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Le Puy-de-Dôme va racheter deux lacs pour préserver l'activité touristique et l'environnement

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Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis
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Tourisme, culture, loisirs

Environnement

Cohésion des territoires

Puy-de-Dôme

Les collectivités territoriales peuvent pour différentes raisons acquérir du foncier. Preuve en est avec le département du Puy-de-Dôme qui est en train de racheter au titre "des espaces naturels sensibles" deux lacs de montagne, l'un appartenant à Michelin et l'autre à EDF, dans le but de "les garder ouverts aux Puydômois, aux touristes, et d'assurer une préservation écologique".

La préservation de l'attractivité touristique et de la qualité environnementale de certains sites naturels passe parfois par l'acquisition pure et simple du foncier, afin d'éviter une éventuelle défiguration. Au niveau national, le mécanisme est déjà bien connu, notamment avec le Conservatoire du littoral, établissement public de l'État créé en 1975. Mais cette approche existe aussi, de façon moins organisée, pour les collectivités territoriales. Le département du Puy-de-Dôme en fournit un exemple avec l'achat de deux lacs de montagne.

Des lacs appartenant à Michelin et à EDF

Le département est en effet en train de finaliser l'achat du lac de Guéry (25 hectares à 1.250 mètres d'altitude) et du lac de Servières (15 hectares à 1.200 mètres), tous deux formés dans d'anciens cratères de volcans. Ces deux lacs ont la particularité d'appartenir à des industriels : EDF pour le premier et Michelin pour le second (ou plus précisément la société de pêche du personnel de Michelin). Les deux industriels étant décidés à vendre, le département redoutait que l'opération débouche sur des projets d'aménagement qui dénatureraient les sites, facteurs d'attractivité touristique et cadre environnemental jusqu'alors préservé.

Pour le président du conseil départemental, "l'idée, c'est de les acheter au titre des espaces naturels sensibles". Dans une interview à France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Jean-Yves Gouttabel explique qu'il "ne souhaitait pas que ces lacs soient repris pour être privatisés, pour y installer quelque chose de disgracieux. L’idée est de les garder ouverts aux Puydômois, aux touristes, et d’assurer une préservation écologique".

Crues milléniales et pêche au trou

Le projet est déjà bien avancé pour le lac de Servières. L'achat doit en effet être entériné lors de la prochaine session du conseil départemental, le 26 septembre, pour un prix de 260.000 euros. Pour le lac de Guéry, s'il existe un accord de principe sur la vente du lac, les négociations sont en revanche encore en cours avec EDF. Le dossier est en effet plus complexe, car l'État demande la réalisation de travaux pour prévenir d'éventuelles crues milléniales. L'évaluation du coût de ces travaux est donc en cours, afin de soumettre une délibération à l'assemblée départementale à la fin de 2019 ou au début de 2020.

Le département ne devrait pas se contenter de l'achat de ces deux lacs. Il envisage en effet d'acquérir des terrains autour du lac de Servières, afin de "pouvoir en faire une entité au nom des espaces naturels sensibles". Pour le président du conseil départemental, "il faudra que la fréquentation soit plus organisée, moins anarchique si on veut sauvegarder ce lac". Quant au lac de Guéry, le département s'est engagé à préserver la "pêche au trou", organisée chaque année – si la glace est assez épaisse – par la société de pêche du Mont-Dore. Comme au Québec, cette pêche unique en France consiste à forer des trous dans la glace pour y pratique la pêche. Cette pêche au blanc attire chaque année des centaines de passionnés, dans une saison qui n'est pas naturellement propice au tourisme dans le Puy-de-Dôme.

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