L’Arcep et l’Arcom font converger leurs études sur les usages numériques

L’Arcep et l’Arcom (ex CSA) ont publié la deuxième édition du référentiel des usages numériques compilant les statistiques des deux régulateurs. L’objectif est de fournir une vision globale des dynamiques numériques en matière de réseaux, d’équipements et de pratiques.

Le rapprochement des régulateurs de l’audiovisuel, l’Arcom, et des télécoms, l’Arcep, s’est traduit par la création d’un "pôle numérique commun" en mars 2020. Celui-ci a pour mission "d’approfondir les analyses techniques, économiques et environnementales des marchés du numérique et d’accompagner les deux régulateurs dans la mise en place de leurs nouvelles missions dans le domaine du numérique". La deuxième édition du référentiel des usages numériques s’inscrit dans cette optique en proposant une synthèse des statistiques récentes sur le numérique. Concrètement, le document compile des données de 2020-2021 issues notamment du baromètre du Credoc, des observatoires fixes et mobiles de l’Arcep et de l’étude Médiamétrie de l’Arcom.

Les abonnés THD majoritaires

En matière de réseaux, l'année 2021 aura été marquée par la croissance du très haut débit, 54% des abonnés disposant désormais d’un accès à plus de 30 Mbit/s. Le FTTH équipe 31 millions de locaux dont une majorité en zone peu dense. Et sur un an glissant – l’étude s’arrête au T2, les chiffres pour le T4 sont ici  –, plus de 6 millions de prises ont été installées. Un record absolu. Côté mobile, l’amélioration de la couverture du territoire en 4G se traduit aussi par une augmentation des débits même si ceux-ci restent presque deux fois plus élevés en zone très dense qu’en zone rurale.

L’ordinateur revient

Pour l’équipement, on notera que la généralisation du télétravail en 2020 a mis fin à la décroissance de l’usage de l’ordinateur fixe. Il reste le vecteur privilégié pour accéder à internet (80%) même si le smartphone est désormais utilisé pour surfer par les deux tiers des Français. Le smartphone équipe 78% des foyers, en progression de 7% sur trois ans, alors que la tablette et la télévision tendent à baisser. Parmi les foyers équipés d’un téléviseur, 82% disposent d’une TV connectée à internet via un boitier ou décodeur. La TV reste cependant peu utilisée pour surfer, le premier usage (hors visionnage en direct) restant la TV de rattrapage (replay). Les objets connectés sont désormais présents dans près d’un tiers des foyers, majoritairement dans le domaine de la sécurité et de la santé.

Un effet durable de la crise sanitaire

Sur le volet des usages mobiles, on notera qu’un quart des utilisateurs n’utilisent que les applications préinstallées sur leur téléphone. Les applications de visioconférence et de réseaux sociaux restent les plus téléchargées même si, pass sanitaire oblige, Tousanticovid truste le haut du podium en 2021. La crise sanitaire a aussi incité les retraités à installer des applications de messagerie : 48% (+ 20 points) en sont équipés. Autre effet de la crise sanitaire, la transformation numérique des TPE/ PME s’accélère avec un bond de 29 points pour la création de site internet (66%). 78% des chefs d’entreprises estiment désormais que le numérique représente "un bénéfice réel pour leur entreprise".

Des leviers pour limiter le renouvellement des smartphones

Le référentiel 2022 fait enfin un focus sur l’impact environnemental des terminaux. Le trio de tête des émissions de gaz à effet de serre émis par les terminaux est occupé par le téléviseur (23%), l’ordinateur portable (14%) et le smartphone (13%). Ce dernier est cependant renouvelé beaucoup plus souvent que les deux autres, 83% des Français le gardant moins de trois ans. Un renouvellement cependant plus subi que voulu, plus de la moitié des personnes évoquant comme motif un vol ou un problème d’obsolescence. Le potentiel de réutilisation des smartphones est cependant très élevé, plus de la moitié des personnes interrogées déclarant qu’elles conservent leur mobile car il peut encore servir. Et 30% seulement des personnes interrogées se refusent à utiliser un smartphone recyclé. Cette étude sera complétée en 2022 par une analyse sur l’impact environnemental de la consommation de contenus audiovisuels, dans l’objectif de produire des recommandations pour les consommateurs.

  • Etude européenne sur l’impact environnemental du numérique

Le Berec, réunion des régulateurs européens des télécoms, a publié un projet de rapport sur l’impact environnemental du numérique. Ce rapport invite à fiabiliser les données disponibles et à favoriser une harmonisation des méthodologies, à encourager la transparence et à mener une régulation par la donnée au bénéfice des utilisateurs et à utiliser la régulation (incitation à la mutualisation de certaines parties du réseau) pour réduire l’empreinte environnementale du numérique. Le rapport fait actuellement l’objet d’une consultation publique .

 

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