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Le gouvernement incite les collectivités à créer leur plateforme de commerce en ligne

Le gouvernement a lancé, mardi 10 novembre, un vaste plan de numérisation du commerce doté de 120 millions d'euros. La moitié permettra d'aider les collectivités à se doter de plateformes communales de commerce en ligne. L'autre moitié sera dépensée sous forme de "chèque numériques" d'une valeur de 500 euros pour aider les commerces à s'équiper de solutions numériques. L'association Villes de France et la fédération du commerce spécialisée Procos maintiennent la pression pour obtenir une réouverture au moment de la "clause de revoyure". 

Pressé par les fédérations et les associations d’élus demandant de réexaminer la décision de fermer les commerces, le gouvernement a présenté, mardi 10 novembre, un ambitieux "plan sur la numérisation des entreprises". Alors que les messages avaient été délivrés au compte-goutte ces derniers jours, ce plan permet d’y voir plus clair sur les montants en jeu et les modalités d’attribution. Le gouvernement entend ainsi mobiliser 120 millions d’euros, à parts égales entre deux dispositifs : un accompagnement à hauteur de 20.000 euros pour aider les collectivités à créer leur propre plateforme de commerce en ligne et des chèques numériques de 500 euros destinés, eux, aux commerçants, afin de leur permettre de financer la réalisation d’un site ou autre solution. 

La création de ces plateformes locales de commerces en ligne semble donc promise à un bel à avenir, dans le sillage de plusieurs collectivités citées en exemple : Angers, Nice, Evreux ou Châlons-en-Champagne. Ces plateformes, qui peuvent être un bon moyen de faire contrepoids aux géants du commerce en ligne, sont encouragées notamment dans des dispositifs comme Action coeur de ville et la Banque des Territoires en avait fait un axe fort de son plan de relance en faveur du commerce (lire notre article). Le gouvernement entend donc élargir l’aide proposée par la Banque des Territoires en prévoyant une enveloppe de 60 millions d’euros, soit un potentiel de 3.000 communes qui pourraient ainsi être soutenues. Une liste de solutions labellisées a été recensée sur le site clique-mon-commerce.gouv.fr.

Chèque numérique

Cette subvention sera complétée par un accompagnement en ingénierie : aide au recrutement de "managers du centre-ville", avec une subvention de 40.000 euros sur deux ans, réalisation de "diagnostics-flashs" sur le commerce local pris en charge à 100% par l’État. Les collectivités intéressées devront s’adresser à l’Agence nationale de la cohésion des territoires. "L’accompagnement sera réalisé par la Banque des Territoires auprès des collectivités locales qui souhaitent développer des solutions numériques pour leurs artisans et commerçants", précise le gouvernement.

S’agissant de l’aide individuelle aux commerçants, le gouvernement a finalement opté pour un "chèque numérique" et non un crédit d'impôt. 500 euros, c’est le montant qui pourra ainsi être alloué à tous les commerces fermés mais aussi aux professionnels du secteur de l’hôtellerie et de la restauration "afin de financer, dès la fin de cette année, l’acquisition de solutions numériques adaptées à leur besoin". "Aujourd’hui, une TPE sur trois a un site internet. C’est trop peu ! Nous mettons donc en place une stratégie nationale visant à soutenir la numérisation des petites entreprises", soulignent les quatre ministres chargés de ce plan, Bruno Le Maire (Économie), Alain Griset (PME), Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires) et Cédric O (Transition numérique). 

À côté de ce dispositif d’État, les régions et les réseaux consulaires ne sont pas en reste. L'Île-de-France a déjà créé l’an dernier un chèque numérique d’un montant de 1.500 euros pour les commerçants, qu’elle vient de compléter par un chèque numérique de 10.000 euros destiné aux communes (lire notre article). De leur côté, les chambres de commerce et d’industrie ont mis en place une opération baptisée "SOS Numérique Commerçants" en ciblant les adhérents de l’Union de la bijouterie et de l’horlogerie (UBH), de la Fédération nationale de l’habillement (FNH) et de la Fédération des détaillants de chaussures en France (FDCF) pour leur expliquer comment "vendre et communiquer en période de confinement" et les informer sur les différentes aides disponibles".

"Clause de revoyure"

Le gouvernement avait annoncé une "clause de revoyure" après deux semaines de fermeture en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Le Premier ministre s'exprimera ce jeudi en fin de journée. Dans cette optique, l’association Villes de France, qui fédère les villes de 10.000 à 1000.000 habitants, a pris les devants en proposant, mardi, une charte de bonnes pratiques sanitaires des commerces et des maires nommée "CoVi-Responsable". Ce "contrat de confiance" en dix engagements réciproques permettrait "d’envisager la réouverture en toute sécurité des commerces de proximité, un enjeu majeur pour les centres-villes notamment à l’approche des fêtes de fin d’année", souligne l’association présidée par Caroline Cayeux, maire de Beauvais (Oise). "La dynamique lancée par le programme 'Action Cœur de Ville' ne doit pas être stoppée net, sans quoi de forts investissements seraient nécessaires pour la reprise", argue-t-elle. Plus généralement, Villes de France préconise une approche territoriale et propose que "le pouvoir de réouverture des commerces soit donné aux préfets qui s’appuierait sur une doctrine définie au niveau national". Car "c’est au plus près du terrain que les décisions les plus pertinentes sont en capacité d’être prises".

La fédération du commerce spécialisée Procos est aussi montée au créneau mardi pour dire que la réouverture des commerces non essentiels "avant fin novembre" était "vitale". "En fonction des secteurs, les mois de novembre et décembre pèsent entre 25 et 50% du chiffre d’affaires pour la plupart des activités (jouets, cadeaux, alimentaire spécialisé, chocolat, électrodomestique, informatique, parfumerie, habillement…)", insiste-t-elle. "Compte tenu du poids de la fin d’année dans le modèle économique du commerce, la seule issue possible est la réouverture de tous les points de vente. Aucun niveau d’aides ne permettrait aux entreprises de faire face à un mois de décembre fermé."

 

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