Le cheval cantonnier en vedette à Trouville-sur-Mer

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Calvados

Le sixième congrès des chevaux territoriaux, qui s'est déroulé en octobre 2008 à Trouville-sur-Mer, consacre la réintroduction du cheval en ville. Fort de la participation d'une centaine de villes et de plusieurs délégations étrangères, ce congrès démontre que les chevaux peuvent être employés pour répondre à de nombreux besoins des collectivités locales.

L'histoire de Festival de mai, le percheron de Trouville-sur-Mer, mérite d'être contée car, contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce n'est pas au nom de la protection de l'environnement que la commune de Trouville a acheté un cheval de trait. En 2000, Olivier Linot, directeur général des services de la ville, s'inquiète du tonnage quotidien des ordures ménagères. Trouville-sur-Mer oscille entre 5.500 habitants durant la semaine et 20.000 habitants le week-end ! On y compte pas moins de 80 restaurants et le poids du verre, 50 tonnes par an, est pour beaucoup dans le tonnage de déchets. La ville envisage alors l'achat d'un petit véhicule électrique pour collecter le verre dans les restaurants. Après étude, le coût lui semble prohibitif, surtout au regard de l'achat d'un cheval et de sa charrette. Pour 10.000 euros, la ville s'offre Festival de mai, un percheron de cinq ans. Elle embauche trois personnes et se lance dans la collecte du verre. "Les embauches auraient été effectuées de la même façon si nous avions acquis un camion", explique Olivier Linot au journal Le Monde qui, en novembre 2007, consacre un article à la question. En fait, c'est par souci d'économie que Trouville-sur-Mer s'est lancée dans l'aventure des chevaux territoriaux. Par la suite, Olivier Linot se prend au jeu. Il devient président de la Commission nationale de développement des chevaux territoriaux et organise le congrès de Trouville.

 

En France, plus d'un millier de chevaux équipent des polices municipales

C'est dans le cadre des Equi'days, une manifestation hippique à laquelle participent plusieurs villes du Calvados, qu'est organisé le congrès. Suivant les années, différentes thématiques sont mises en valeur : "le cheval en Europe", "le cheval de travail en ville", "cheval et environnement", etc.
Lydia Mallet, directrice financière de Trouville-sur-Mer et coorganisatrice du congrès a vu au fil des années cette manifestation prendre corps : "Les premières années, seules quinze villes participaient, aujourd'hui elles sont plus de cent auxquelles s'ajoutent les collectivités étrangères. Le succès est tel que Trouville est fréquemment associer aux chevaux territoriaux. La commune a pourtant de nombreux autres atouts". L'image que donne une commune a beaucoup d'importance, surtout quand elle est très touristique. Trouville-sur-Mer ne voudrait pas apparaître comme étant "seulement" la ville des chevaux de travail. Cette préoccupation a conduit la commune à limiter son utilisation. Les invités aux congrès témoignent que les chevaux peuvent être employés pour répondre à de nombreux besoins : ramassage des enfants des écoles, arrosage des plates bandes, surveillance... En France, plus d'un millier de chevaux équipent des polices municipales. Trouville pour sa part s'est cantonnée à la collecte du verre, du carton, des plastiques et autres matériaux recyclables. Ainsi, la ville a acquis un autre cheval, Lasso du jardin, un cab normand, mais uniquement pour soulager Festival de mai qui commence à prendre de l'âge.
Si Trouville-sur-Mer peut parfois avoir l'impression d'être victime de son succès, la ville est tout de même persuadée d'avoir fait le bon choix. Ses chevaux sont plébiscités par la population, ils contribuent à la réduction des émissions de CO2 et apparaissent à l'usage particulièrement bien adaptés aux travaux en centre ville.

 

Luc Blanchard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Mairie de Trouville-sur-Mer

164 boulevard Fernand Moureaux
14360 Trouville-sur-Mer

Lydia Mallet

Directrice financière et coorganisatrice du congrès.
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