Le syndicat mixte du Dijonnais forme des goûteurs d'eau

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Côte-d'Or

Au mois d'avril 2008, le syndicat mixte du Dijonnais (Côte-d'Or) a mis en place, via son délégataire de service public, un réseau de dégustateurs d'eau du robinet. Constitué de bénévoles, il permet de disposer d'indications précises sur les perceptions des consommateurs, de régler des problèmes ponctuels de goût et peut devenir un outil de promotion de l'eau du robinet.

La communauté d'agglomération du Grand Dijon (vingt-deux communes, 250.500 habitants), transfère dès sa création, en 2001, sa compétence eau et assainissement au syndicat mixte du Dijonnais (SMD) présidé par Colette Popard. Ce syndicat, qui intervenait déjà sur différentes localités, a intégré dans son champ d'action toutes les communes du territoire du Grand Dijon en 2001. "La mise en place d'un réseau de dégustateurs d'eau du robinet a été proposée en 2007 par notre délégataire, Lyonnaise des eaux. L'idée s'inscrit dans un cadre plus général de travail sur le goût de l'eau", explique Elise Renaud, directrice du syndicat mixte. En effet, l'université de Dijon accueille le Centre Européen des Sciences du Goût. Avec l'unité de recherche Flavic (FLAveur Vision et Comportement du Consommateur) de l'Inra, ils mènent des recherches sur la qualité gustative de l'eau avec le délégataire, dans le cadre du pôle de compétitivité Vitagora. "Il s'agit de convaincre la population que l'eau du robinet est agréable à boire, de bonne qualité et peu chère", précise Elise Renaud. Cette campagne relève du programme "Eauvitale" lancé en 2004 par le Grand Dijon, le SMD et ses délégataires. "Le réseau de dégustateurs d'eau en est une déclinaison assez logique. Il est destiné, dans ce cadre, à être pérennisé sur le long terme", conclut Elise Renaud.

 

"Un mauvais goût peut entraîner un manque de confiance..."

"Le goût de l'eau est, plus que tout autre paramètre, l'indicateur de satisfaction du consommateur. Un mauvais goût peut entraîner un manque de confiance dans le produit", commente Virginie Roche, chef de projet à Lyonnaise des eaux, chargée du goût de l'eau (coordination du programme et animation du réseau). Ainsi naît, en 2007, la volonté de mettre en place un réseau de goûteurs dont l'objectif  est de connaître la perception du consommateur. Salons, tracts, annonces presse, site internet : différents moyens sont mis en oeuvre pour recruter les volontaires. Le réseau commence à fonctionner réellement en avril 2008. Il compte alors une dizaine de bénévoles. Chacun d'eux a bénéficié, au préalable, d'une courte formation prodiguée par le délégataire. "Tous nos dégustateurs sont formés par nos soins. Nous leur apprenons à distinguer quatre défauts de goût principaux (chlore, métallique, terre, pharmacie)", explique Virginie Roche. Pour le reste, le fonctionnement est simple : les volontaires "dégustent" une fois par semaine l'eau du robinet et transmettent leurs observations au moins une fois par mois, par courrier ou par internet. "Attention : il ne s'agit pas uniquement de donner une perception, mais de détecter des défauts de goût définis précisément. D'où l'importance de la formation", insiste la chef de projet. Le délégataire collecte les données et en tire des statistiques. Par ailleurs, si un défaut de goût est très prononcé, une enquête est mise en place sur le champ pour en identifier la provenance (par exemple, un goût désagréable prononcé peut être lié à la stagnation de l'eau dans le réseau privé pendant une absence prolongée).

 

Animer et développer le réseau

En 2009, le réseau compte vingt-huit dégustateurs. Trois sessions de formation ont d'ores et déjà été menées. Une quatrième est prévue en juin. La mise en place du réseau a nécessité l'emploi d'une personne à mi-temps (20.000 euros), la création du site internet et des dépenses de communication (10.000 euros) pris en charge par le délégataire "Le site www.goutdeleau.com existait déjà et servait aux réseaux développés sur Orléans ou dans le sud parisien. Il suffisait de l'adapter", précise Virginie Roche. Annuellement, le fonctionnement du réseau coûte de 15.000 à 20.000 euros par an, main-d'oeuvre et maintenance du site internet comprises. Par ailleurs, dans le cadre d'une convention annuelle renouvelable tacitement et portant sur la promotion de l'eau du robinet, l'association NSM Médiation Pimms de Dijon (Point information médiation multiservice de Dijon) dont Lyonnaise des eaux est membre fondateur, met à disposition du délégataire une animatrice à tiers-temps.
Pour l'avenir, le SMD souhaite poursuivre le développement du réseau. "Pour le moment, la majorité de nos dégustateurs vivent sur Dijon, nous voudrions en augmenter le nombre, mais surtout les répartir sur l'ensemble du territoire du Grand Dijon", explique la chef de projet. Il s'agit aussi de garder intacte la motivation de ces bénévoles. Dans cette perspective, le délégataire les rencontre tous les trois à six mois pour les former plus largement sur le cycle de l'eau. Virginie Roche peut, par exemple, organiser des visites de sites ou des dégustations sortant de l'ordinaire. A terme, ces goûteurs d'un genre particulier pourraient devenir de véritables ambassadeurs de l'eau du robinet.

 

Elisa Dupont / PCA pour les rubriques Expériences des sites Mairies-conseils et Localtis

Syndicat mixte du Dijonnais

40 rue du Drapeau
21000 Dijon

Elise Renaud

Directrice

Virginie Roche

Chef de projet Lyonnaise des eaux, Chargée de la coordination du programme goût de l'eau et de l'animation du réseau de dégustateur
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