprises, le climat de cluster et de mise en réseau des entreprises sont aussi des éléments importants à prendre à compte", souligne-t-il encore.  

Neuf BIL en 2019 et dix en 2020

Les BIL sont mis à la disposition des acteurs publics et privés et des territoires analysés. "Ils ne constituent pas tant un système de notation que des outils pragmatiques qui permettent de mesurer l’impact et l’évolution des actions des décisionnaires et opérateurs locaux sur les dynamiques territoriales", insistent les fondateurs de l’outil. C'est d’ailleurs la raison pour laquelle chaque BIL est calculé à deux reprises : à un instant 0 et à un instant 1, généralement un an après, "faisant ainsi apparaître les points qui ont évolué entre ces deux moments et leurs niveaux respectifs de progression", précise le communiqué. Ainsi, d'après le calendrier de l'institut, Paris, Lyon, Aix-Marseille, Lille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Montpellier et Nancy sont les prochaines métropoles sur la liste du BIL pour 2019.  Nice, Strasbourg, Tours, Dijon, Toulon, Clermont-Ferrand, Brest, Rennes, Orléans et Saint-Étienne devront patienter jusqu'en 2020.  

(1) de l’université de Paris 2 Panthéon-Assas 

Les dix sous-indicateurs

La méthode du BIL consiste à calculer un score sur 200 points,  basé sur l’addition des scores obtenus pour chacun des 10 sous-indicateurs sur 20 points. Le BIL prend la forme d’un diagramme de kiviat, dit “graphique radar”. Il permet de visualiser en un coup d’oeil points forts et points faibles. 

  1. La fiscalité territoriale mesure la participation financière des entreprises aux budgets des métropoles.
  2. L’emploi mesure le niveau d’employabilité locale des entreprises, soit la part des actifs du territoires qui habitent l’une de ses communes.
  3. La participation sociétale mesure le niveau de participation des entrepreneurs et représentants d'entreprises aux instances de gouvernance de la métropole, au conseil de développement.
  4. L’animation commerçante mesure l’impact des commerçants et associations de commerçants locaux sur l’animation locale.
  5. Le développement durable consiste en une évaluation des mesures prises par les entreprises sur la base de trois piliers de l’économie, du social et de l’écologie ( la notion de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est intégrée à ce sous-indicateur)
  6. L’enseignement mesure la participation des entreprises aux dynamiques des établissements d’enseignement supérieur du territoire et comptabilise les chaires et fondation.
  7. La culture mesure la participation des acteurs économiques du territoire à ses événements culturels et de soutien à ses structures privées.
  8. Le sport mesure la participation des acteurs économiques du territoires à ses événements sportifs et à ses équipes évoluant à l’échelle nationale.
  9. Le tourisme est une mesure de la participation et de l’impact du tourisme d’entreprise.
  10.  Le contexte mesure l’impact sur la longue durée historique, des contextes démographique, d’aménagement, de politiques publiques, d’économie, de culture et de communication sur l’identité locale. 
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