Les médiateurs sociaux attendent une reconnaissance statutaire de leur métier

Apaiser les conflits, permettre le lien entre des personnes et des institutions, faciliter l’accès aux droits ou encore accompagner les habitants dans leurs projets : quelque 12.000 professionnels de la médiation sociale sont actifs en France aujourd’hui. Plaidant pour une reconnaissance du statut de médiateur social, le réseau France médiation organisait ce 29 juin une conférence pour mieux faire connaître ce métier et ses spécificités.

"Le médiateur social est un peu sur tous les fronts." Chantal, médiatrice sociale au sein de l’Agence Lyon tranquillité médiation (ALTM), témoignait ce 29 juin 2021 de la réalité de son métier lors d’une conférence organisée à l’hôtel de ville de Lyon par le réseau France médiation. Elle a décrit la délicate équation qui consiste à "aller vers" des personnes tout en "restant sur [ses] gardes", à observer l’environnement et "détecter tout ce qui va, ce qui ne va pas", à connaître suffisamment bien les partenaires du territoire pour pouvoir "mettre en relation l’habitant" avec la bonne structure, quel que soit le sujet. Présenté à cette occasion, le nouveau Guide des pratiques professionnelles de la médiation sociale "légitime nos modes d’action sur le terrain", selon la médiatrice qui se sent rassurée par ce "cadre professionnel et structuré". L’objectif du guide est bien de soutenir les médiateurs sociaux et d’harmoniser les pratiques. Il aborde notamment la posture professionnelle, la déontologie du médiateur social, les modes opératoires préconisés en matière de communication avec les usagers, de gestion de conflit, de mise en relation ou d’accompagnement de projets.

Une norme Afnor bientôt homologuée, en attendant un statut

On compterait quelque 12.000 médiateurs sociaux en France, actifs dans l’espace public et l’habitat collectif, dans les transports en commun, les écoles, mobilisés pour faciliter l’accès aux droits et aux services, notamment par de l’aide à l’usage du numérique, ou encore pour accompagner la participation et les projets des habitants. Le médiateur est surtout un "tiers impartial et indépendant" mobilisé dans le "règlement des conflits de la vie quotidienne" et s’efforçant d’établir un lien "entre les personnes ou les institutions", selon le site de France médiation. Encore méconnu, "le métier aujourd’hui n’est pas statutairement reconnu", a mis en avant Xavier Rochefort, directeur général d’ALTM et président de France médiation. Fédérant environ 80 opérateurs de médiation sociale dont 20 collectivités, l’association se bat pour la création de ce statut, gage de reconnaissance du métier, de professionnalisation de l’ensemble des intervenants, de structuration et de sécurisation du secteur. En attendant un cadre législatif et réglementaire, une norme Afnor définissant la médiation sociale est expérimentée depuis 2014 et devrait "être officialisée et homologuée dans les prochains mois", a ajouté Xavier Rochefort (voir notre article de 2017).

Tranquillité publique : la médiation nécessaire pas seulement dans les QPV

"C’est un maillon incontournable de la politique de la prévention de la délinquance", pour Mohamed Chihi, adjoint au maire de Lyon en charge de la sûreté, de la sécurité et de la tranquillité. À Lyon, la présence en "immersion" des médiateurs sociaux dans différents quartiers est "un gage de cohésion sociale", pour l’élu. Mohamed Chihi souligne en particulier la reconnaissance de leur rôle par les services de police et appelle à bien distinguer le métier d’éducateur avec celui de médiateur social, qui consiste à "faire le relais avec les structures existantes" – dont l’éducation spécialisée, si besoin.  

Adjoint au maire de Bordeaux chargé de la tranquillité publique, de la sécurité et de la prévention, Amine Smihi a vanté les mérites d’un dispositif installé par la précédente majorité, de son efficacité dans le cadre du contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) et du groupement d’intérêt public Bordeaux métropole médiation. La médiation dédiée à la tranquillité publique doit selon lui concerner une diversité de quartiers, dont le centre-ville, et pas seulement les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). L’élu bordelais mise enfin sur une implication financière prochaine du département et de la région sur ces sujets. Si la médiation sociale est essentiellement financée par l’État – dans le cadre de la prévention de la délinquance et de la politique de la ville – et les collectivités, les associations de médiation tendent à diversifier leurs activités, et donc leurs sources de revenu, par exemple via des prestations dans le cadre de chantiers ou pour le compte d’opérateurs de l’énergie. 

 

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