Le Villeneuvois soutient son agriculture

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Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Lot-et-Garonne

Aide à l'installation, aide à la replantation d'arbres, valorisation de l'huile végétale de tournesol... La communauté de communes du Villeneuvois (47) multiplie les soutiens à l'agriculture, qui reste l'activité économique phare du territoire.

Sur le plan agricole, le territoire de la communauté de communes du Villeneuvois (dix communes et 42.700 habitants) est composé majoritairement d'exploitations de polyculture élevage, incluant la production de prunes (le département est le premier producteur de prunes d'Entes, transformées en pruneaux d'Agen). Ces productions sont parfois complétées par des cultures de tabac, du maraîchage et de la viticulture. En 2000, le territoire comptait 570 exploitations dont 325 exploitations professionnelles, soit deux fois moins qu'en 1988. Parallèlement, en vingt ans, la surface agricole utile moyenne a beaucoup augmenté. "La communauté du Villeneuvois est un territoire encore agricole et enclavé où il y a peu d'industries mais une grosse activité agro-alimentaire", rappelle Olivier Dourthe, directeur de cabinet à la communauté.

Doper l'installation des jeunes agriculteurs

"Face à cet état des lieux, c'est-à-dire de moins en moins d'agriculteurs mais des exploitations de plus en plus grandes, nous avons voulu contribuer à "doper" l'installation des jeunes agriculteurs pour fixer des agriculteurs sur le territoire." Cette volonté s'est traduite par la mise en place, en 2002, d'une aide forfaitaire à l'installation des jeunes agriculteurs. Cette aide, de 4.500 euros, finance une partie de l'équipement nécessaire à l'installation. Pour en bénéficier, le candidat à l'installation doit être âgé de 21 ans au moins et de 40 ans au plus.
Le siège de l'exploitation doit se situer sur le territoire d'une commune-membre de la communauté. Le candidat doit justifier d'une inscription auprès d'un centre de gestion agréé pour une durée de 5 ans, d'une affiliation à la Mutualité Sociale Agricole et présenter un diagnostic global d'exploitation préalable à l'installation réalisé par la chambre d'agriculture ou une étude prévisionnelle d'installation (EPI) réalisée par l'Adasea (association départementale pour l'amélioration des structures des exploitations agricoles). Le candidat doit enfin avoir enfin reçu une notification d'attribution de la part du conseil général dans le cadre du régime d'aide institué par l'assemblée départementale.

Sept agriculteurs installés en 2007

En 2006, une étude réalisée par l'Adasea a mis l'accent sur le problème de la transmission des exploitations. Cette étude a révélé que sur 229 exploitants, cinquante-huit ont entre 50 et 55 ans et quatre-vingt-dix ont plus de 55 ans. Surtout, cinquante-trois de ces exploitants de plus de 55 ans, soit 58,9%, n'ont pas de successeur, soit parce qu'ils n'ont pas d'enfants pour reprendre l'exploitation, soit que ceux-ci ne le souhaitent pas. Suite à ce constat, la communauté a décidé d'une nouvelle mesure pour inciter les jeunes à s'installer sur le territoire : elle consiste à prendre en charge 50% du coût de l'inscription au répertoire à l'installation géré par l'Adasea, soit cent euros. Cette mobilisation commence à porter ses fruits : vingt et un jeunes agriculteurs se sont installés sur le territoire depuis 2002, dont sept pour la seule année 2007.

Au coup par coup, la communauté saisit toutes les occasions pour aider la filière agricole.
Ainsi, elle a pris exemple sur d'autres collectivités du département pour mettre en place une aide à la replantation d'arbres, dans le cadre de son soutien à l'activité économique : les bénéficiaires sont les agriculteurs installés sur le territoire de la communauté et qui, suite à des événements climatiques graves, sont dans l'obligation de replanter de jeunes arbres pour reconstituer leur patrimoine arboricole. L'aide de la communauté porte sur la prise en charge intégrale du coût des grillages ou filets de protection qui doivent être disposés autour des jeunes plants.

Les bennes à ordures roulent au tournesol produit sur place

Enfin, en 2006, la communauté de communes du Villeneuvois fut la première collectivité en France à utiliser de l'huile végétale pure (HPV) de tournesol pour faire rouler les camions de collecte des ordures ménagères. Cette huile, qui peut remplacer de 30 à 95% du gazole, est produite, pressée et décantée localement en circuits courts. "Cette initiative, explique Olivier Dourthe, a fait l'objet de procédures en justice de la part de l'Etat qui semble privilégier le bioéthanol, dont la filière est maîtrisée par l'industrie pétrolière. Une modification de la législation a porté le taux de TVA sur cette huile de 5,5 à 19,6%, ce qui est la meilleure façon de tuer une filière ! Toutefois, les dix camions de collecte vont continuer à rouler à l'HVP, car si la communauté ne fait plus d'économies, les autres avantages demeurent : la combustion des HVP dégagent moins de gaz à effet de serre et la production de cette huile représente un nouveau débouché pour l'agriculture."

Maryline Trassart, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Communauté de communes du Villeneuvois

24, rue du Vieux Pont-BP 10
47440 Casseneuil
contact@cc-villeneuvois.fr

Olivier Dourthe

Directeur de cabinet
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