Le transport à la demande s'adapte au périurbain

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par
Luc Blanchard
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Smart city

Santé, médico-social, vieillissement

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Territoire-de-Belfort

Le Territoire de Belfort continue à renforcer son offre de transports en commun sur l'ensemble du département. Depuis février 2011, le transport à la demande évolue en proposant des liaisons régulières pour un budget réduit. La solidarité territoriale joue à plein et aide à désenclaver les zones d'habitat dispersé ainsi qu'à s'affranchir de la voiture.

Le Territoire de Belfort (102 communes, 142.000 habitants) est un département très contrasté en termes de densité : le pôle urbain de 75.000 habitants représente 8% de la superficie du département. Afin de mieux adapter son service de transport public aux besoins de l’ensemble des territoires, le syndicat mixte des transports en commun (SMTC) développe un réseau de nouvelle génération - dit réseau Optymo - en créant des offre complémentaires : lignes régulières urbaines et suburbaines, transport scolaire, transport pour les personnes à mobilité réduite et transport à la demande à haut débit.

Transport à la demande de première génération : nécessaire mais insuffisant

Afin d’accroître la mobilité de tous ceux qui vivent hors des agglomérations urbaines, le SMTC a créé dès 2007 un dispositif de transport à la demande (TAD). Comme de très nombreux services de ce type, le TAD du Territoire de Belfort présentait un inconvénient majeur : il ne permettait pas de garantir les temps de trajet. Lorsque la demande était importante, les mini-bus de neuf places multipliaient les crochets pour prendre ou déposer les usagers à leur domicile, et un déplacement pouvait s'avérer beaucoup plus long que prévu.

Création de points d’arrêt à la demande

En 2011, alors que contrat avec le prestataire arrive à son terme, le SMTC rencontre une société suisse, qui propose de mettre en place des lignes "virtuelles" : 260 nouveaux points d'arrêt à la demande sont créés, avec des horaires de passage établi en fonction des correspondances avec les lignes urbaines. A cet effet, le département est segmenté en sept secteurs, incluant chacun un ou plusieurs parcours virtuels à des rythmes différents : quatre secteurs proposent un service avec réservation à deux heures, et trois un service avec réservation à l’heure. Concrètement, les usagers réservent en demandant l’arrêt du mini-bus à la station la plus proche de leur domicile au moins une heure avant le passage prévu, la première réservation déclenchant le passage du mini-bus.

Une cible plus large que le TAD traditionnel

L’intérêt de cette liaison virtuelle avec des tranches horaires pré-définies, c’est que les usagers peuvent programmer leurs déplacements avec une sécurité quant à leur heure d’arrivée. Ce service de transport à la demande efficace ne s’adresse plus seulement aux personnes isolées ou ne possédant pas de véhicules. Pour Clément Dietrich, directeur du développement commercial du SMTC, "la ponctualité est notre clef majeure pour capter également une clientèle qui a des impératifs horaires, et la logique de ce TAD se rapproche de celle d'un service régulier". Le premier bilan montre que le pari est en passe d’être gagné : "Durant les dix premiers mois, nous avons augmenté régulièrement le nombre d'utilisateurs du TAD, en particulier grâce aux actifs qui s'affranchissent de la voiture."

Solidarité territoriale

Le coût de ce nouveau service pour le SMTC est estimé à 400.000 euros par an. Il est financé à 60% par le versement transport, c'est-à-dire par les entreprises majoritairement implantées dans le périmètre de l'agglomération. Les élus à la tête du syndicat, tout en renforçant la desserte de l'agglomération, ont fait le choix de la solidarité départementale. Une solidarité territoriale qui répond directement à l’un des objectifs du "contrat de mobilité" décidé par l’ensemble des élus locaux en 2008 : le droit à la mobilité pour tous.

Améliorer encore la réservation, les correspondances et le tarif

Début 2012, dix mois après le lancement, la préoccupation du SMTC est d'optimiser le remplissage de ses mini-bus : car lorsqu'une course est déclenchée, qu'il y ait une ou neuf personnes à bord, les frais fixes sont les mêmes. Le nouveau service a fait ses preuves en matière de ponctualité, il reste cependant trois freins : la réservation, les correspondances et le tarif. "Lever les deux premiers freins nécessite du temps : il faut que les usagers, et en particulier les personnes âgées, dépassent l’appréhension de la première fois. Pour cela, le syndicat doit rassurer les voyageurs", souligne le directeur du développement commercial du STMC. En ce qui concerne les prix, ils sont plus bas que la moyenne nationale : un déplacement coûte deux euros, correspondances incluses. Le SMTC envisage pourtant une nouvelle tarification encore plus avantageuse.

La progression de l'utilisation de ce TAD de nouvelle génération permet d'être optimiste. "La généralisation des lignes régulières de bus sur l'ensemble du Territoire de Belfort n'est déjà plus un rêve."

Luc Blanchard / Studio Graph, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Syndicat mixte des transports en commun du Territoire de Belfort

Nombre d'habitants :

142461

Nombre de communes :

102
6 rue du Rhône
90000 BELFORT

Christian Proust

Président

Clément Dietrich

Directeur commercial du SMTC
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