Environnement - Le label de gestion écologique des espaces verts se déploie dans les grandes villes

Qui dit espace vert ne dit pas forcément gestion écologique. Mais quand c'est le cas, autant le faire reconnaître : l'étape clé est alors la labellisation. C'est dans ce sens que l'organisme de certification Ecocert a conçu le label de gestion écologique des espaces verts baptisé EVE (Espaces verts écologiques). Elaboré dès 2004 puis lancé en 2006 sur 16 parcs parisiens, il s'est progressivement élargi l'an dernier à une soixantaine de parcs concernés à Paris, ainsi que deux à Lille (La Citadelle, Henri-Matisse). Il y a quelques semaines, le parc de la Feyssine, une zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique (Znieff) située à Villeurbanne, a été à son tour labellisé. "Plus d'une vingtaine d'autres demandes sont en cours, renchérit Philippe Blais chez Ecocert. Elles proviennent de collectivités de toutes tailles, même s'il est vrai que dans le domaine, les grandes villes comme Paris ont été pionnières. Cet afflux démontre bien que ce label conçu sur mesure pour les élus et gestionnaires d'espaces verts porte ses fruits alors qu'il entre en phase opérationnelle après deux années de test." Par ailleurs, des communes déjà très impliquées semblent même prêtes à certifier la totalité de leurs espaces verts.

Précédé d'un audit, décerné par Ecocert pour une durée d'un an, renouvelable via un audit de contrôle, le référentiel valorisant les pratiques écologiques de gestion des espaces verts s'appuie sur un cahier des charges global constitué d'une dizaine de points. Ainsi, un espace vert écologique se doit d'économiser, de récupérer, de protéger la ressource en eau et la qualité de son sol. Nul herbicide ou produit phytosanitaire de synthèse n'y sont utilisés : les engrais sont avant tout organiques. Ce type d'espace augmente ainsi la biodiversité, tolère la flore spontanée et permet la corrélation entre biodiversité végétale et biodiversité animale. S'y impose donc un suivi précis de la faune et de la flore. Les déchets doivent être réduits, recyclés, valorisés, compostés, la qualité de l'air préservée, le bruit diminué, la consommation d'énergie réduite. Un EVE se devant d'être harmonieux, il est doté d'un plan paysager.

Elaboré à l'origine dans un cadre de concertation élargi et ouvert à des représentants des collectivités comme les Eco-Maires et à des collectivités pionnières (région Nord-Pas-de-Calais, villes de Paris, Lille, Nantes), ce label est d'abord un outil de management à la disposition des directeurs de jardins ou d'espaces verts publics. Très concret, il fixe des échelons à atteindre pour motiver les troupes et les inciter à progresser dans cette voie verte. C'est aussi un outil de communication, le gestionnaire ou directeur d'espaces verts s'appuyant volontiers sur lui pour faire clairement part à ses supérieurs des besoins et investissements nécessaires (station de compostage, refonte du système d'arrosage). "On est donc avec ce label dans une approche très terrain, très peu documentaire et en cela sans rapport avec des démarches qualiticiennes de type ISO 14 001. Ce label vise l'efficacité en étant compréhensible pour chaque acteur des collectivités voulant se l'approprier", conclut Philippe Blais.  

 

Morgan Boëdec / Victoires éditions

 

 

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