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Education prioritaire - Le ministère publie un premier bilan "encourageant" du dédoublement des classes de CP en REP +

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V.L. pour Localtis avec AFP
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Jeunesse, éducation et formation

Politique de la ville

Le dédoublement des classes de CP dans les quartiers défavorisés livre des résultats "encourageants", selon une première évaluation du ministère. Cette mesure-phare du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, promesse de campagne d'Emmanuel Macron, consiste à baisser à une douzaine d'élèves au maximum les effectifs des classes de CP et de CE1 dans ces quartiers, pour permettre un enseignement plus progressif et personnalisé.
Elle a d'abord concerné, à la rentrée 2017, 2.200 classes de CP de quartiers REP+, avant d'être étendue en septembre à 3.200 classes de CP de quartiers REP et 1.500 classes de CE1 en REP+. A la rentrée prochaine, elle touchera tous les CE1 de REP+ et de REP et bénéficiera ainsi à 300.000 élèves, soit 20% d'une classe d'âge.

Un "effet statistiquement très significatif"

Une évaluation du dispositif publiée le 23 janvier 2019 par la Depp, l'agence des statistiques du ministère, montre un "effet statistiquement très significatif". La Depp a comparé deux groupes d'élèves (15.000 au total, dans 408 écoles) : l'un rassemblant des élèves de REP+ dans des classes ayant été dédoublées, l'autre des élèves aux profils sociaux proches de ceux de REP+ mais n'ayant pas bénéficié de la mesure.
Il ressort de cette étude que le dispositif a permis une "baisse de la proportion d'élèves en très grande difficulté de 7,8% pour le français et de 12,5% en mathématiques". Ainsi, au terme de la première année, "sur les 24.000 élèves en très grande difficulté, il y a 2.000 élèves de moins en très grande difficulté en français et 3.000 élèves de moins en très grande difficulté en mathématiques".
"Ces résultats sont très encourageants pour une première année et pour une politique menée à si grande échelle", a commenté Fabienne Rosenwald, directrice de la Depp, en présentant ces résultats.

Une bonne influence sur le climat scolaire 

Ils "sont clairement dans le bas de la fourchette de ceux constatés dans d'autres pays qui ont mis en œuvre de telles mesures", réagit Marc Gurgand, coauteur d'une note de l'Institut des politiques publiques (IPP), parue en septembre 2017 sur le sujet ("La taille des classes influence-t-elle la réussite scolaire ?"). "Mais ils sont déjà significatifs. Il est rare qu'on trouve des effets de cet ordre de grandeur pour des politiques scolaires menées à si grande échelle", poursuit le chercheur, interrogé par l'AFP.
Si la mesure a un impact sur les compétences des élèves, elle influe aussi sur le climat des classes. "98% des professeurs disent qu'ils ont pu beaucoup mieux évaluer les difficultés des élèves et donc les aider à progresser", s'est félicité Jean-Michel Blanquer.
"Avec de plus petites classes, on connaît mieux nos élèves et on peut leur apporter plus d'attention", rapporte Claire Alanore, professeure en REP+ à Dreux (Eure-et-Loir). Attention, "ce n'est pas une recette miracle, qui permet d'apprendre mieux ou plus tôt à lire, mais simplement de le faire dans des conditions plus sereines", poursuit-elle.

Pas de généralisation à l'ordre du jour

L'évaluation ne dit pas si les premiers dédoublements ont "déshabillé Pierre pour habiller Jaqcues", comme l'a soupçonné dès le début l'Association des maires ruraux (voir notre article ci-dessous du 23 janvier 2018), c’est-à-dire a "pris" des postes d'enseignants dans les écoles de campagne pour les mettre en REP dans des quartiers urbains. Elle ne dit pas non plus si les autres classes des mêmes écoles ont vu leurs effectifs gonfler, comme l'assure certains maires de l'association Ville & Banlieue. Pas de chiffres non plus sur les conditions de travail dans des locaux précaires.
Quant à la perspective d'une généralisation des dédoublements des classes de CP et CE1 à toute la France, évoquée la semaine dernière par Emmanuel Macron dans le cadre du lancement du Grand Débat national, elle ne semble pas pour le moment à l'ordre du jour : "Dans la durée, on doit se fixer des objectifs de ce type", a simplement dit Jean-Michel Blanquer.

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