Les Belleville : un GPS pour un damage économe (73)

Avec un GPS centimétrique installé sur ses dameuses, le plus grand domaine skiable du monde, qui couvre les stations de Val Thorens, Les Menuires et Saint-Martin-de-Belleville, offre une qualité de damage inégalée. Il est également plus efficient pour la gestion de la ressource.

« Un domaine skiable se construit et se prépare, aux Belleville, dès octobre », commence Benjamin Blanc, directeur général du domaine skiable qui s’étend sur les stations de Val Thorens, Les Menuires et Saint-Martin-de-Belleville. La préparation consiste à baliser et sécuriser les pistes, en créant un « fond dur » de neige de culture, réparti de manière uniforme par les engins de damage. Ce « fond dur » accueille ensuite la neige naturelle ou un nouvel étalage de neige de culture, selon les besoins. Quant à cette neige de culture (mélange d’eau, d’air et de froid), elle est fabriquée par des enneigeurs (« canons à neige ») disposés sur l’ensemble du domaine, à des endroits stratégiques, selon les vents et le dénivelé.

35 engins de damage

Les engins de damage sont constitués à l’avant d’une lame en trois dimensions et de chenilles qui agrippent la neige et, à l’arrière, de fraises brassant et lissant la neige. Depuis 50 ans, ces engins qui doivent allier puissance et légèreté bénéficient d’une technologie toujours plus performante. « La vallée des Belleville est, depuis ses origines, une terre d’innovation, un véritable laboratoire d’expérimentation. En tant que plus grand domaine skiable du monde, nous devons le meilleur à nos visiteurs et un damage de qualité optimum est un incontournable », précise Benjamin Blanc.

SnowSat, un GPS centimétrique

Depuis 2016, le domaine a franchi une nouvelle étape dans l’innovation, avec l’équipement de toutes les dameuses, de SnowSat, un GPS centimétrique. En temps réel, il permet de connaître l’épaisseur exacte de neige présente sous les chenilles. Le chauffeur, qui reçoit cette information sur un écran dans sa cabine, adapte la quantité de neige à étaler, ce qui permet une bonne gestion de la ressource, en particulier une économie d’eau importante. Deux millions de m3 de neige de culture sont utilisés chaque année dans la vallée. On mesure donc l’enjeu. À cela s’ajoute une économie de gasoil avoisinant les 20 %, pour une consommation annuelle de 1,2 millions de litres. Georges Danis, adjoint au maire des Belleville : « les économies réalisées grâce aux outils numériques comme SnowSat s’inscrivent parfaitement dans notre schéma de conciliation des usages de l’eau ».

Ce système apporte aussi, et c’est essentiel, une sécurité des conditions de travail. Le chef d’équipe sait, à chaque instant, où se trouvent les machines, et le chauffeur peut se diriger uniquement grâce à l’écran digital. La nuit, dans des conditions atmosphériques parfois difficiles, il se déplace ainsi en toute sécurité pour étaler la neige.

Un outil de prévision

L’autre intérêt de SnowSat : la donnée récupérée. Vulgarisée, celle-ci indique l’état précis du manteau neigeux sur l’ensemble des pistes, permettant d’évaluer à la fois la quantité de neige à produire et les travaux nécessaires à réaliser sur les pistes. « Grâce à ce système, la durée de vie des engins est plus longue. De plus, nous économisons 30 % de neige de culture et autant d’énergie électrique pour la fabriquer. Aujourd’hui, nous sommes à 4 euros le m3 de neige produite », poursuit Benjamin Blanc. Cet outil numérique permet également d’être encore plus exact dans la découpe des pistes et la prévision. Car si 100 % des pistes bleues et vertes sont damées chaque soir, les rouges et les noires, moins abîmées, ne font l’objet d’intervention que si nécessaire.

Le damage, une clé de la réussite

Le damage garantit, bien sûr, la sécurité sur les pistes. Mais travailler la neige, a fortiori de manière précise, permet aussi de tenir mieux la neige. Le manteau neigeux dont l’air est chassé est plus compact. Au total, sécurité, économie de la ressource, qualité de la neige sont des atouts majeurs pour satisfaire le client. « De même que lorsqu’il achète une voiture de marque réputée, il ne se pose pas la question du freinage, le visiteur de nos stations attend d’un domaine tel que le nôtre, une qualité de piste irréprochable ». Les stations de la commune Les Belleville (Saint-Martin, Les Menuires, Val Thorens) visent ainsi à rester à la hauteur de leur réputation. Quant au financement, SnowSat bénéficie du budget versé par les remontées mécaniques (10 % de leurs recettes, soit 140 millions d’euros annuels), à la régie des Pistes. Un budget qui finance également les secours, le déclenchement des avalanches…

L’avenir : la diversification

Même si le ski se porte ici très bien (1,2 milliard d’euros de retombées économiques chaque année), le domaine des Belleville intègre l’évolution climatique et tous les acteurs mènent la réflexion sur d’autres modèles économiques. La commune prévoit ainsi d’intégrer le plan Avenir Montagne lancé par le Gouvernement en mai 2021. Pour l’instant, l’action des élus porte sur le vélo-route sur Les Belleville, qui permettra aux visiteurs de circuler à vélo dans la vallée en toute sécurité. Une première étape pour profiter de la montagne tout au long de l’été.

Chiffres clés

  • 35 dameuses
  • 2 équipes en continu de 17 h 00 à 08 h 00
  • 450 000 € : coût d’une dameuse
  • 2 millions d’euros pour équiper 35 dameuses de solution GPS centimétrique
  • 30 % de neige de culture économisée
  • 20 % de gasoil économisés

Commune Les Belleville

Nombre d'habitants :

3500
1 place des Belleville, Saint-Martin de Belleville
73440 Les Belleville
secretariat@lesbelleville.fr

Georges Danis

Adjoint au maire

Benjamin Blanc

Directeur général du domaine skiable Val Thorens les Menuires Saint Martin de Belleville