L'auto-partage ou la deuxième voiture à la carte

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Commande publique

Isère

Les élus de l'agglomération grenobloise sont engagés depuis plus de dix ans dans une politique innovante en matière de déplacements urbains. Alpes auto-partage, mis en service en mai 2005 à Grenoble, est un service de location de voiture à l'heure, accessible 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. L'usager peut retenir un véhicule à la dernière minute : un abonnement, une carte magnétique individuelle suffisent. Expérimenté notamment chez nos voisins suisses, ce service apporte une réponse alternative à l'achat d'une deuxième voiture...

L'auto-partage à Grenoble est le résultat d'une étude de faisabilité réalisée en amont du plan de déplacements urbains et cofinancée par le syndicat mixte des transports collectifs et le Predit (Programme de recherche et d'innovation dans les transports terrestres). L'enjeu principal est de diminuer le nombre de voitures et donc l'occupation au sol des véhicules. L'objectif des élus consiste à favoriser l'utilisation de transports moins polluants, en particulier les transports en commun. Mais, si l'ensemble des déplacements répétitifs quotidiens peuvent être faits en transports en commun, les Grenoblois doivent disposer d'une voiture en cas de besoin ponctuel et exceptionnel.

Une expérience réussie chez nos voisins d'Europe du Nord, reproduite à Grenoble

Au regard d'expériences concluantes en Suisse, en Allemagne, aux Pays-Bas ou en Belgique, Grenoble Alpes Métropole a décidé de se lancer dans l'aventure avec le concours de l'association porteuse du projet Alpes auto-partage. Concrètement, il s'agit de mettre des voitures à la disposition de tous les Grenoblois abonnés au service, pour de courtes durées. Le service est opérationnel 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Chaque adhérent s'acquitte de 15 euros par mois et dispose d'une carte magnétique qui permet l'accès à un véhicule, l'enregistrement du temps de location, du kilométrage parcouru et le débit du montant horaire de la location sur son compte. Il reçoit une facture récapitulative mensuelle. Il lui suffit de retenir un véhicule, soit par téléphone, soit par Internet et ceci peut être fait à la dernière minute. Les véhicules sont disponibles à des emplacements réservés sur quatre parkings répartis dans la ville. Le tarif est proportionnel à la durée d'emprunt et aux kilomètres parcourus. Conformément à l'objectif, les tarifs privilégient une utilisation brève et en aucun cas un prix dégressif en fonction de la durée d'utilisation. Ce service est une offre réellement complémentaire à celle des loueurs classiques de véhicules qui privilégient la location à la demi-journée à minima. Les demandes de location supérieures ou égales à une journée sont renvoyées aux loueurs privés, dans le cadre d'accords passés avec eux.

Un budget raisonnable de lancement adossé aux collectivités publiques

Le projet, porté par l'association Alpes auto-partage, a démarré avec un budget annuel de fonctionnement de 120.000 euros. Les investissements ont été réduits à leur strict minimum puisque le parc de six véhicules a été pris en charge par un contrat de location longue durée, et que le coût de fabrication des cartes magnétiques a été de 2.000 euros.
La participation des partenaires publics du projet s'élève à 67.000 euros la première année :
- la Métro (ou Grenoble Alpes Métropole) apporte 25.000 euros ;
- le conseil général 25.000 euros ;
- l'Ademe 17.000 euros.

Les collectivités publiques devraient soutenir l'association Alpes auto-partage pendant trois ans. Aujourd'hui, cette dernière emploie deux salariés : le directeur et une assistante. Cette initiative bénéficie d'un large réseau de partenaires institutionnels et techniques. L'association adhère au réseau national France auto-partage : les villes de Strasbourg, Marseille, Lyon, Grenoble et Paris ayant pris la même initiative. Le Certu (Centre d'études sur les réseaux de transport et l'urbanisme) apporte un soutien technique. Le Gart (Groupement des autorités responsables des transports publics) coordonne les initiatives au niveau national. La région Rhône-Alpes soutient cette initiative par une suvention emploi-environnement et pourrait également subventionner l'extension du service à Chambéry, Aix-les-Bains, et Savoie-Technolac, collectivités avec lesquelles l'association a déjà établi de bons contacts.

Des résultats prometteurs et conformes aux prévisions

"Dissocier l'usage et la propriété de la voiture est une révolution", remarque Jacques Chiron, conseiller communautaire et adjoint aux déplacements à la ville de Grenoble, qui replace cette action dans un contexte plus large : "Il nous a fallu quatre ans de discussions pour convaincre de la faisabilité du projet." A ce jour, la clientèle est surtout constituée des catégories socioprofessionnelles de type cadre ou cadre supérieur, plus sensibilisées au développement durable. Un atout : l'avance que nous avons en matière de plan de déplacement d'entreprise (*) qui joue un rôle majeur dans la sensibilisation aux modes de déplacements alternatifs. Les plans de déplacement d'entreprise, lancés en 2000, au nombre de 50, sont les meilleurs vecteurs pour que les gens changent de comportement. Attention, ce type d'initiative ne peut voir le jour qu'à condition que le réseau des transports en commun soit développé et performant... Après six mois de fonctionnement, le chiffre d'affaires est conforme aux prévisions. Ciblant aussi bien la clientèle individuelle que les entreprises et les collectivités, l'association cherche à développer la part des usages professionnels, actuellement de 20 %. A titre d'exemple, la ville de Grenoble cherche à diminuer son parc de véhicules de service.


(*)  Un plan de déplacement d'entreprise (PDE) consiste à mettre en oeuvre une démarche assortie d'un éventail de mesures qui favorisent les modes de transports alternatifs à la voiture individuelle pour les déplacements liés aux activités professionnelles. Il s'agit d'améliorer la qualité et le confort des déplacements des salariés, ainsi que l'accessibilité du site de l'entreprise pour les différents acteurs (salariés, fournisseurs, clients et visiteurs).
La première étape de cette réflexion nécessite, pour une entreprise, d'évaluer le budget qu'elle consacre aux transports ainsi définis : coûts de stationnement, frais de déplacement, parc de véhicules?

Grenoble Alpes métropole

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Hans Vaneibergen

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