Environnement - Les zones humides de plus en plus soumises à la pression touristique

Selon une étude de l'Observatoire national des zones humides (ONZH) que vient de publier le service de l'observation et des statistiques du commissariat général au développement durable, la capacité d'hébergement et la densité touristique des communes accueillant des zones humides d'importance majeure (1) a augmenté plus fortement que la moyenne entre 1999 et 2008. 3.482 communes sont concernées, d'une superficie totale de 58.388 km2. Elles ont connu notamment une hausse de 25% du nombre d'emplacements de camping au cours de la période 1999-2008 et surtout une densité de construction de résidences secondaires deux fois plus forte qu'ailleurs entre 1990 et 2007. Cette forte pression touristique peut conduire à des dysfonctionnements hydrologiques et à une dégradation de l'état des milieux. "Ce sont les activités touristiques en elles-mêmes ou les aménagements connexes (piétinement, développement de structures de loisirs, équipements et infrastructures, rejets...) qui créent les perturbations", souligne l'étude.
Les communes où se trouvent des zones humides d'importance majeure concentrent 20% de la capacité d'hébergement totale du territoire métropolitain, soit 4 millions de lits, répartis entre les résidences secondaires (75%), les campings classés (19%) et les hôtels classés (6%).
Les communes du littoral atlantique, Manche et mer du Nord offrent la moitié de la capacité d'hébergement totale des communes des zones humides. Mais c'est sur le littoral méditerranéen que la densité touristique est la plus forte (huit fois plus que la moyenne métropolitaine). Les communes de la région Languedoc-Roussillon, qui concentrent un grand nombre de zones humides - Petite Camargue, étangs de Thau, de l'Or, de Canet, du Narbonnais, etc. -  subissent les plus fortes pressions dues à l'activité touristique.
Après le Languedoc-Roussillon (561 lits/km2), les taux de densité touristique les plus élevés se trouvent dans les communes du Nord-Pas-de-Calais (202 lits/km2), de Bretagne (156 lits/km2), de Poitou-Charentes (128 lits/km2) et des Pays-de-la-Loire (122 lits/km2). Cette pression touristique est susceptible d'impacter des sites particulièrement fragiles. Plus des trois quarts de la superficie des zones humides du littoral sont en effet constitués de sites Natura 2000 abritant des habitats et des espèces rares, menacées ou en danger d'extinction.

 

Anne Lenormand

 

(1) L'ONZH les a classées en quatre types : plaines intérieures, vallées alluviales, littoral méditerranéen, littoral atlantique, Manche et mer du Nord.

 

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