Les lacs de Viry-Chatillon et de Grigny jouent la transparence

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Après avoir subi une pollution aiguë dans les années 1990, les lacs de Viry-Chatillon et de Grigny, dans la communauté d'agglomération des Lacs de l'Essonne, ont fait l'objet de travaux qui ont permis d'améliorer la qualité de l'eau, de restaurer les berges, de rendre aux habitants un espace de loisirs et de découverte et enfin d'améliorer la biodiversité sur les lacs et leurs abords.

Les lacs de Viry-Chatillon et de Grigny s'étendent sur près de 100 hectares, classés espace naturel sensible et zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff)."Dans la carrière de sable fin fermée à la fin des années 60, les lacs se composent de deux grands bassins utilisés pour des activités nautiques et d'un troisième plan d'eau conservé à l'état naturel. Avec l'urbanisation et les rejets pollués des eaux de ruissellement, ils se sont lentement dégradés jusqu'à atteindre la limite du seuil d'eutrophisation en 1992 : c'était devenu une affaire sulfureuse !", explique Gilles Rémignard, vice-président chargé de l'Agenda 21, du conseil de développement, de l'eau et de l'assainissement à la communauté d'agglomération. "Les deux municipalités de Grigny et Viry-Chatillon se sont donc mobilisées pour créer un syndicat intercommunal à vocation unique en 1998 pour la mise en valeur des lacs. Les compétences de ce syndicat ont été par la suite transférées à la communauté d'agglomération Les Lacs de l'Essonne lors de sa création, en 2004."  Compte tenu des enjeux, le conseil général de l'Essonne, le conseil régional d'Ile-de-France et l'agence de l'eau Seine-Normandie ont été partenaires des collectivités pour définir un plan d'actions et participer à son financement. Ainsi, la collectivité a bénéficié de subventions régionales (30%) et départementales (25%), mais aussi du soutien financier de l'agence de l'eau Seine-Normandie (14%) et du Feder (7%). En tout, à ce jour (le marché de travaux ne s'achevant qu'en 2010), les seuls travaux de réhabilitation des berges (promenade et îlots de végétation) ont coûté 4,162 millions d'euros TTC.

Rétablir la qualité environnementale des lacs en dépolluant et en créant cinq hectares de zone humides

Des ouvrages de dépollution des eaux pluviales ont été mis en place autour des lacs de 2001 à 2006. Ces collecteurs ont pour fonction d'améliorer la qualité des rejets d'eaux pluviales dans les lacs et donc la qualité de l'eau des lacs elle-même. Depuis 2007, des prélèvements réguliers sont réalisés afin d'analyser la qualité de l'eau et des sédiments. En outre, les travaux ont permis de créer cinq  hectares de zones humides. En contribuant à la dépollution de l'eau, ces étendues de roselières et autres végétaux vont attirer une faune variée, comme des papillons, poissons et batraciens, insectes et oiseaux... "Il est encore trop tôt pour apprécier l'impact de nos aménagements, mais l'eau est plus claire et de nouvelles espèces investissent les niches que nous avons créées", souligne Gilles Rémignard.

 

Un comité de suivi des usagers a enrichi la réflexion

Tout au long des travaux, la communauté d'agglomération Les Lacs de l'Essonne a réuni un comité de suivi des usagers, constitué surtout d'associations (handicapés, riverains, pêcheurs...) pour entendre leurs suggestions en termes d'aménagement et les informer de l'avancement des travaux. Parmi les acteurs consultés, la Ligue pour la protection des oiseaux a eu un rôle déterminant : "Ce collectif milite depuis plusieurs années pour la défense de l'écosystème des lacs. Il exerce une veille biologique et organise des sorties pédagogiques pour découvrir les oiseaux présents sur le site, explique Karine Le Bihan, ingénieur au service environnement de la communauté. Ils ont beaucoup enrichi notre réflexion en appuyant notre projet de zones humides et en initiant l'idée de falaises pour attirer les martins-pêcheurs." De leur côté, les pêcheurs ont indiqué les zones opportunes pour l'installation de pontons.

 

Lieu de détente accessible à tous, les lacs sont enfin restitués aux habitants

Impraticables à certains endroits il y a encore quelques années, les lacs sont dorénavant un espace de détente apprécié. Désormais, le cheminement drainant de 7,7 kilomètres permet aux habitants de parcourir le tour du lac à pied, à vélo, en poussette ou en fauteuil roulant. Cet écrin de verdure fait office d'îlot protégé dans cette zone fortement urbanisée. "Nous avons souhaité restituer les lacs à la population riveraine et rendre accessibles les loisirs à un maximum de gens : aujourd'hui, les lacs sont totalement intégrés au paysage urbain, on y rencontre continuellement des joggeurs, des cyclistes... Mais les promeneurs viennent aussi de l'extérieur !", indique Gilles Rémignard. Exceptés quelques ultimes aménagements, le chantier est aujourd'hui achevé. La communauté d'agglomération entame maintenant un second travail d'envergure : l'entretien des lacs et le suivi de la qualité environnementale (dépollution de l'eau, biodiversité...). "Nous rédigeons actuellement un règlement pour expliquer aux promeneurs les usages du site. Nous comptons également mettre en place des panneaux d'information sur l'historique des travaux et sensibiliser les usagers à la biodiversité", souligne Karine Le Bihan. En juin 2008, la communauté d'agglomération des Lacs de l'Essonne a convié les Grignois et les Castelvirois à la deuxième édition de la Fête des lacs pour une journée détente le long des berges. Cette manifestation a permis aux habitants de redécouvrir l'intégralité des lacs.

 

Laura Henimann / PCA, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Communauté d'agglomération des Lacs de l'Essonne

52, avenue du Président Kennedy
91170 Viry-Châtillon
accueil@leslacsdelessonne.fr

Gilles Rémignard

Vice-président chargé de l'Agenda 21, du conseil de développement de l'eau et de l'assainissement à la communauté d'agglomération des Lacs de l'Essonne, conseiller municipal

Karine Le Bihan

Ingénieur au service environnement

Isabelle Marguet

Directrice du service eau et environnement
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