Le Mont-Saint-Michel sauvé des terres

Publié le
dans

Tourisme, culture, loisirs

Aménagement et foncier

Logement

Environnement

Manche

Le Mont-Saint-Michel est sauvé de l'ensablement par un barrage qui a été achevé en mai 2009. Au-delà de la prouesse technique, il s'agit d'une étape importante dans la réhabilitation de ce lieu d'exception, classé au Patrimoine mondiale de l'Unesco. L'Etat et les collectivités locales ont trouvé le montage permettant de programmer la fin des travaux pour la saison touristique 2015.

L'intervention humaine a accéléré le processus naturel d'ensablement de la baie du Mont-Saint-Michel. La digue d'accès au rocher, les parkings, le barrage sur le Couesnon... tout concourrait à fixer les sédiments autour du Mont. C'est en 1958, afin d'empêcher la mer d'inonder l'intérieur des terres, qu'une "porte à flot" fut construite à l'embouchure du fleuve Couesnon. Dès lors, la marée ne remplissait plus le lit du fleuve et l'ensablement s'est accéléré. A terme, en 2040 ou 2050, le rocher allait s'élever au milieu d'une plaine herbacée.
François Xavier de Beaulaincourt, directeur du syndicat mixte créé pour que le Mont-Saint-Michel retrouve son caractère maritime, explique l'enjeu de l'opération : "Le Mont et la baie sont indissociables. Si le rocher s'élevait au milieu d'une plaine il deviendrait 'illisible'. Ce haut lieu de la spiritualité chrétienne 'parle' à tous ceux qui viennent le voir parce qu'il est entouré d'eau. C'est le seul site au monde qui bénéficie d'un double classement au Patrimoine mondial de l'Unesco. Il y eut d'abord un classement 'culturel' du rocher, lieu de spiritualité, puis un classement de la baie, patrimoine naturel."

La baie du Mont-Saint-Michel, trait d'union entre la Normandie et la Bretagne

En 1995, l'Etat et les collectivités territoriales décident donc de réagir. Un syndicat mixte est créé, composé à l'origine du conseil régional de Basse-Normandie, du conseil général de la Manche et des communes du Mont-Saint-Michel, de Beauvoir et de Pontorson. Le syndicat lance des études et élabore un projet qui est soumis à enquête publique à l'été 2002. Pour désensabler la baie, il est décidé de construire un nouveau barrage sur le Couesnon. Celui-ci remplacera l'ancien et laissera entrer dans les terres ce qu'il faut de marée haute afin de remplir le Couesnon et lui donner la force de chasser les sédiments. Les ingénieurs calculent qu'il faudra deux ans au fleuve pour évacuer la moitié des 3 millions de m3 de sédiments accumulés. A l'horizon 2042, assurent-ils, la cote moyenne des fonds aura baissé de 70 cm, pour un gain de 50 hectares de surface maritime.
Dix ans après le lancement du syndicat, en 2005, le projet est réévalué financièrement et son coût passe de 130 à 220 millions d'euros. Il apparaît alors qu'il faut faire évoluer le schéma institutionnel. La baie du Mont-Saint-Michel est le trait d'union entre la Normandie et la Bretagne. Les deux régions ont tout à gagner à mettre en place une politique touristique concertée et c'est donc tout naturellement que la région Bretagne rejoint le syndicat. Ce renfort, ainsi que les efforts consentis par les autres partenaires ne parviennent cependant pas à assurer l'équilibre financier de l'opération. Même revu à la baisse à 200 millions d'euros, le compte n'y est pas et une solution originale doit être trouvée.

Tous les chantiers doivent être terminés pour la saison touristique 2015

En déléguant à une entreprise privée la construction du nouveau parking, des bâtiments de service et d'accueil associés ainsi que l'exploitation de la navette qui conduira les touristes jusqu'au Mont, une solution voit le jour. L'investissement public est ramené à 164 millions d'euros. L'Etat, qui finance 45% de l'opération, décide également de transférer au syndicat mixte l'exploitation du parking actuel qui est bénéficiaire. Dans le même mouvement, le syndicat mixte s'étoffe et à partir de 2006 assume complètement la maîtrise d'ouvrage de l'opération. Aujourd'hui, il compte vingt-sept salariés en maîtrise d'ouvrage et treize pour l'exploitation du parking.
Le barrage achevé - sa mise en service industrielle est prévue pour début mai 2009 - une nouvelle tranche de travaux doit démarrer en 2010. Elle comprendra des aménagements hydrauliques en amont du Couesnon ; la réalisation d'un pont passerelle, imperceptible en vision lointaine, qui remplacera la digue-route ; la destruction des parkings existants au pied du rocher et leur remplacement par un parc de stationnement sur le continent. Le président du syndicat mixte et de la région Basse-Normandie, Laurent Beauvais, a pris lui-même en charge la négociation avec les partenaires privés : un contrat portant sur 40 millions d'euros d'investissement et une délégation de service public de treize ans pour l'exploitation du stationnement et de la navette. Il a également fixé l'échéance : tous les chantiers doivent être terminés pour la saison touristique 2015. Les trois millions de touristes qui chaque année visitent le Mont-Saint-Michel attendent cette date avec patience.

Luc Blanchard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Syndicat mixte Baie du Mont Saint Michel

2, rue du Prieuré
50170 Ardevon
syndicat.mixte@rcm-mtstmichel.fr

Claire Montemont

Contact presse
Haut de page