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Le Conseil d'État met fin à la saga du contournement routier de Beynac, en Dordogne

Le Conseil d'État a mis fin ce 29 juin à la saga judiciaire du contournement routier de Beynac-et-Cazenac, village de Dordogne classé parmi les plus beaux de France, en donnant raison aux opposants au projet porté par le département.

Porté depuis plus de 30 ans par le département de la Dordogne et déjà partiellement construit, le projet de contournement routier de Beynac-et-Cazenac, village classé parmi les plus beaux de France, vient d'être définitivement stoppé par le Conseil d'État. La haute juridiction administrative a jugé irrecevable, ce 29 juin, le pourvoi du département, scellant la victoire des défenseurs de l'environnement et du patrimoine qui s'étaient mobilisés contre un projet accusé de dénaturer la vallée de la Dordogne et des sites protégés.

Pas de "raison impérative d'intérêt public majeur"

Comme l'avait décidé l'an dernier la justice administrative, qui avait annulé un arrêté de 2018 autorisant les travaux, les constructions réalisées devront donc être démolies. Le chantier, lui, est à l'arrêt depuis fin 2018. La cour administrative d'appel avait estimé en décembre dernier que le projet ne répondait pas à une "raison impérative d'intérêt public majeur" et ne pouvait pas déroger à l'interdiction de porter atteinte à des espèces protégées et à leur habitat, jugeant aussi que des travaux de voirie effectués en 2017 à Beynac rendaient la déviation "moins utile".
Ce projet de rocade de contournement de 3,2 km, pour un coût de 32 millions d'euros, devait permettre, selon ses promoteurs, de réduire la circulation routière dans un village touristique de 550 âmes, très fréquenté l'été et situé au pied d'une forteresse classée du XIIe siècle, le long de la vallée de la Dordogne sur l'axe Bergerac-Sarlat.

Impact visuel

Mais ses détracteurs assurent qu'il porte atteinte, dans un site classé Natura 2000 et "réserve de biosphère", à l'habitat de plus de 120 espèces - chiroptères, mammifères semi-aquatiques, reptiles ou amphibiens -, dont quelques-unes sont protégées. Ils déplorent aussi son impact visuel dans une vallée parsemée de châteaux historiques, ce qui leur a valu le soutien remarqué de Stéphane Bern. "Cet aboutissement est une victoire de la population qui, depuis 30 ans, refusait de voir la vallée de la Dordogne défigurée par la circulation routière. C'est aussi une excellente nouvelle pour l'économie touristique du Périgord", s'est réjoui Kléber Rossillon, un des principaux opposants, châtelain local et président d'honneur de l'association Patrimoine Environnement.

"Gaspillage d'argent public"

"C'est un scandale absolu", a réagi Germinal Peiro, président PS du conseil départemental, déplorant notamment la pollution atmosphérique et sonore d'un village qui voit passer certains jours d'été "jusqu'à 13.000 véhicules" ou le "gaspillage d'argent public" avec un coût estimé à "15 millions d'euros" pour la démolition en plus des "26 millions déjà dépensés". "L'État s'est retourné comme une crêpe après nous avoir soutenus. Il y a eu un changement politique", a-t-il dénoncé. "L'État a décidé de suivre les arguments de quelques grandes fortunes de la vallée. Mais le peuple du Périgord va résister contre les seigneurs !"

 

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