Le Lycée Kyoto à Poitiers

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Fleuron de la politique d’excellence environnementale initiée par le conseil régional Poitou-Charentes, le Lycée Kyoto de Poitiers innove à plus d’un titre. Architecture bioclimatique, isolation par l’extérieur, récupération et stockage de la chaleur et cogénération… Tout est fait pour démontrer qu’il est possible de construire autrement.  

Le conseil régional Poitou-Charentes s’est donné pour objectif de réduire de 800.000 tonnes ses émissions de CO2. Pour cela, il intervient dans tous ses domaines de compétence. En ce qui concerne les lycées, qui sont très "énergivores", la région vient de se doter d’un établissement pilote. Son nom, "Lycée Kyoto" se réfère au protocole international, signé au Japon en 1997, pour limiter les émissions globales de gaz à effet de serre.
Lycée hôtelier et agricole implanté à l’est de Poitiers, le lycée Kyoto a ouvert ses portes en septembre 2009. Il est conçu pour ne dépenser que 5 KWh/m2/an, soit cinquante-deux fois moins qu’un lycée similaire construit dans les années 90. Il vise une double performance : "zéro énergies fossiles/100% d’énergies propres".

La double peau du lycée

Pour passer de 260 à 5 KWh/m2/an, toutes les cibles "haute qualité environnementale" ont été prises en compte. Une attention toute particulière a été portée à l’isolation du bâtiment. La structure de béton a été habillée de 26 cm d’isolants et les ponts thermiques, ces mauvais raccords qui laissent échapper la chaleur, ont été éliminés. Au cœur du lycée, un vaste atrium recouvert d’une verrière permet, en plus, de bénéficier de la chaleur naturelle du soleil. Jean-François Macaire, vice-président du conseil régional, identifie les masses significatives : "Les deux tiers des économies d’énergie réalisées viennent de l’architecture bioclimatique du bâtiment et de sa double peau. Pour le tiers restant, nous avons installé 860 m2 de panneaux photovoltaïques en toiture et nous utilisons la chaleur produite et 'perdue' en été par une usine d’incinération d’ordures ménagères située à proximité."

Un surcoût de 10% par rapport à une construction "standard"

Dans le nouveau lycée, une énorme cuve en acier, contenant 1.000 m3 d’eau, a été installée. Cette eau est chauffée l’été par l’usine d’incinération (l’hiver, l’usine alimente avec un complément gaz un réseau de chaleur qui chauffe un parc de huit mille logements). Cette eau est portée à 95° et tout est fait pour qu’elle ne refroidisse que très progressivement. La cuve est enveloppée d’une couche d’isolant d’un mètre d’épaisseur et la chaleur est entretenue par deux micro-cogénérations à l’huile végétale qui produisent également l’eau chaude sanitaire pour les besoins de la cuisine. De cette façon, à la fin de la saison de chauffe, l’eau de la cuve doit encore avoisiner les 40°. Ce système, utilisé ailleurs en Europe, est pour l’instant inédit en France. Pouvoir se chauffer grâce à un "thermos géant" en valorisant de la chaleur qui, sans cela aurait été perdue, voilà une idée à retenir. "L’ensemble des dispositifs que nous avons utilisés a généré un surcoût de 10% par rapport à une construction 'standard', précise Jean-François Macaire. Au prix actuel de l’énergie il sera amorti en une douzaine d’année." Sans compter les 400 tonnes de CO² évitées...

Luc Blanchard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis
 

Conseil régional Poitou-Charentes

15, rue de l'Ancienne Comédie-BP 575
86021 Poitiers Cedex

François Obrecht

Conseiller technique
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