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Personnes âgées et handicapées - Le plan national sur les métiers de la dépendance expérimenté dans trois régions

Valérie Létard, la secrétaire d'Etat chargée de la Solidarité, a installé, le 24 juin, le comité de pilotage du plan en faveur des métiers de la dépendance, présenté le 12 février dernier (voir notre article ci-contre). Cette instance regroupe plusieurs représentants des collectivités territoriales (ARF et ADF) et des centres communaux et intercommunaux d'action sociale (Unccas). Elle sera notamment chargée de suivre et de coordonner les expérimentations régionales qui doivent précéder la généralisation du plan. Elle aura également pour mission de proposer les mesures permettant de mettre en oeuvre cette dernière.
A cette occasion, Valérie Létard a annoncé la mise en place d'une expérimentation en partenariat avec trois régions : l'Alsace, le Centre et le Nord-Pas-de-Calais. Ces expérimentations permettront de valider les modalités du plan, avant de l'étendre à l'ensemble du territoire. Les régions sont en effet un acteur clé du plan, comme en témoigne son titre : "Vers des plans régionaux des métiers au service des personnes handicapées et des personnes âgées dépendantes". Ce choix du niveau régional s'explique par plusieurs raisons : les nouvelles compétences confiées aux régions par l'acte II de la décentralisation en matière de formation des personnels sociaux et médico-sociaux (670 millions d'euros de financements régionaux en 2006), mais aussi la mise en place des futures agences régionales de santé, qui seront notamment chargées de développer des synergies entre le sanitaire et le social.
Le plan repose sur quatre priorités. La première consiste à faciliter l'identification des besoins, grâce à une meilleure connaissance de l'offre de formation et de recrutement et à une évaluation plus fine et plus territoriale de l'évolution des besoins. La seconde priorité concerne le recrutement. Le plan prévoit quatre publics cibles : le grand public (qui sera sensibilisé par une campagne de communication), les jeunes (qui le seront dès le collège et le lycée), les cadres intermédiaires (pour l'animation et la gestion des services) et les publics en situation précaire. Ces derniers pourront s'appuyer sur un nouvel outil pour accéder à ces métiers : le Parmed (parcours d'accès aux métiers de la dépendance), qui reposera sur une collaboration entre les départements et le service public de l'emploi, afin d'offrir à la fois une formation spécifique et un accompagnement individualisé. Troisième priorité : l'amélioration de la formation et la reconnaissance des compétences des professionnels. Ceci passe notamment par le développement de troncs communs et de passerelles entre différents secteurs (petite enfance, personnes âgées, personnes handicapées), ainsi que par la montée en charge de la validation des acquis de l'expérience (VAE). Le plan entend également ouvrir l'accès des métiers de la dépendance aux aidants familiaux et d'adapter et de créer de nouveaux métiers prenant en compte la prévalence de certaines affections, comme la maladie d'Alzheimer. Enfin, la dernière priorité consiste à valoriser les métiers de la dépendance, grâce en particulier à leur plus grande reconnaissance et à la garantie d'un cadre éthique d'exercice professionnel. D'autres mesures allant dans le même sens sont également prévues comme la création d'un répertoire national des métiers de la dépendance ou la généralisation des passeports de formation par l'employeur.

 

Jean-Noël Escudié / PCA